Fiesta liber'terre

du Cercle d'Etudes Louise Michel

La journée culturelle libertaire organisée le samedi 10 juin à Saint-Michel du Gers par le Cercle d'Etudes  Louise Michel. Pour une première - aura été un franc succès.

 

Dès 10 heures du matin les premiers visiteurs arrivant étaient accueillis par Bernard, Roland, Michel et autres organisateurs. S’installant à l’ombre des arbres. Ils pouvaient déjà profiter de tapas et prendre un café, une boisson fraiche ou une bière pression à la buvette.

 

Les stands installés, animés par des producteurs locaux proposaient des produits artisanaux bio, comme des confitures ou du poulet. Abrité, à l’ombre, par cette chaude journée, dans la pièce ouverte d’un bâtiment, un stand de livres proposait des ouvrages rares et intéressants.

 

Le programme de la journée débutait avec l’orchestre « Gersswing » et le groupe « Les Fleurs du Male » qui animaient un apéritif musical. Le répertoire des chansons contestataires et libertaires fit un tabac.

 

Pique-nique libre ensuite pour le déjeuner, avec grillade possible de produits achetés sur place. Déjà le ton était donné et l’ambiance, nonobstant la température, devenait de plus en plus sympa et…chaleureuse.

 

Il fallut un certain effort aux visiteurs, après le repas, pour venir assister, débattre à la conférence prévue dont le thème était « De Francisco Ferrer à aujourd’hui : quelle pédagogie, quels projets éducatifs, quels intérêts ? ». Malgré les conditions climatiques, cette conférence remporta un succès certain au point que nombre de participants demandèrent copie des notes du conférencier.

 

Cette conférence fut suivie, dans la même salle, par la projection de deux films de notre camarade cinéaste Michel Mathurin : « yen a pas un sur cent »portrait de Micha suivi de «  et pourtant ils existent  »qui fait l’historique du syndicalisme révolutionnaire.

 

A partir de 19 heures un repas barbecue était servi, moyennant 8 euros.

 

Le clou de la soirée, vers 21 heures, allait être le spectacle autour du poète Gaston Couté, rythmé de chansons, de voix chantées en chœurs, de déclamations remarquablement orchestré par tous les acteurs où l’on distinguait Robert Pujos, maître d’œuvre, et des animatrices inspirées comme Christine. Difficile de nommer tous ceux qui étonnèrent alors par leur réel talent et qui furent donc copieusement ovationnés à la fin de cette journée et de cette soirée de rêve.

 

Au vu et à l’écoute de tous les encouragements le Cercle d'Etudes Louise Michel, tenant compte des critiques et des améliorations possibles, a bien l’intention de réitérer cette manifestation l’année prochaine.

                                                                          NEMO

POUR QUE VIVE HERVE PINTO

Hervé Pinto est un militant syndical martiniquais, attaché au Droit, particulièrement à celui des salariés. Depuis plus de 10 ans il est l’objet de persécutions, en premier lieu de son employeur, La Poste. Mis à pied sans traitement pendant deux ans, ce père de famille, aujourd’hui en grève de la faim depuis plus de trois semaines, continue de se battre, n’acceptant pas l’injustice.

 

Hervé Pinto représente aujourd’hui l’exemple d’une répression néo-libérale, d’une politique macronienne anti sociale qui s’affirme encore plus liberticide et, qui, sans pitié, s’est généralisée contre tous ceux qui osent protester pour défendre leurs droits.

 

Il avait donc été l’objet d’une longue mise à pied par la direction de la Poste qui visiblement cherchait à sanctionner de façon exemplaire un militant syndicaliste gênant. Respectueux des règles, menant des actions responsables et légitimes, il était difficile de l'abattre. Pour se faire on usa donc du mensonge le plus éhonté et de  calomnies les plus invraisemblables. On prit prétexte de la prétendue intrusion d'un camarade de sa centrale syndicale, non postier, dans le bâtiment de l'administration de la Poste, où devaient se dérouler des négociations, pour prendre pour cible ce père de famille de trois enfants. Le syndicat, avec les trois membres de son bureau, dont Hervé Pinto, fut lui-même l'objet de répression systématique et d'ostracisme. Malgré ses succès électoraux aux élections professionnelles dans les plus grands établissements du département, on lui refusa alors les droits dus à sa représentativité avérée comme par exemple l’usage des panneaux syndicaux.

 

En septembre 2013 il est convoqué en conseil central de discipline à Paris où est demandée sa révocation. On lui reproche d’avoir provoqué un débrayage sauvage à Fort de France CTC contre des sous effectifs récurrent dans le centre postal.

 

Ce genre de pratique répressive, de plus en plus appliquée à La Poste, qui va à l’encontre du droit syndical a déjà été signalé au Bureau International du Travail.

 

On tente d’exclure son syndicat de toute négociation concernant les revendications des employés de la Poste. A travers ces refus de reconnaissance, c’est finalement son existence même qui est niée.

 

Réintégré mais privé de son poste, mis sous la tutelle directe de ceux qui avaient fomenté sa perte, Hervé Pinto avait déjà vu sa santé se dégrader. En juin 2017, poussé à bout, il entame une douloureuse grève de la faim qui dure, au moment où est écrit cet article, depuis plus de trois semaines.

 

Après avoir fait condamné les fenêtres et arrêté le système de climatisation – nous sommes sous les Tropiques – La Poste, qui cherche à l’extraire du local de la direction dans lequel il se trouve, a fait venir un avocat de Paris « pour négocier », c’est-à-dire, en réalité, le piéger, en voulant le faire sortir dudit local…

 

Aucun grand média, hormis le journal France-Antilles, n’évoque cette affaire où la vie d’un homme est en jeu, où la vie d’autres personnes, salariés, est elle aussi, indirectement en question.

 

Je veux qu’Hervé vive, que justice soit rendue. Nous résisterons. Pas de paix sociale sans justice sociale !

                                                                             NEMO

Tchôk

Tchôk, en créole, veut dire coup de poing. Mais ce mot, dans la langue des Antilles toujours en évolution, peut devenir aussi un adjectif qui qualifie une personne qui ne se laisse pas faire.

Tchôk est un livre qui ne parle pas seulement de cette région du monde, les Caraîbes, faite comme ailleurs de combats, de souffrances et de joies. Pour évoquer les questions que l’on se pose sur le fonctionnement de notre société, il fallait bien aussi prendre ledit monde par un bout. Le capitalisme domine tous les aspects de notre vie.

Ceux qui prétendent le combattre trainent souvent des boulets idéologiques ou religieux rédhibitoires… Bien sûr des petits maîtres, admis par le Pouvoir, savent organiser des conférences, énoncer des discours interminables. On devrait se tenir coi et les écouter sagement assis sur le banc qui nous est dévolu. A l’heure d’internet et des tweeters, on comprend vite pourquoi ils se trompent d’époque. Mais voilà la bouillie insipide, la seule « alternative » dont le système accepte la diffusion.

Tout ce qui va dans le sens d’une action susceptible de changer concrètement l’ordre des choses est sinon interdit, du moins circonvenu ou détourné. Rester le cul assis derrière son écran, oui. Descendre dans la rue, parler aux autres, organiser la révolte, non.

Le théâtre que j’évoque est celui de la vie, celle des exploités qui parfois se révoltent. Elle est faite de joies simples, d’enthousiasme, de trahison, de tristesse. Rien de grandiose, à première vue, dans ces actions du coin de la rue, dans ces coups reçus ou donnés. Pourtant à travers toutes ces petites misères, qui sont autant d’expériences, on finit par distinguer, peu à peu, la trame de cette société. La révolte est insuffisante si elle n’entraine pas à travers son déroulement, une réflexion.

Avec mes camarades-tchôk, l’action se déroule d’abord en Martinique après le grand mouvement social de février-mars 2009 déjà évoqué à travers un petit ouvrage, Matinik Doubout (*). On va ensuite en France pendant le mouvement contre la réforme des retraites d’octobre 2010. L’avenir de la société capitaliste, ses contradictions, font ensuite l’objet d’une analyse. Les différents courants de la pensée économique sont abordés. Parmi les fausses solutions, il convenait d’évoquer le populisme. On retourne ensuite dans l’ « île aux fleurs », en Martinique, où sont encore évoqués des combats et la place de ceux, parmi les démunis, qui ont choisi non seulement de résister, mais de passer à l’attaque.

On ne pouvait terminer sans évoquer l’Alternative. Rien d’original ici, puisqu’on reprend les grands thèmes de la pensée ouvrière de toujours. Cependant les moyens de communication via internet permettraient aujourd’hui de réaliser facilement l’Utopie. En sus des notes, s’ajoutent quelques articles diffusés dans la presse papier ou sur internet.

Ce livre nourri d’expériences de lutte, se veut une arme pour tous ceux qui souffrent et qui luttent.

(*) Matinik Doubout, 2009, Editions Alternative Libertaire.

TCHÔK, Luttes politiques, crise capitaliste, enjeux et conflits sociaux, (2009-2014), par Nemo. Editions Armaguedon, 161 pages, 8 euros. Contact pour toute commande : Lutte972@orange.fr

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