Journal d'Infos et Culture Libertaire,

se veut dans la continuité des fanzines, de la scène alternative et du cinéma indépendant autogéré. Il est dans la mouvance anartiste et anarcho-surréaliste.

Colonies libertaire doc FRANCE CULTURE

Edito:

 

Le "Rassemblement national" (ex-Front National) a réussi à lever 400 000€ pour rembourser son amende auprès de l’UE grâce à ses soutiens via Internet, ce qui aurait été impossible il y a 20 ans. Parmi eux il y a pas mal de gros donateurs (comme par ex la maréchal-lepen) ou des soutiens internationaux, même si la moyenne est de 15€. Mais ce sont les petits donateurs décomplexés depuis l’élection présidentielle de 2012 et la "dédiabolisation" du FHaine qui ont fait le gros des dons, sensibles aux arguments ultra sécuritaires, anti immigré-e-s qui se sont succedées ces dernières années. Ce qui est inquiétant aussi c’est la multiplications des agressions racistes en toute impunité, avec une police qui au "mieux" ferme les yeux et au pire protège voir participe avec les fachos, tout cela s’accompagnant de peine légère pour les fachos, quand ils sont condamnés et de peines lourdes pour les antifascistes. On a pu le voir sur les attaques et expulsions de facs (ex à Montpellier) durant le mouvement social du printemps. ou comme lors de l’attaque d’un concert de hardcore à Lyon par le Gud/bastion social

 

Les "Brigandes" qui se dit "une secte apolitique" est en fait selon les camarades de La Horde, une communauté d’extrême droite qui tente de mettre la main depuis plusieurs années maintenant sur un petit village de l’Hérault, sans que le maire en place ne trouve rien à y redire. Mais depuis plusieurs mois, la résistance s’organise, et les premières initiatives organisées contre l’implantation des Brigandes viennent de voir le jour…

 

Pussy Riot:Quatre activistes du groupe russe Pussy Riot ont été arrêtées par la police lundi 30 juillet à Moscou, juste après leur sortie de 15 jours de détention pour avoir perturbé la finale de la coupe du monde de foot. Aucune explication n’a été fournie à la presse par les autorités...

 



 

 

 

Communiqué de la Fédération Anarchiste

 

L’affaire Benalla : l’État, toujours au-dessus des lois

 

 

 

Suite à la manifestation du 1er mai dernier, les images des manifestants saccageant le restaurant d’une grande enseigne capitaliste avaient tourné en boucle sur toutes les chaînes de télévision pendant plusieurs jours, avec, en prime, les condamnations des éditorialistes et politiques de tout poil, le président Macron en tête. Une vidéo montrant des CRS ainsi que des personnes habillées en civil mais équipées de brassard et de casque de police passant à tabac un jeune homme, était alors passée plutôt inaperçue sur la plupart des grandes chaînes. La scène était sûrement un peu trop banale pour provoquer une indignation générale. Des flics en civil ressemblant fortement à des baqueux violentant sans raison apparente des manifestants, pour le coup, visiblement inoffensifs, on voit ça régulièrement. De son côté, la police des polices, l’IGPN, après avoir vu les vidéos amateurs de « l’interpellation musclée » des deux manifestants par Alexandre Benalla et Vincent Crase, avait alors jugé les « gestes techniques mal maîtrisés » mais n’y avait pas vu « d’usage de la violence illégitime ». Le proche de l’Elysée aurait donc été un vrai flic, son nom serait venu s’ajouter à la longue liste des policiers blanchis dans la réalisation de leurs basses œuvres. On voit bien là l’hypocrisie de la frontière entre violence légitime et illégitime. L’affaire nous rappelle aussi, s’il en était besoin, que le dispositif sécuritaire de vidéo-surveillance n’est toujours qu’un outil au profit des puissants : si les images collectées par la caméra le jour du 1er mai ont ainsi bien servi à poursuivre des manifestants, elles n’ont surement pas aidé à révéler cette affaire.

 

Il y a maintenant plusieurs jours, une enquête du Monde a révélé que l’un des deux hommes sur la vidéo n’était autre qu’Alexandre Benalla, ancien garde du corps de Macron pendant la campagne, puis adjoint au chef de cabine du désormais président. Celui-ci se prenant visiblement, ce jour de 1er mai pour un apprenti milicien. Car n’en déplaise aux détracteurs systématiques de la presse, au-delà des éditorialistes qui défilent sur les plateaux télé pour déverser leur bouillie libérale sur les plateaux télé, il reste aujourd’hui de nombreux journalistes qui réalisent un travail d’investigation et d’enquête salutaire et indispensable. Après avoir nié être au courant des agissements de Benalla, le gouvernement, par la voix de Collomb a bien été obligé de reconnaître que ce dernier était informé dès le 2 mai des pratiques musclées de Benalla durant la manifestation. Mais le gouvernement qui semble si adepte des procédures de licenciement puisqu’il s’emploie à les faciliter par ses réformes successives du code du travail, a jugé dans un premier temps la bévue bien mineure pour se séparer de l’intéressé. Quinze jours de mise à pied avec maintien de salaire (dont on ne sait visiblement même pas si cette mise a pied a été véritablement effective) suffiront pour ce proche de l’Élysée qui se travesti en policier et tabasse du petit manifestant. Ce n’est que contraint et forcé par le flot de révélations et le scandale qui s’en est suivi que le pouvoir politique en place a entamé une procédure de licenciement à l’encontre du flic improvisé.

 

Depuis, la confusion est générale. Plus l’on remonte le « fil Benalla », plus les révélations embarrassantes pour le pouvoir tombent : voiture de fonction hors-norme, passe à l’assemblée nationale, nomination arbitraire au rang de lieutenant-colonel, etc. À l’heure où ces lignes sont écrites, une nouvelle vidéo montrant l’intéressé en train d’interpeller des manifestants dans le jardin des plantes fait sauter en éclat la ligne de défense jusque-là déployer par Benalla : la scène place de la Contrescarpe est visiblement loin d’être isolée et il s’agissait bien d’une participation active et régulière du proche de l’Élysée aux actions policières. Pour Macron, ancien candidat qui s’est fait élire à la présidence en prônant la transparence et la méritocratie – pour mieux légitimer sa politique de destruction massive des acquis sociaux et des protections institutionnalisées -, et en convoquant l’image d’un monde politique nouveau venant rompre avec les magouilles historiques des politiques, la mise à jour du pouvoir démesuré dont était visiblement investi cet adjoint au chef de cabinet ainsi que le trouble qui plane encore sur la nature de ses missions, dévoile le cynisme du président jupitérien.

 

De son côté, l’opposition est passée à l’offensive, voyant, au travers de cette affaire, l’opportunité de porter un coup à celui qui, un an plus tôt, les a tous supplanter à leur propre jeu électoral. Chacun tente depuis de récupérer l’affaire à son compte en cherchant à apparaître comme le fer de lance de la contestation. Mais, ne nous y trompons pas. Si Macron se constitue bien comme un animal politique, dans une certaine mesure, inédit de par la manière dont il se croît investi des pleins pouvoirs et d’une mission sacrée de libéralisation et de casse sociale, il est loin d’être le premier homme politique ou chef d’État à avoir couvert et organiser des pratiques s’embarrassant peu de ses propres règles de droit.

 

En ce sens, l’affaire Benalla illustre parfaitement la logique propre de l’État qui sécrète des lois pour légitimer et assurer sa domination, mais ne s’embarrasse pas du respect de son propre système législatif quand il s’agit de défendre ses intérêts. Le fait qu’une relative « nouvelle classe politique » comme celle que représente Macron, rompant avec les parcours classiques des politiciens professionnels et pour parti issu de la fameuse « société civile » – ou plus précisément des sphères dirigeantes de l’entreprise et de la bourgeoisie – ne change strictement rien au problème. L’État et les partis politiques qui gravitent autour et qui tentent de capter et d’assujettir nos espoirs d’émancipation avec leurs promesses parlementaristes ne pourront jamais être des alliés dans notre lutte pour une société plus juste et égalitaire.

 

En tant qu’anarchiste, il nous appartient de rappeler qu’il n’y a rien à attendre de l’État – si ce n’est, pour le moment, de le contraindre à sauvegarder voire développer, nos droits et nos services publics -, que les lois qu’ils fixent, tout en étant le plus souvent au bénéfice des puissants, suivent des règles d’application à géométrie variable selon la place que l’on occupe dans le système de domination politique, économique et social. Le personnage de Benalla est à l’image du pouvoir macronien et plus généralement de la classe politique : autoritaire, cynique et peu scrupuleux. C’est pourquoi, il est urgent de pas succomber aux sirènes du parlementarisme activée par l’opposition d’aujourd’hui, qui sera classe dirigeante et autoritaire demain, et d’investir nos énergies et nos espoirs uniquement dans nos structures de classe et ce surtout alors que le gouvernement ne semble pas apaisé dans sa frénésie libérale et nous prépare, pour les temps à venir, encore plus de lois libérales et anti-sociales, notamment celle visant la réforme des régimes de retraite.

 

Groupe anarchiste Salvador-Seguí
31 juillet 2018

 



 

FETE DU LIVRE DE MERLIEUX 2018

 

 

 

Samedi 29 septembre au soir et dimanche 30 septembre toute la journée

 

Comme chaque année le groupe Kropotkine participe à la Fête du livre de Merlieux.

 

Le samedi 29 septembre à 20h00 il vous propose un repas champêtre à prix libre, au 8, rue de Fouquerolles.
Merci de réserver au 03 23 80 17 09 ou par mail : kropotkine02 (arobase) riseup.net

 

Ce repas sera précédé par un "apérilivre" (offert par la commune) où vous pourrez écouter des lectures de textes d’auteurs présents à la Fête du livre.

 

Dimanche 30 septembre à 17h30, le groupe Kropotkine organise une rencontre avec Patrick Fillioud autour de ses livres sur mai 68. Cette rencontre aura lieu à la Bibliothèque Sociale 8, rue de Fouquerolles.

 

Le dimanche 30 septembre toute la journée vous pourrez vous désaltérer à la buvette des Kropots, et acheter des livres sur sa table de presse.

 

plus d’infos sur le programme complet de la Fête du livre bientôt ici ou là : http://www.fete-du-livre-merlieux.fr/edition-2018
.

 

Dessin de la semaine

Washington Dead Cats

Ludwig von 88

THE EX

Dieval et the propulsions

Les fleurs du mâle

Yvettes not dead

Graines de sel

Ni vu ni connu

Ni dieu ni maître,mieux d'être

                                            (Jacques Prevert)

 

Île d’Oléron, ni Dieu, ni maître, ni McDo

 

Article extrait du « Monde libertaire »

 

Toi qui es jeune et moderne, va sur le site de Sud-Ouest. La Pravda locale. Tu y verras deux pages sur Dolus-d’Oléron. C’est à propos d’une conférence de presse médiatisée ce jour à Paris au niveau international. Grégory, dit Greg, maire de Dolus-d’Oléron y présente son projet de mise en place dans sa commune (3 500 habitants) d’un MacDol (« dol » pour Dolus) et d’un marché communal de produits bio et locaux. Pour mémoire, Greg (40 ans) est connu au niveau international pour être l’initiateur de Roule ma frite (il récupère les huiles des restos, les recycle et les intègre au carburant diesel. Et ça marche à donf !

Lors des dernières municipales, son élection fut un séisme à Oléron. Il avait deux mesures phares : interdiction de l’implantation d’un McDo à Dolus et création d’une mutuelle communale pour les plus démunis. À Oléron, on vote traditionnellement au centre, donc à droite modérée. Donc, aucune chance avec un tel programme. Sauf que, il est passé au premier tour, élu avec 65 % des voix. Pourquoi ? Parce que les jeunes qui ne votent jamais sont allés voter en masse. Les vieux cons habituels n’ont toujours rien compris au film. Première mesure, refus de signer le permis de construire pour McDo. Procès. Le tribunal administratif de Poitiers a donné raison à McDonald’s et l’a condamné à une astreinte de 300 euros par jour tant qu’il n’aurait pas signé. Appel. En attendant, il faut payer. Tous les élus ont mis leurs émoluments dans une caisse commune. Un financement participatif a été mis en place. Et ça marche.

Mieux, Greg, sur notre sollicitation, a inauguré il y a quelques mois la plantation d’un chêne en souvenir du bombardement de Guernica. Notre camarade basque Térecha a fait un discours en basque (traduit). Sur le chêne figure le drapeau basque. Mieux, encore, lors du dernier 11 novembre, Greg a fait un discours relatif aux mutineries de 17. Les anciens combattants ont frôlé la crise cardiaque, se sont barrés, et sont revenus pour chanter
La Marseillaise. Mieux encore, Greg a accepté que notre initiative de créer une « assoce 1901 » pour que le monument aux morts pacifiste de Dolus soit domicilié à la mairie. Le 11 novembre dernier, après la cérémonie, il y avait 50 personnes à notre réunion publique, dans un local, gratos, de la commune. Nous avons vendu 40 bouquins des Editions libertaires. Merci à Thyde et à Thierry. Bref, ça bouge à Oléron.

 

J’oubliais : sur la liste de Greg, il y avait un membre de notre groupe (Nous Autres), en position non éligible, of course. Et voilà que je raconte tout cela pour le Monde libertaire de mars, juste la vraie vie du militantisme anar à la campagne. Comme seule la vérité est révolutionnaire, je ne tairai pas la présence d’un de nos membres sur une liste électorale. Je préciserais que telle n’est pas notre ligne stratégique (quel vilain terme) mais que nous privilégions l’opportunité du réel par rapport à la théologie. En clair, chers camarades gardiens du temple, vous faites quoi dans vos quartiers et communes ? Quoi qui puisse faire avancer le schmilblick de la révolution sociale en dehors des messes traditionalistes se déroulant dans des églises de plus en plus désertées… En soi, ce que fait Greg est formidable. Le fait que les anars, dans cette histoire, aient leur mot à dire et que ça se traduise en actes devrait interpeller. Merci aux « intégristes anars » d’aller coucher ! Comme disait mon père : on ne discute pas avec les brouettes, on les pousse. Nous ne prétendons pas avoir raison. Simplement, sans dogmatisme aucun, nous tâtonnons dans la « recherche expérimentale ». Et ce qui peut marcher ici peut ne pas marcher ailleurs… Bref, à Dolus-d’Oléron, le dernier petit village gaulois qui résiste à McDo, nous n’entendons donner de leçons à personne mais pas davantage d’en recevoir…

 


 

 

Contacts CNT Amazon

 

Travailleurs & travailleuses d’Amazon, contacte la CNT près de chez toi :

 

  • LIL1 – Lauwin Planque (59) stis59@cnt-f.org

  • BVA1 – Boves (80) cnt-ste80@riseup.net

  • Siège social – Clichy (92) presse.rp@cnt-f.org

  • ORY1 – Saran (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • XFRG – Artenay (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • LYS1 – Chalon-sur-Saône (71) interco71@cnt-f.org

  • XFRE − Satolas et Bonce (69) ud69@cnt-f.org

  • MRS1 – Montélimar (26) stp26@cnt-f.org

 

 

 


Le prix Artémisia* 2018 est décerné à… l’anarchisme

 

Article extrait du « Monde libertaire »

 

Et c’est à peine une boutade. L’album primé, Verdad, de Lorena Canottiere (Ici Même, 2017), affiche la couleur en s’ouvrant sur une citation de Lucio Urtubia, faussaire anarchiste de génie : « Parce que l’utopie est possible. » Et me rappelle un autre dessinateur italien, anarchiste, Zerocalcare, et son album très remarqué, Kobane Calling (Cambourakis, 2016) où il traite de l’utopie possible du Rojava à travers sa propre expérience.

 

 

Verdad raconte et retrace la lutte personnelle et collective d’une femme qui affirme son anarchisme depuis l’enfance contre sa grand-mère catholique qui lui arrache des mains une photo de sa mère « pècheresse »… Puis, adulte, contre le militaire franquiste qui tente d’abuser d’elle sur le front, terribles métaphores de la violence fasciste sur fond de guerre d’Espagne. Elle conquiert finalement sa liberté, sur tous les plans d’une répression transversale — familial, religieux, sexuel, politique, personnel. Pour cela, elle a payé de sa personne, un bras amputé à l’âge de 26 ans. Métaphore de cette Espagne révolutionnaire FAI-CNT tronquée par les fascistes et les staliniens.

Belle métaphore graphique filée renvoyant à celle des deux Espagne du poète Antonio Machado disant douloureusement à l’Espagnol qui « veut vivre et qui commence à vivre » : « L’une des deux Espagne te glacera le cœur… » J’ai immédiatement acheté l’édition italienne (Coconino Press, 2016) parce que la BD c’est comme au cinéma : si on peut voir la version originale, on ne s’en prive pas. Édition italienne mais titre espagnol : Verdad. Un titre non seulement énigmatique mais paradoxal. Comment ? Anarchisme et vérité dans un même album ? D’ailleurs un compagnon de la colonne Durruti le dit : « Vérité. Non… Je n’aime pas qui détient la vérité… As-tu jamais remarqué qui prétend détenir la vérité : les prêtres, les chefs, les patrons. Tous ceux qui veulent te commander dans la vie ! D’ailleurs il faut bien qu’ils la vendent à quelqu’un cette vérité ! »

 

 

Mais le mot verdad éclate pourtant dans ce texte en l’honneur des anarchistes de la guerre d’Espagne, c’est même la première parole prononcée, deuxième bulle après un énorme « boum ». Après quatre pages de silence : la campagne d’abord désertique puis peuplée de milicien.ne.s en position et en attente… Soudain la bombe éclate, puis la parole « Verdad », cri d’alarme d’un milicien. Car Vérité est une compagne, celle qui a déposé la bombe, celle qui devait envoyer un signal et ne l’a pas fait… Elle a été agressée et blessée… Inconsciente, son enfance dans un petit village des Pyrénées chez sa grand-mère pour qui elle est une bâtarde, ses tentatives pour connaître l’histoire de sa mère et l’origine de son nom… lui reviennent en mémoire. Grâce à son engagement, elle finit par savoir que loin de devoir expier comme le prétend sa grand-mère la faute de sa mère, elle doit en être très fière car elle avait rejoint la fameuse commune anarchiste de Monte Verità, en Suisse, sur les rives du lac Majeur. Fondée en 1900 par Henri Oedenkoven, Ida Hofmann, Lotte Hattemer et Karl Gräser dans une zone déjà fréquentée par des anarchistes, la commune libertaire recherchait une nouvelle société libre des conventions sociales, pratiquant le végétalianisme, le nudisme, l’amour libre et le matriarcat. La communauté fut fréquentée par de nombreux intellectuels et artistes européens tels Hermann Hesse et fut le ferment, entre autres mouvements, du dadaïsme. Mikhaïl Bakounine y a séjourné. Ne la cherchez plus, c’est aujourd’hui un hôtel de luxe…

La notice de l’album en français évoque le style
« libre, inventif et très maîtrisé de Lorena Canottiere, [qui] est époustouflant. Superposant très intelligemment et habilement des aplats de couleurs vives à des hachures, des striures, des griffures, les images de Lorena sont autant de tableaux d’une très grande expressivité ». A vous de le lire et de le dire !

 

* L’association Artémisia décerne annuellement, vers le 9 janvier (date de naissance de Simone de Beauvoir), son prix à un album scénarisé et/ou dessiné par une ou plusieurs femmes. Elle revendique une place pour l’imaginaire et le graphisme féminin. Pourquoi Artémisia ? En l’honneur d’Artemisia Gentileschi, grande peintre italienne du XVIIe siècle qui fit carrière après avoir eu le courage d’affronter un procès intenté à son professeur pour l’avoir violée ; lequel fut condamné. « Parce que, dit Chantal Montellier – sa cofondatrice et dessinatrice pour le Monde libertaire du dessin politique du ce mois de mars –, la création BD au féminin nous semble peu connue et reconnue, peu valorisée et éclairée, quelques arbres surexposés cachant la forêt des talents laissés dans l’ombre ou à l’abandon. Parce qu’un regard féminin sur la production BD nous paraît essentiel… Parce que la BD destinée à tous et largement diffusée reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes écrasants. Parce que les jurys, notamment pour les présélections sont généralement composés des seuls représentants du sexe dit fort. » Et excluent tout aussi généralement les femmes dessinatrices des auteurs éligibles. De fait, le grand prix d’Angoulême n’a jamais été décerné à une femme. (M.J., Casse-rôles n° 3, février 2018.)