Journal d'Infos et Culture Libertaire,

se veut dans la continuité des fanzines, de la scène alternative et du cinéma indépendant autogéré. Il est dans la mouvance anartiste et anarcho-surréaliste.

EDITO:

 

Salvador. Une jeune Salvadorienne, a été acquittée lundi du meurtre de son bébé mort-né, elle risquait entre 30 et 50 ans de prison et a déjà passé 33 mois derrière les barreaux...
Mais l’arsenal législatif et judiciaire qui réprime sévèrement l’avortement reste intact au Salvador.

 

 

 

Rupture entre les fachos de la Ligue et les populistes de "5 étoiles". La question de la liaison Lyon -Turin (TAV) a fait voler en éclat la coalition au pouvoir depuis 14 mois. Salvini (Ligue) appelle a des élections rapides. Il sait qu’il a toutes les chances de se débarrasser de l’épine Luigi Di Maio. Surtout avec l’appui déjà acquis d’avance du parti post-fasciste Fratelli d’Italia.
Bref du souci pour les libertés dans le pays en forme de botte.

 

Doc france culture

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Colonies libertaire doc FRANCE CULTURE

Marius Jacob france culture

Communiqué CNT-SO

 

Les femmes de chambre de l’hôtel NH Collection Marseille sont en grève depuis plus de 04 mois et le conflit reste bloqué, avec l’échec de la médiation préfectorale, sabordée par le sous-traitant ELIOR et ses propositions méprisantes tout comme l’attitude partiale de la médiatrice, trop proche du positionnement patronal.
Face à ce blocage, nous nous adressons directement au groupe NH pour qu’il prenne ses responsabilités et dégage ELIOR !

 

4 mois d’un conflit devenu emblématique. Cette grève, la plus longue dans l’hôtellerie marseillaise, a déjà marqué les esprits et dépassé les frontières locales en étant au cœur d’un débat public sur les conditions de travail des « invisibles » de la propreté qui est remonté jusqu’au gouvernement.

 

4 mois de lutte déterminée pour la dignité et le respect face au mépris, aux conditions de travail et de rémunérations indignes imposés par le sous-traitant ELIOR et le donneur d’ordre NH Hotel group.

 

4 mois de lutte face à la répression orchestrée au service des intérêts privés  ! Contrôles, évacuations policières, GAV, poursuites, fichage ADN... tout l’arsenal répressif a été déployé pour tenter de les faire taire ! Plusieurs camarades sont encore convoqués au mois de juillet.

 

4 mois d’une solidarité exemplaire ! Les grévistes ont pu compter sur une large solidarité active sur le piquet et financière avec une caisse de grève qui a permis de couvrir les pertes de salaire depuis avril.

 

La grève ne prendra pas de vacances cet été ! Pour aider la grève à tenir face à ces exploiteurs jusqu’en septembre et au-delà, nous appelons à poursuivre la campagne de don. Nous avons besoin de votre aide, les femmes de chambre doivent gagner !

 

# Caisse de grève en ligne : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/mcvvrkn0

 

# ou chèque à l’ordre de CNT-SO (mention au dos « solidarité NH ») à retourner au 24/28 rue de l’Abbé Féraud 13005 Marseille

 

4 mois et la mobilisation continue sur la base des revendications : rappels et compensations pour les impayés sur salaire, augmentation des salaires et 13° mois, compensation des dimanche travaillés à 50%, organisation du travail respectueuse de la vie privée, changement de sous-traitant ou internalisation par le groupe NH !

 

Contre l’exploitation et le mépris, seule la lutte paye !

 


 

Documents joints

 

 

International

Au Cambodge

 

Au Cambodge, on compte 800 usines de confection qui emploient autour de 700 000 personnes dont 90 % de femmes. La plupart de ces femmes sont des jeunes filles issues de la campagne. Elles travaillent dans des conditions abominables, pour les plus grandes marques internationales de vêtements. Elles sont sous-payées, sous alimentées, elles louent des chambres malsaines et exiguës, sans eau potable qu’elles partagent à plusieurs dans des endroits propices aux harcèlements et aux vols. Jusqu’au début des années 2000, l’industrie du vêtement employait 30 % d’hommes. Seulement, ils étaient réputés plus contestataires. Ils étaient également vus comme des meneurs lors des grèves et des manifestations. Aussi, les investisseurs et les superviseurs chinois, aujourd’hui majoritaires dans le secteur de l’habillement, préfèrent embaucher des femmes considérées comme plus dociles et surtout elles seront moins payées. C’est ainsi qu’elles perçoivent des salaires de 100 euros par mois pour des journées de travail de 12 voire 14 heures. Si elles osent se rebeller, la répression s’abat inexorablement et cela peut aller jusqu’à l’emprisonnement.
A cet égard, je ne résiste pas à reproduire la déclaration de Van Sou Leng, le président de l’association des usines de confection du textile du Cambodge, multimilliardaire cambodgien d’origine chinoise : « Nous avons une force de travail abondante, mais ils sont fainéants. S’ils veulent gagner plus, une seule solution, qu’ils travaillent plus. » Les injustices et l’exploitation forcenée que subissent les travailleurs et les travailleuses du Cambodge sont liées au commerce et aux investissements internationaux.

Le boycott de tous ces magasins de luxe s’impose
La solidarité internationale passe par la dénonciation des méthodes esclavagistes mais aussi par le boycott de tous les magasins « de marque » qui vendent dans les pays « dits développés », à des prix exorbitants, des produits qui sentent la mort. Comment porter de beaux vêtements, de belles chaussures quand on sait qu’ils sont souillés par le sang, les larmes et la sueur de celles et de ceux qui les ont confectionnés. C’est donc à ce niveau que doit se faire la lutte, de la base au sommet, du pays où les travailleurs et les travailleuses sont exploités(es) et maintenus(es) à l’état d’esclave en passant par les pays dits en voie de développement ou développés. Contrairement aux apparences, malgré la répression, les travailleuses et les travailleurs luttent.
Ainsi, le 27 décembre 2017, 300 travailleurs et travailleuses de la firme coréenne Gamon Apparel Factory à Takhmao sont en grève pour les salaires impayés. Le 30 décembre 2017, dans une autre usine Tai Easy International à Passat, les ouvrières et les ouvriers en grève bloquent les routes et présentent 12 revendications dont des augmentations de salaire, une amélioration des conditions de travail et le licenciement d’un chefaillon.
Il nous faut impérativement apporter notre solidarité à ces travailleuses et travailleurs qui luttent pour leur survie et surtout faire connaître nos actions afin de leur montrer qu’elles, qu’ils, ne sont pas seuls(es).

Face au capitalisme international, l’union et la solidarité internationales
Les réseaux sociaux et Internet devraient être aujourd’hui des outils indispensables pour communiquer entre les travailleurs(ses) du monde entier. Certes, ils ne remplaceront certainement pas la nécessité première de la lutte sur le terrain. L’union des travailleurs(es) face au dur combat de classe à mener contre le capitalisme international et ses soutiens les politicards, passe par la plus grande solidarité internationale. Il nous faut inverser le rapport des forces, ne sommes-nous pas le nombre...

 

Belgique La bataille de l’autogestion.  partie 3

 

Et pourquoi pas, après tout ? Et si nous montrions l’exemple et devenions une régionale pionnière en la matière ? La première régionale autogérée ? Mon anarchisme commençait depuis quelques années à devenir comme un vieux meuble qui prenait la poussière dans un coin, éloigné de toute pratique (en-dehors de l’action syndicale, bien verrouillée cependant, et des manifestations) et alimenté principalement par la lecture et par une connaissance très éloignée du mouvement zadiste. C’est à cette période que j’ai adhéré à la FA. Autour de moi, le bouillonnement était à son comble. On en parlait tout le temps, tant les enthousiastes que les réticents ! Et on disait : si on est entendus, on fera en sorte que chacune, chacun puisse faire part de ses craintes et on mettra en place ensemble des dispositifs pour empêcher les prises de pouvoir ou les relégations. On n’a pas de programme, proclamions-nous, le programme, il s’écrira en cours de réalisation, avec le concours de tout le monde. Même les plus sceptiques finissaient par se dire que l’aventure mériterait d’être tentée… C’est aussi à cette période que certains ont donné corps à une forme de sympathie anarchiste juvénile pour atteindre une forme de maturité militante. Il y a des tout jeunes collègues que j’ai vu se révéler des négociateurs redoutables. D’autres recoupaient les grands lignes de la pensée anarchiste et s’apercevaient, avec simplicité, que dans certaines de leurs activités professionnelles ou extra-professionnelles, c’était un type d’organisation qu’ils ou elles pratiquaient déjà, ou aspiraient à pratiquer. Dans le même temps, les discussions ont été entamées avec la direction, timidement puis avec plus de vigueur. Les plus résolus parmi nous allaient jusqu’à penser : la personne qui occupe le poste de direction va bientôt partir à la retraite, allons jusqu’au bout et proposons qu’elle ne soit pas remplacée non plus ! Mais alors, qu’on nous donne les moyens de pouvoir réaliser l’autogestion, qu’on nous donne l’opportunité de suivre les formations appropriées, qu’on nous permette d’y prendre le temps qu’il faudra ! Le rêve et les aspirations nous ont porté.e.s deux ans. La veille encore de ce qui semble constituer l’arrêt brutal de la bataille de l’autogestion, il avait semblé à quelques-uns parmi nous que la direction régionale elle-même commençait à prendre au sérieux notre revendication, moyennant un sauvetage des apparences, mais tout de même… ! L’un ou l’une d’entre nous « monterait » au poste de coordination mais garantirait un fonctionnement autogéré, basé sur les prises de décisions en consensus, mobilisant les intelligences collectives. C’était déjà mieux que rien ! …
Hélas, coup sur coup, à deux reprises au moins, en moins de deux mois, le dialogue social s’est interrompu et le pouvoir a pointé son museau, découvrant les dents de l’arbitraire sous la truffe du paternalisme. Depuis, on refait le compte de trois années de dysfonctionnement dans les relations entre direction et travailleurs, travailleuses. Relations qui n’ont fait que se dégrader, provoquant des situations devenues autant de causes de souffrance au travail. En appelant à revoir le mode de fonctionnement et en proposant une autre approche, pionnière, basée sur une forme d’autogestion, sans s’affranchir encore totalement du salariat, l’équipe a mis à jour un rapport de force. En dénonçant des procédés de copinage, de clientélisme et de favoritisme, un certain nombre se sont mis en danger. Ces critiques ont eu pour conséquence, au cours des deux années écoulées, mais avec une accélération du processus depuis deux mois, les décisions autoritaires, les restructurations arbitraires. Des travailleurs et travailleuses se voient retirer des tâches qui leur tenaient à cœur et dans lesquelles ils ou elles étaient compétents.es. Les possibilités d’évolution au sein de l’entreprise sont définitivement bloquées. L’iniquité de traitement devient une norme : aux un.e.s les demandes de formation sont refusées, aux autres, acceptées. Aux un.e.s le remboursement de frais de restauration en mission sont refusées, aux autres, acceptées. Aux un.e.s, les propositions de projet sont refusées, aux autres… C’est le retour des vexations, des intimidations et des menaces voilées.

Les entreprises du secteur associatif, sociocul, seraient-elles pour autant des entreprises à part, sans hiérarchie, sans lien de subordination, sans conflit ? Quelle blague ! Le fait de tutoyer sa direction ne vaut pas exception sociale, ne l’oublions pas. Qui aurait pu avoir la naïveté de penser que le « management à visage humain » serait exempt de relations sociales dégradées, de conflits d’intérêts, alors que, comme dans n’importe quelle entreprise engageant des hommes et des femmes, il y a bien une activité salariée, des liens de subordination, de la valeur ajoutée et des rapports contractuels. De ce paradigme hiérarchique, on aurait pu croire préservés des types de lieux affichant fièrement des valeurs humanistes, démocratiques, égalitaires. Alors que sournoisement, l’idéologie libérale a peu à peu contribué à évacuer le droit à la contradiction, à la nécessité de lutter contre les rapports de domination de classe et donc au conflit social.
Aujourd’hui, la bataille de l’autogestion semble bel et bien perdue. Avec beaucoup de modestie, le bastion des braves s’est retranché derrière une revendication bien plus modeste : celle d’obtenir une supervision collective. Cette demande, pour légitime qu’elle paraisse, reste encore en suspens, malgré l’urgence notifiée dans un courrier envoyé collectivement par l’ensemble de l’équipe des travailleurs et travailleuses. C’est la seule unanimité sur laquelle ont pu déboucher les discussions entre membres de l’équipe. On aurait préféré un arrêt de travail. Un gros. La grève, quoi. Mais beaucoup ont craint d’aller jusque là. Dommage. Peur de perdre son boulot, l’emprunt de la baraque, le deuxième gosse qui vient d’arriver… Maintenant les jeux sont faits. L’organigramme pyramidal se recompose. La hiérarchie se reconstruit petit à petit en allant chercher hommes et femmes liges, qui vont se dépêcher de nous faire croire, le sourire aux lèvres, qu’on est une grande famille et que tout va s’arranger. Pour peu que chacun, chacune rentre dans le rang.

 

 

 

Culture:

 

Albert Camus est mort le 4 janvier 1960, avec Michel Gallimard, son éditeur, qui conduisait la voiture. Banal accident ou crime politique. La réalité dépasse la fiction selon ce que nous lisons du livre de Giovanni Catelli. Nous aurions pu en rester à un accident de la route, parmi les nombreux événements de ces voyages qui ne connaissaient pas l’autoroute, dans les années 50-60, et préféraient les routes bordées de platanes et les bonnes auberges. Après des années de recherches, l’auteur nous propose la thèse d’un meurtre prémédité.

Giovanni Catelli est un universitaire, écrivain italien, visiblement aimant voyager dans les pays de l’Est, y compris pour y donner des leçons de littérature italienne dans les universités de Prague, Bratislava ou Odessa et Kiev. En 2019, nous disposons donc aux éditions Balland d’un texte en français, une traduction de Danielle Dubroca, d’un ouvrage paru en italien en 2013.

Dans son œuvre ou dans ses engagements, Albert Camus a toujours été un homme libre. Mais aussi dangereux, ainsi commence le livre. « Dangereux pour le pouvoir, pour tout pouvoir » tant il dénonçait l’injustice, l’arbitraire, les abus., tant il apportait une critique implacable à l’encontre des anciens collaborateurs, pétainistes ou colonialistes, des staliniens et des puissants en général ; tant il défendait l’être humain par une prise de conscience de l’absurde de la condition humaine mais aussi tant il proposait la révolte comme réponse à l’absurde, pour s’engager dans l’action et donner sens à l’existence. Concilier justice et liberté, lutter contre toutes les violences et les totalitarismes, dénoncer la peine de mort, défendre la paix : aussi s’engagera-t-il auprès des Algériens, contre la bombe atomique, dans la Résistance, contre la peine de mort, prendra la défense des Espagnols exilés antifascistes ou des objecteurs de conscience aux côtés de Louis Lecoin et d’André Breton. En 2013, les éditions Indigène réunissent ses écrits libertaires publiés dans Le Monde libertaire, La Révolution prolétarienne, Solidaridad Obrera, etc.

Si pour lui, « le comble de l’absurdité serait de mourir dans un accident de voiture », voilà que Camus tombe dans cette fatalité. L’accident semblait dû au blocage d’une roue ou à l’éclatement d’un pneu, après plusieurs centaines de kilomètres : les experts ne surent l’expliquer sur une route droite de 9 mètres de large, très peu fréquentée. A moins que la voiture n’ait été trafiquée lors d’un arrêt dans un de ces petits restaurants…

L’argumentation de Catelli est contestée par certains : pourtant il réussit à nous convaincre que Camus aurait été assassiné par le KGB sur ordre du ministre soviétique des affaires étrangères, Dmitri Chepilov. Camus avait violemment dénoncé la répression soviétique de l’insurrection de Budapest de 1956, dans un entretien au New York Times en février 1957, par des articles notamment dans la revue Demain, « Le socialisme des potences », dans le Times, « Un appel pour les écrivains » ou dans le journal Franc-Tireurs, le 18 mars 1957, « Kadar a eu son jour de peur » issu de son discours public à la salle Wagram à Paris trois jours plutôt. « Ce rassemblement de protestation eut un écho dans le monde entier et les paroles de Camus résonneront désormais de façon insupportable pour ceux qui avaient décidé cette intervention militaire ». Catelli utilise la biographie historique écrite par Herbert Lottman, un des premiers biographes de Camus, et part à la recherche d’indices et de preuves qu’il croise au fur et à mesure de son enquête. Ainsi Jan Zabrana, poète tchèque non asservi, laissa à Prague un journal posthume, conservé avec précaution par sa femme, Marie Zabranova. Catelli se rend en Hongrie et la rencontre : fragments du passé et informations précieuses constituent les pièces maîtresses du puzzle. Il ajuste ces éléments avec les divers engagements de Camus, contre la répression sanglante des révoltes de Berlin-Est de juin 1953, pour le soutien à des intellectuels hongrois, comme Pasternak que Camus soutint pour le prix Nobel 1958 : autre camouflet pour le pouvoir soviétique, qui œuvrait de manière clandestine pour qu’aucune traduction russe ne puisse exister du Docteur Jivago et se répandre auprès de la nomenklatura [note] . Camus ne lâchait pas prise malgré les menaces de plus en plus pressantes dès lors.

A quarante-six ans, Albert Camus a été réduit au silence. Saurons-nous un jour la « vérité » ?

Hélène Hernandez
Groupe Pierre Besnard

Giovanni CATELLI, La mort de Camus, Balland, 2019.

 

Dessin de la semaine

Les fleurs du mâle

Ni dieu ni maître,mieux d'être

                                            (Jacques Prevert)

Communiqué de l'UCL

Le média alternatif « Rapports de force », relais des mobilisations

 

Les mouvements sociaux sont souvent relatés, de la part des journalistes employés par les grands médias, de manière trompeuse et partiale. Loin des forces qui soumettent les journalistes, le site web Rapports de force raconte les luttes et rend la parole à celles et ceux qui ne l’ont plus.

 

Au mois d’avril, Rapports de force [1] a soufflé ses deux premières bougies. Deux années à traiter de l’info pour les mouvements sociaux. Raconter les luttes, parcourir les manifestations, tenter de rendre intelligibles les mauvais coups du gouvernement ou des patrons. La tâche est immense, mais tellement nécessaire.

 

Le parti pris de ce site d’information est de traiter avec bienveillance celles et ceux qui sont le plus souvent dépossédé⋅es de leur pouvoir, mais qui décident d’agir pour ne plus subir. Une bienveillance que de trop nombreux médias réservent à celles et ceux qui ont déjà tout : pouvoir, argent, influence et parole bien assurée.

 

Depuis vingt-quatre mois, la rédaction se plie en quatre, certains jours en huit, pour essayer d’être à la hauteur de ces enjeux. Pour fêter son deuxième anniversaire, Rapports de force est parti à la rencontre de ses lecteurs. Des débats et soirées de soutien ont été organisés, durant le mois de mai sur le thème du traitement journalistique des mouvements sociaux.

 

Le temps, c’est de l’argent… pas de l’info

 

Ces débats ont permis de mettre en avant pourquoi et comment les média traditionnels et établis traitent l’information sur les mouvements sociaux de manière altérée. Le sujet est souvent traité de manière biaisée car le journaliste doit composer avec différentes forces influançant son « objectivité » : le temps accordé pour traiter le sujet ; les rapports de forces entre le média et le capitaliste-propiétaire ; la classe sociale du journaliste.

 

Les journalistes doivent, ­aujourd’hui, produire toujours plus vite des informations exclusives, sans prendre le temps de vérifier les sources. Les articles et les dépêches sont recopiés d’un journaliste à l’autre, souvent mot pour mot. Ainsi les mêmes approximations et les mêmes biais de lecture s’accumulent et se propagent aisément.

 

Les lignes éditoriales de nombreux médias se regroupent et se confondent souvent avec les intérêts des capitalistes d’aujourd’hui. Le Monde diplomatique et le Parti de la presse et de l’argent (PPA) publie une carte [2] régulièrement mise à jour de la concentration des médias d’informations (journaux, télé, radio…) dans les mains de différents hommes d’affaires. L’uniformisation de l’information et son allégeance vis-à-vis de la classe dirigeante !

 

Reproduction sociale et corporatisme

 

Les écoles de journalismes et la cooptation des journalistes au sein des rédactions permettent la reproduction sociale d’un certain journalisme bourgeois. Ainsi, dans cet ­entre-soi, aucune place n’est faite pour des mouvements sociaux hors-normes et encore moins révolutionnaires !

 

Rapports de force a des moyens extrêmement limités et son avenir n’est pas assuré. Gratuit pour être accessible à tous, sans publicité pour préserver son indépendance, il dépend exclusivement de son lectorat. Autant le dire sans fard : la suite dépend grandement de ses lecteurs et lectrices !

 

Julien If (UCL Lyon)

 

 

 

 

 

 

 

Rappelez-vous : Juin 2018,

 

Rappelez-vous : Juin 2018, à l’heure du laitier, des hommes en bleu tombent sur une dizaine de lieux, perquisitionnent avant d’interpeller 9 personnes. Grosse colère de l’État après le rassemblement – quatre jours plus tôt – de plus de 3000 opposants au site d’enfouissement des déchets nucléaires.

 

Des têtes doivent tombées, pour l’exemple...
Officiellement, pour trouver les auteurs du départ d’un incendie volontaire dans l’hôtel-restaurant qui fait face au laboratoire du gang des enfouisseurs et des dégradations commises à l’écothèque, bâtiment appartenant au même gang, ainsi que pour trouver les organisateurs d’une manifestation non déclarée, le 15 août 2017.

Parmi les neuf personnes engluées, tous et toutes membres d’associations et/ou activement impliquées dans l’opposition au projet d’enfouissement de déchets nucléaires, il y a Kevin, juste soupçonné mais bien emmerdé.

Comme l’enquête dans cette embrouille d’associations de malfaiteurs (pas le gang des enfouisseurs, les militants englués) traîne le voilà (Kevin, pas le gang des enfouisseurs) soumis à un contrôle judiciaire aux petits oignons : pas le droit de se pointer dans les départements de la Meuse et de la Haute-Marne, interdiction d’entrer en contact avec les potes soumis aux même traitement et, cerise sur le gâteau, obligation d’aller pointer régulièrement auprès du SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation) parce que, c’est bien connu, un opposant à l’avenir radieux et nucléaire à besoin de s’insérer et de montrer qu’il fait des efforts pour se débarrasser de ses foutues idées.

Kevin n’a pas joué le jeu, bref, direction la zonzon (4 mois) pour non-respect de son contrôle judiciaire.

Comme écrit dans une lettre reçue par l’administration du Monde libertaire : «
Si vous souhaitez lui écrire pour le soutenir et en prenant soins de ne pas aggraver son dossier par certains propos car le juge d’instruction peut lire toutes les lettres qui lui arrive, voici ses coordonnées :
Kevin Fluchs, n° d’écrou : 16654 Centre Pénitentiaire De Nancy-Maxeville
300 rue Abbé Haltebourg 54320 MAXÉVILLE
Solidarité face à la répression ! »


Ouais, solidarité face à la répression !

 

SNU: garde à vous, fixe

 


"Une expérience qu’on peut rapprocher de la préparation militaire, mais sans maniement des armes." Qui tient de tels propos ?
Le ministre de la Défense ? Non, mais plus curieusement, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, qui a ainsi révélé le vrai usage du service national universel (SNU). De qui parle-t-il ?
Des 2 000 volontaires de l’édition 2o19 du SNU qui jouent un peu partout en France les apprentis bidasses.
Si le ministère a l’air plutôt satisfait de l’expérience, les parents de la FCPE n’ont pour leur part aucune envie de voir leurs enfants suivre des entraînements de commandos !
Même si les jeunes ont accepté de se « prêter au jeu » doit-on pour autant leur faire subir tout et n’importe quoi ? Est-il normal que, pour être punis d’avoir gardé les mains dans leurs poches, certains d’entre eux soient obligés de faire des pompes ? Est-ce acceptable que, pour une raison inconnue, on laisse ces jeunes en uniforme immobiles sous un soleil de plomb avant qu’une vingtaine d’entre eux tournent de l’œil ? En sommes-nous encore là en matière de relation éducative ? Pourtant, l’éducation, ce n’est pas l’apprentissage de la soumission ni la banalisation des rapports de domination.
Si, parmi ces volontaires, certains adolescents envisagent de suivre une carrière dans l’armée, c’est au ministère de la Défense de les former. Quant au ministère de l’Éducation nationale, même par le biais de son secrétariat D’État de rattachement, il ferait mieux d’investir dans d’autres domaines pour favoriser le vivre-ensemble.
La FCPE peut lui donner quelques idées, surtout quand l’addition pour ce nouveau service national se chiffre à 1,5 milliard d’euros, à comparer aux seuls 20 millions débloqués pour les cantines à I euro...
Avec 1,5 milliard, c’est beaucoup plus que ces quelque 2 000 jeunes que l’on aurait pu nourrir gratuitement à la cantine. Autour d’une table, ils auraient d’ailleurs pu apprendre d’autres valeurs, nouer d’autres liens que ceux qu’ils n’ont pu créer en s’alignant en rang d’oignons lors d’une cérémonie d’inauguration. Pour faire connaître la vie en collectivité et ses
règles, les valeurs de la République, le civisme, nul besoin de passer par les codes militaires ou l’aboiement de pseudo-caporaux-chefs en mal d’autoritarisme. On peut par exemple inscrire nos enfants dans des colonies de vacances, malheureusement inaccessibles aux familles les plus en difficulté en raison de tarifs souvent prohibitifs.
Cette manne financière aurait aussi pu permettre la prise en charge des voyages scolaires, Plutôt que de compter sur les parents qui passent des après-midi à faire des gâteaux et à les vendre aux sorties d’école pour alléger la facture des plus démunis.
Au lieu du service militaire "light", la FCPE propose que chaque enfant puisse bénéficier gratuitement, comme c’est le cas pour le SNU, d’une classe de découverte ou d’une colonie de vacances.
Mais nous avons bien compris que l’entêtement du gouvernement rendait difficile le retour en arrière sur ce service national très bien financé a défaut d’être très bien pensé pour l’intérêt des jeunes.
Le SNU est la réintroduction au pas de l’oie et à grand renfort de communication du service militaire.
Se pose donc la question essentielle, dans le cadre républicain, de l’objection de conscience. Car, alors qu’à 16 ans les jeunes commencent à prendre leurs propres décisions, ils seront dès l’année prochaine 40 000 à se retrouver coincés dans des
bootcamps pour jouer à la guerre et satisfaire celles et ceux qui gardent le film Les Choristes en guise de madeleine de Proust éducative.

 

 

 

Contacts CNT Amazon

 

Travailleurs & travailleuses d’Amazon, contacte la CNT près de chez toi :

 

  • LIL1 – Lauwin Planque (59) stis59@cnt-f.org

  • BVA1 – Boves (80) cnt-ste80@riseup.net

  • Siège social – Clichy (92) presse.rp@cnt-f.org

  • ORY1 – Saran (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • XFRG – Artenay (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • LYS1 – Chalon-sur-Saône (71) interco71@cnt-f.org

  • XFRE − Satolas et Bonce (69) ud69@cnt-f.org

  • MRS1 – Montélimar (26) stp26@cnt-f.org

Communiqué Fédération Anarchiste

Ça bouge pour l’avortement en Nouvelle-Zélande et en Argentine

 

 

 

 

La première ministre néo zélandaise, Jacinda Ardern (travailliste) s’est exprimée en faveur du vote très attendu sur un projet de loi porté par son gouvernement, visant à légaliser l’avortement jusqu’à la vingtième semaine de grossesse, approuvé par 94 voix pour et 23 contre. Un processus législatif qui vise à ce que sa pratique sorte du code pénal d’ici six mois. En effet, une loi remontant aux années 1970 qualifiai l’avortement de crime, la pratique n’est légale à ce jour qu’en cas d’inceste, d’« anomalie mentale », d’anomalie fœtale, ou de risque pour la santé physique ou mentale de la femme enceinte. Or, c’est ce dernier argument qui est invoqué dans 97 % des cas. « Il faut mentir à un docteur pour avoir accès à un soin médical », dénonce Terry Bellamak, présidente et porte-parole de l’association pour le droit à l’avortement Abortion Law Reform Association of New Zealand (Alranz). L’Organisation des nations unies (ONU) a d’ailleurs dénoncé à plusieurs reprises la législation néo-zélandaise « alambiquée », rendant les femmes « dépendantes de l’interprétation bienveillante d’une règle qui annule leur autonomie ». En Nouvelle-Zélande, environ 13 000 femmes ont été autorisées à pratiquer un avortement en 2017, soit 13,7 avortements pour 1 000 naissances – une proportion similaire à la France (14,4 pour 1000 en 2017, selon l’Institut national d’études démographiques).

 

 

 

En Argentine à présent, « Une enfant a été torturée. Et nous, les seuls à l’avoir aidée, nous risquons la prison » dénonce une gynécologue qui est poursuivie pour homicide pour avoir opéré l’enfant en question, qui réclamait un avortement. La fillette, enceinte à 11 ans à la suite de viols commis par le compagnon de sa grand-mère, a suscité en février dernier une indignation internationale. Elle illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes dans certaines régions d’Argentine pour avoir accès à une « interruption légale de grossesse » (ILG), c’est-à-dire dans des cas très rares permis par la loi actuelle (à différencier de l’interruption volontaire de grossesse, l’IVG). En Argentine, la loi de 1921 permet l’avortement en cas de viol ou de danger pour la santé de la femme enceinte. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une enfant de moins de 14 ans a quatre fois plus de risques de mourir des suites d’une grossesse qu’une adulte. Mais, dans un rapport, douze médecins de la province de Tucuman, où est née la fillette établissent qu’avec des contrôles adéquats les risques de complications de la grossesse de vingt semaines ne sont pas plus élevés que pour la population en général. En revanche, assurent-ils, elle risque de perdre l’utérus en cas d’avortement ou de césarienne, ou même la vie... Il faut dire que la provice de Tucuman est encore sous l’influence d’une Église toute-puissante. Les images religieuses sont partout. A l’hôpital Eva-Peron, un tableau de Jésus et une statue de la Vierge accueillent les patients. Les églises sont bondées tous les soirs. Les cours de religion sont obligatoires dans les écoles publiques. En 2018, le Parlement local a déclaré Tucuman « province provie », ce qui n’a aucune valeur juridique, mais « est une façon de discipliner les gens », dénonce Soledad Deza, avocate et militante féministe. Ici, tous les ans, 135 fillettes de moins de 15 ans deviennent mères. C’est aussi dans cette province que Belén, une jeune femme de 26 ans, a été condamnée à huit ans de prison pour homicide, alors qu’elle avait fait une fausse couche – elle a été acquittée après trois ans d’enfermement...

Il reste encore beaucoup à faire pour légaliser l’avortement, notamment dans ces deux pays et plus particulièrement en Argentine...

 

 

PAT

 


VIVRE L'ANARCHIE » film documentaire de Michel Mathurin

 

Au tournant du XXe siècle, le mouvement anarchiste, en plein essor, influence maints aspects de la vie sociale : syndicalisme, mutuellisme, écologie, végétarisme... La société dominante, bourgeoise, le combat sans merci. Certains anarchistes, lassés d'attendre le « Grand Soir », décident de se lancer, de vivre selon leurs principes. Ils vont donc s'organiser en communautés, en milieux libres, tels qu'ils s'appellent alors, généralement en milieu rural, souvent ouvertes sur des activités « extérieures » en relation avec les populations locales : imprimerie de journaux, de publications, écoles nouvelles, propagande syndicale...

 

Michel Mathurin, cinéaste, réalisateur, auteur de plusieurs films docu-fiction comme "hors les lois et la servitude" sur Marius Jacob , ou  "Y'en a pas un sur cent" puis "et pourtant, ils existent" »,sur le syndicalisme d'action directe, nous fait revivre ici, avec l'aide d'historiens comme Michel Antony, cet épisode de passion, ce rêve de société nouvelle que l'on a cherché à concrétiser. Cet œuvre cinématographique devient un témoignage historique rare pour comprendre les voies, les analyses, qui parcouraient le mouvement ouvrier et ce jusqu'à aujourd'hui. Car le rêve communautaire, libertaire, ressurgissant après mai 1968, ne s'est pas éteint : cet idéal d'une vie collective laissant sa place à l'individu est trop ancré chez chacun de nous pour que ces tentatives ne ressucitent pas régulièrement.

 

Des séquences font revivre des moments de cette vie communautaire où sont débattus de grandes questions. Le réalisateur a fait appel à ses fidèles acteurs de toujours, ceux qui apparaissent déjà dans ses films pécédents. Nous ne pouvons les citer tous. Mentionnons Sophie Boureau, Micha Debronde et Michel Mathurin lui-même qui apparaît dans certaines scènes.

 

La durée de vie de la plupart de ces communautés du début du XXe siècle ne dépassa guère en moyenne quelques années.

 

Les grands penseurs de l'anarchisme d'alors, comme Elisée Reclus ou Pierre Kropotkine, avaient mis en garde les partisans des communautés, expliquant, contrairement à Proudhon que toute tentative « communiste » à l'intérieur de la société était vouée à l'échec, combattue, étouffée par celle-ci, condamnée à s'y intéger ou à disparaître. Ce n'était qu'à travers la destruction de la société capitaliste que l'on pouvait espérer construire un monde nouveau.

 

N'empêche. En attendant le Grand Soir, il faut bien vivre – ou plutôt survivre – le mieux possible. Certains se construisent ainsi des cabanes sur des ronds-points pour se retrouver en Gilets Jaunes dans une convivialité tant recherchée...

NEMO

 

 

 

« VIVRE L'ANARCHIE » de Michel Mathurin , en DVD (2 disques), 20 euros (frais de port compris) à commander à : Atelier du Soir, Le Milhon, 32140 Masseube.