Journal d'Infos et Culture Libertaire,

se veut dans la continuité des fanzines, de la scène alternative et du cinéma indépendant autogéré. Il est dans la mouvance anartiste et anarcho-surréaliste.

EDITO:

 

Le président étasunien Donald Trump se propose d’envoyer 2.000 soldats américains supplémentaires en Pologne pour tenir compagnie aux 5.000 soldats ricains qui y stationnent déjà. Sûr que cela va ravir Vladimir Poutine…
Et lorsqu’on demande à Donald s’il craint un accroissement des tensions avec Moscou, celui-ci de répondre : « J’espère que la Russie traitera la Pologne avec respect comme le font tous les autres pays du monde. »
On va espérer avec lui…

 

 

 

L’amendement à la Constitution concernant l’allongement du délais de recours à l’IVG proposé par Laurence Rossignol a été retoqué, par 205 voix contre versus 102 pour, au grand dam du Planning familial, pour lequel une telle augmentation des délais aurait constitué un «signal fort pour l’Europe, au moment où des pays prennent actuellement des mesures régressives pour restreindre ce droit voire l’interdire» ; ainsi qu’une «avancée législative qui permettra un meilleur accès à l’IVG en France pour toutes les femmes qui aujourd’hui doivent se rendre à l’étranger parce qu’elles n’ont pas pu avorter en France dans les délais légaux actuels».
Dans un rapport daté de 2013, le Haut conseil à l’égalité (HCE), instance nationale consultative indépendante, rappelait que l’un des objectifs de la loi de 2001 relatif à la contraception était de faire baisser de 80% le nombre de femmes ayant recours à des IVG à l’étranger, estimé à 5 000. Le HCE soulignait qu’aucune évaluation précise n’était disponible quant à cette statistique, mais qu’«
il ressort cependant des remontées de terrain que les cas de dépassement de délai pour cause de non prise en charge dans les temps sont encore fréquents».
En Espagne, les IVG peuvent être pratiquées jusqu’à la fin de la 14e semaine, et jusqu’à la 24eau Pays-Bas, par exemple.

 

Photo du mois

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Colonies libertaire doc FRANCE CULTURE

Marius Jacob france culture

Communiqué CNT-SO

 

Tant au niveau local qu’au niveau national, une majorité de syndicats de l’enseignement franchissent le Rubicon et se mettent d’accord pour appeler officiellement à la grève de la surveillance du bac le 17 juin prochain ! Il s’agit d’une première depuis 2003. Et après ? quelles perspectives ? Blocage des examens, des corrections, des jurys ? Ce qui reste certain, c’est que les travailleurs-ses de l’éducation n’en peuvent plus !

 

Cela fait déjà plusieurs années que l’on sent un malaise grandissant dans l’éducation nationale. Les luttes y sont en effet nombreuses mais éparses à tous les niveaux. Cependant Cette année, les réformes du ministre Blanquer ont cristallisé les colères entraînant une multiplication des mouvements de grève et la mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’enseignement.

 

Difficile de lister les reculs et la volonté de remise en cause du service public d’éducation : destruction de l’enseignement professionnel au profit de l’apprentissage, paupérisation et précarisation des personnels, mise en place d’un management autoritaire et vertical, intimidation des lanceurs d’alerte, vision nationaliste et réactionnaire de l’École, suppressions de postes, "évaluationnite" aiguë, tri social de élèves puissance 10, fin progressive de l’éducation prioritaire... Sans oublier la future réforme de la fonction publique.

 

N’en jetez plus, la coupe est pleine !

 

Les résistances ne manquent pas. Depuis la rentrée de septembre les mobilisations se suivent à un rythme soutenu, ce qui montre que c’est l’ensemble des personnels qui est touché et qui souhaite avoir son mot à dire. Malheureusement la fameuse convergence si souvent souhaitée n’a pas eu lieu et on a parfois l’impression que les différents « univers » de l’éducation nationale se mobilisent de manière disparate, sans jamais se rencontrer, ou si peu…

 

Malgré cela, les mobilisations ne baissent pas et la perspective de la perturbation du bac ne semble plus effrayer une majorité des organisations syndicales qui appellent à la grève du 17 juin. Il s’agit ni plus ni moins de se servir de ce jour très symbolique pour l’emporter !

 

Depuis plusieurs mois déjà les enseignant-es constatent que les grèves d’un jour ne suffisent pas. Elles sont médiatiquement banalisés et leurs effets sont mêmes carrément minorés par le ministère. Même si les AG de grévistes sont nombreuses et parfois massives, cela n’a pas permis de créer le rapport de force nécessaire. Il faut donc aller plus loin et ne pas avoir peur de la radicalité : pour gagner, il faut s’emparer des monuments, au propre comme au figuré ! Le bac et l’ensemble des examens de fin d’année sont les monuments de nos métiers. La bonne tenue de ces examens dépend de nous et de notre travail, il est donc temps de montrer que c’est nous qui travaillons et qui décidons !

 

La date du 17 devra donc constituer la première marche de la lutte de cette fin d’année puisque des AG sont prévues ce jour là. Nous devons donc prendre nos responsabilités. A nous de construire la résistance par la perturbation et la remise en cause des examens de 2019 !

 

Blanquer tu nous as bien vénères ! On va te mettre la misère !

 

 

 

Communiqué Fédération Anarchiste

 

Motion sur le Service national universel
Fédération anarchiste 78éme Congrès (Amiens juin 2019)
NON, le Service national universel ne passera pas !


Dès leur origine, les États se sont construits sur la constitution de forces armées, l’encadrement de leur
population et le pillage des peuples environnants.

Depuis 1995, les armées françaises ont été engagées dans 106 OPEX (Opérations extérieures) telles
« Serval » au Mali et « Barkhane » au Sahel. Mais il y a aussi les « ennemis de l’intérieur », et les OPINT
(Opérations intérieures) habituent les populations à côtoyer régulièrement des soldats armés, par exemple
avec « Vigipirate » et « Sentinelle ».

La « fabrique du consentement » de l’État commence par le lavage des jeunes cerveaux : «
La culture de
défense et de sécurité nationale est inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétences que
les élèves doivent acquérir pendant leur scolarité à l’école, au collège et au lycée
», Ministère de l’Éducation
nationale, 2015.

En 2018, Macron promet «
un service national de durée courte, obligatoire et universel encadré par les
armées et la Gendarmerie nationale
» et nomme un groupe de travail présidé par le général Menaouine, avec
pour objectif d’«
inculquer aux jeunes la discipline, l’autorité, les priorités stratégiques de la France »,
ajoutant que «
ce service national servira en cas de crise à disposer d’un réservoir complémentaire de la
Garde nationale
».
Pour rappel, le SNU ou semblant de SNU était proposé par tout l’échiquier politique aux dernières
présidentielles.

Dès juin 2019, 3 000 filles et garçons « volontaires » de 13 départements « pilotes », âgé de 15 à 16 ans sont
destinés à être incorporés pendant 1 mois, dont 15 jours encasernés en uniforme, réveillés à 6 H 30 avec
lever des couleurs et hymne national. Les 180 « encadrants » ont été formés à l’École militaire de Saint-Cyr
Coëtquidan.
Une deuxième « fournée » de 40 000 jeunes est prévue en 2020, avec la perspective d’obliger toute une
classe d’âge (800 000 adolescents) à suivre 2 séjours de 15 jours autour de 16 ans.
Il est également précisé que, jusqu’à 25 ans, «
s’il le souhaite, l’appelé pourra poursuivre son engagement en
devenant cadet de la Sécurité civile, volontaire dans les Armées, les associations...
». Pour une période de 3
à 12 mois : endoctriné.e.s pour devenir une main d’œuvre docile, bon marché, sans droits sociaux, ils et elles
seraient ainsi préparés à la précarité et d’autre part, l’armée y gagnerait de nouvelles recrues.

Depuis Georges Darien envoyé à Biribi pour insoumission, le groupe « Anarchisme et Non-violence »
s’opposant à la guerre d’Algérie, Louis Lecoin en grève de la faim pour le droit à l’objection de conscience,
les anarchistes se sont toujours battus contre la militarisation des corps et des esprits, symbolisée par les 5
protocoles « Défense – Éducation nationale », depuis les deux premiers, Hernu-Savary en 1982 et
Chevènement-Jospin en 1989.
C’est dans la continuité de ces luttes que la Fédération anarchiste combat l’importante aggravation que
représente le Service national universel.

Par l’information auprès des jeunes et des parents, par diverses actions décentralisées, en lien avec
associations et syndicats refusant cette vaste entreprise d’embrigadement nationaliste et patriotique, la
Fédération anarchiste fera tout pour enterrer le SNU.

Fédération anarchiste

 

 

 

Déclaration comunne

 

Paris, le 6 mai 2019

Au lendemain du 1er mai, un compagnon anarchiste a été violemment attaqué à coups de couteau au siège du Monde Libertaire, de Radio Libertaire, et des Éditions du Monde Libertaire dans la librairie Publico (Paris XIème).
Une enquête pour tentative de meurtre est en cours.

Cette librairie est clairement identifiée comme un lieu culturel anarchiste. C’est un endroit où l’on peut trouver des ouvrages, des écrits, de la presse, des musiques, des films différents et engagés. Ce lieu permet aussi des rencontres, des expressions, des projets libres, alternatifs. En somme un espace militant au service des luttes sociales, un porte-voix autant national qu’international de l’expression du mouvement libertaire et au delà.

Ce lieu ouvert enrichit la pensée, l’expression, la diffusion, la communication des valeurs pour l’émancipation, pour la dignité humaine, l’information libre, réelle et partagée.

C’est dans un contexte de violences publiques contre la liberté d’expression, un contexte de lutte et de mise en lumière plus forte des idées libertaires et de résistance à toute forme de soumission et d’obscurantisme, que cet acte odieux s’est produit.

C’est en faisant face ensemble pour affirmer notre présence et nos valeurs que nous les ferons progresser, dans le respect de notre diversité mais dans l’unité face à ceux qui veulent nous faire taire.

«
La liberté est toujours la liberté de penser autrement. »
Rosa Luxemburg

Plus que jamais conscients de cette absolue nécessité, nous manifestons notre
soutien et notre solidarité avec la librairie Publico et le compagnon agressé.

Le chemin vers la Liberté ne nous autorise pas à renoncer.
--------------------------
Premières signataires (Organisations, Collectifs, Groupes, Individus) :
La
Fédération Anarchiste
Alternative Libertaire
ATTAC
France
la
CGA - Coordination des Groupes Anarchistes
Le collectif
GERA - Grupo Erva Rebelde Anarquista de Porto
Le
Comité de Vigilance Antifasciste 66
La
Coopérative Politique Ecologie sociale
C.S.A. A Gralha (Portugal)
Émancipation
Fédération des
C.I.R.C - Collectifs d’Information et de Recherche Cannabique
Gr. libertaire Jules Durand,
L’
Association internationale de la Libre Pensée
La Fédération Nationale de la
Libre Pensée
La Fédération des Comités Syndicalistes Révolutionnaires
CSR
Malik Salemkour, Pt de la
Ligue des Droits de l’Homme
Nouveau parti anticapitaliste -
NPA
L’
Organisation Anarchiste
Union Antifasciste Toulousaine -
UAT
L’
Union Pacifiste
La
Horde
Les animateurs et animatrices de
Radio Libertaire
Respublica
La R
évolution prolétarienne – revue
Voce Libertaria - périodique anarchiste, Suisse Italienne
Radical Education Department (USA)
La Confédération Nationale du Travail
CNT
L’
Union Départementale CGT de Paris
L’
Union Syndicale Solidaires
Yves VEYRIER - SG de la
Conf. CGT FORCE OUVRIERE
Atelier de création libertaire, Lyon
Les compas de l’
Atelier libertaire de La Havane
Circolo « Carlo Vanza » - Bibli. Anar. Bellinzona, Suisse
Les Culottés du Bocal
Éditions syndicalistes
Genepi
Hobo Diffusion
Nada éditions

Les
Editions Libertaires
Editions
Libertalia
Les
Éditions de La Pigne
Quilombo
- la librairie
Rue des Cascades – Maisons d’Editions
Isabelle ATTARD – ancienne députée écologiste
Clémentine Autain, députée La France insoumise
Olivier Besancenot, NPA
Philippe Aubert de Molay – scénariste
Didier Bonneton - syndicaliste bourg en bresse 01
Judith Butler - philosophe, University of California, Berkeley, USA
Dominique Cabrera - cinéaste
Christophe Chiclet - historien, journaliste, membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée
Monica Cerutti Giorgi - Bellinzona, Suisse Italienne
Philippe Corcuff - politiste, IEP de Lyon
Eric B. Coulaud - Ephéméride Anarchiste et Cartoliste
Didier DAENINCKX - écrivain
Jean-Marc Delpech - historien
Josiane et Didier DETTORI-CABOT - Pts enf. de Giovanni Antioco DETTORI Anarchiste Sarde Mort à Teruel 1937 (Brigade DURRUTI)
Francis Dupuis-Déri - science politique, Université du Québec à Montréal, Canada
Nicolas Eprendre - réalisateur documentariste
Didier Eribon - philosophe
David Graeber - anthropologue, London School of Economics, Grande-Bretagne
Jean-Jacques GANDINI - VP et coordonnateur Légal Team section Montpellier
Philippe GUILLONNEAU – syndicaliste
Samuel Hayat - politiste, CNRS
Pierre Khalfa - économiste
Geoffroy Lagasnerie - philosophe et sociologue
Sandra Laugier - philosophe, Université Paris 1
Pierre Lemaitre – écrivain
Yves Letort — Auteur
Edouard Louis – écrivain
Valérie lotti - LP63
Michael Löwy - sociologue, CNRS
Roger Martelli - directeur de la publication du journal Regards
Lilian Mathieu - sociologue, CNRS
Michel Mathurin - Réalisateur
Gérard Mordillat - écrivain, cinéaste
Michel Onfray - philosophe
Jacques Pater - acteur
Irène Pereira - philosophe et sociologue
Philippe Poutou - ouvrier syndicaliste et NPA
Ernest Pignon-Ernest - artiste
Jérôme Prieur - Ecrivain, cinéaste
Tancrède Ramonet – réalisateur
Gabriel Rockhill - philosophe, Villanova University, USA
Stéphane Sangral -philosophe et écrivain
James C. Scott - anthropologue, Yale University, USA
Pierre-Yves Ruff - Écrivain, éditeur et conférencier Théolib,
Jesse S. Cohn - professeur, département d’anglais, Purdue University Northwest, USA
Azelma Sigaux - écrivain
François Vantrou - assistant réalisateur
Yannis YOULOUNTAS - réalisateur

Contact : administration-publico@sfr.fr

 

 

 

Communiqué CNT

Notre urgence n’est pas la leur !

 

La CNT ne s’inscrit pas dans le calendrier électoral et ne considère pas que les abstentionnistes se désintéressent des débats politiques. Pour autant, l’annonce du résultat des élections européennes a confirmé l’avancée des idées xénophobes, racistes, patriarcales, avec le score important de listes d’extrême-droite et/ou néo-libérale dans plusieurs pays, notamment dans l’Etat français. Cela s’inscrit dans un contexte international où les régimes autoritaires et ultra-libéraux se renforcent, comme au Brésil, en Turquie, aux Etats-Unis, en Inde...

 

Or, partout où l’extrême-droite et ses idées gagnent du terrain, les droits des travailleuses et travailleurs reculent.

 

Face à cela, nous refusons de cautionner l’idée que face à l’extrême-droite, le « moindre mal » serait un gouvernement libéral comme celui d’Emmanuel Macron car ce sont les politiques d’austérité et de précarisation des travailleuses et travailleurs qui conduisent en partie à l’émergence de fausses solutions fondées sur le repli sur soi, la création et le renforcement des frontières et du nationalisme, la désignation de l’étranger comme coupable idéal. Les forces politiques cherchant à capter la colère populaire, en utilisant le référendum d’initiative citoyenne ou des slogans volés aux Blacks Panthers (« Tout le pouvoir au peuple »), ne font que détourner les aspirations des populations à être respectées et à un changement dans le but de confisquer le pouvoir et renforcer les bourgeoisies nationales.

 

D’ailleurs, ces gouvernements ont montré qu’ils n’hésiteraient pas à réprimer brutalement tout mouvement d’opposition, y compris en limitant le droit de manifester et le droit d’expression ou en mutilant physiquement des opposants.

 

Il n’y a pas d’alternative au sein du capitalisme.

 

Pour résister et construire une autre société, nous devons développer nos luttes sur nos lieux de travail et dans nos quartiers afin de nous opposer à la marchandisation de nos vies et créer, ou recréer, de la solidarité.

 

Le Secrétariat International de la CNT, réuni ce jour, réaffirme que son engagement anarcho-syndicaliste et syndicaliste révolutionnaire ne peut exister que dans une perspective internationaliste. Les Etats et le patronat collaborent depuis longtemps afin de coordonner leurs attaques contre notre classe, nous devons répondre en tant que classe organisée.

 

C’est pourquoi le Secrétariat International de la CNT a décidé de plusieurs actions destinées à renforcer les échanges avec les autres organisations rouges et noires ainsi qu’avec toutes les organisations amies, en Europe et ailleurs.

 

La solidarité est notre arme ! Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes ! Vive la solidarité internationale !

 

le dmanche 26 mai 2019,

 

Le Secrétariat International de la CNT

 

 

 

Culture:

Dessin de la semaine

Les fleurs du mâle

Ni dieu ni maître,mieux d'être

                                            (Jacques Prevert)

Communiqué d'Alternative Libertaire

Congrès de fondation de l’Union communiste libertaire (UCL) : déclaration finale

 

Réuni·es en congrès commun, nous, militantes et militants d’AL et de la CGA, avons décidé de fonder une nouvelle organisation révolutionnaire : l’Union communiste libertaire.

 

À l’heure où la crise du capitalisme s’amplifie, on voudrait nous imposer un choix entre la bourgeoisie libérale au pouvoir et l’extrême droite en embuscade.

 

Nous le refusons et nous affirmons bien au contraire qu’il est nécessaire aujourd’hui de porter un autre projet de société basé sur la démocratie directe, l’autogestion et le fédéralisme.

 

Nous ne voulons ni d’un monde taillé sur mesure pour ceux qui possèdent les richesses, ni d’une société cadenassée, militarisée et de plus en plus sous surveillance numérique.

 

Ici comme ailleurs, nous sommes solidaires avec les migrant·es et réfugié·es et nous nous tenons aux côtés de celles et ceux qui veulent abattre les frontières et briser l’impérialisme, le néo-colonialisme et particulièrement la Françafrique.

 

En France, la colère des Gilets jaunes a rappelé au pouvoir, et avec éclat, que la lutte des classes était plus que jamais d’actualité.

 

Le pouvoir ne s’y est d’ailleurs pas trompé en usant contre ce mouvement d’une violence d’État particulièrement brutale.

 

Nous avons pris toute notre part aux mobilisations des Gilets jaunes comme nous prenons part, et activement, au combat de classe en construisant nos luttes, nos grèves, nos syndicats.

 

Inlassablement, sur nos lieux de travail, nous résistons au quotidien à l’exploitation capitaliste. Et la Grève générale reste notre ordre du jour.

 

Sur les lieux d’études nous combattons la sélection sociale de plus en plus accrue.

 

L’Union communiste libertaire sera aux côtés de celles et ceux qui se battent pour détruire le patriarcat. Dans nos rangs comme dans la société, nous combattrons les oppressions de sexe et de genre, le sexisme et les LGBTIphobies.

 

Face à la mécanique raciste, nous serons à l’offensive et nous sommes solidaires des luttes contre les violences policières.

 

Nous continuerons de marcher avec les manifestant-es qui descendent dans la rue pour dénoncer le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité dont les capitalistes sont responsables.

 

Ouverte à toutes celles et ceux qui veulent bâtir une autre société, l’Union communiste libertaire est l’outil que nous forgerons chaque jour, dans les villes et les quartiers où nous vivons, dans les campagnes, pour dessiner demain un avenir émancipé de l’exploitation et de toutes les dominations.

 

Un avenir qui porte un nom et dans lequel nous plaçons nos espoirs : le communisme libertaire.

 

Congrès de l’Allier, 10 juin 2019

 

Une agriculture européenne sans pesticide ?

 

La prise de conscience par une partie des capitalistes des risques liés à la crise écologique ne va pas jusqu’à aborder les mesures nécessaires pour s’attaquer à cette crise. Ainsi un rapport de l’Iddri sur l’agriculture, omet simplement de rechercher les mesures nécessaires pour y parvenir.

 

L’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), créé en 2001 est un «  laboratoire d’idées  » rattaché à l’Institut d’études politiques de Paris. Au sein de son Conseil d’administration on trouve parmi les membres fondateurs, EDF, GDF-Suez, Véolia. Pourtant, l’Iddri vient de publier mardi 16 avril une étude entendant démontrer que nourrir l’Europe sans pesticides est un objectif réaliste  [1].

 

Le scénario établi par les chercheurs de l’Iddri vise à améliorer la qualité de l’alimentation des Européens, à diminuer l’impact climatique de l’agriculture et à protéger l’environnement. Ils proposent de supprimer tout recours aux engrais chimiques et aux pesticides. Ils estiment que cela se traduirait par une baisse de 35 % de la production agricole au sein de l’Union.

 

Un affrontement nécessaire avec les multinationales

 

Mais si en parallèle les habitudes alimentaires évoluaient et que les consommateurs mangeaient plus de céréales, de légumineuses, de fruits et légumes et moins de viande ce scénario permettrait de nourrir les 530 millions d’individus que comptera l’Union européenne en 2050.

 

C’est par ailleurs ce que préconise l’Organisation mondiale de la santé. N’allons pas pinailler sur les détails, pour l’essentiel c’est aussi ce que disent les écologistes conséquents depuis longtemps.

 

C’est faisable  ? Alors comment le faire  ? La première question est celle de la volonté – inexistante – de sortir du modèle agricole intensif. L’appel à conditionner les aides de la PAC  [2] à des critères environnementaux, proposition portée par une plateforme d’ONG et d’organisations paysannes, n’est pas prise en compte, surtout dans le contexte de la baisse envisagée de 5 % de l’enveloppe des aides. Les chercheurs assurent que leur modèle n’entraînerait pas forcément une hausse de prix agricoles, si on y inclut «  tous les coûts, y compris les externalités, comme les dépenses de santé ou celles liées à la dépollution de l’eau  », explique Xavier Poux, coauteur du rapport. Nous voilà au cœur du problème. Ceci contreviendrait aux règles de l’Organisation mondiale du commerce. N’est évidemment pas évoqué l’affrontement nécessaire avec les multinationales de l’agrochimie  ; la remise en cause de la logique de concentration agricole à l’œuvre depuis 70 ans, soutenue par la FNSEA  ; la nécessité de rompre avec la concurrence libre et non faussée de l’UE, etc. Ce sujet est fondamental, mais nous avons bien peu à attendre de solutions venant d’experts libéraux.

 

Jacques Dubart (AL Nantes)

 

 

 

Culture:

Réponse de Wilfrid Lupano au ministre de la Culture.

 


Monsieur le ministre,

À ma très grande surprise, vous m’avez adressé la semaine dernière un courrier pour m’annoncer que vous me décerniez le grade de chevalier des arts et lettres.
Je vous remercie de cette délicate attention, mais j’ai bien peur de devoir refuser cet « honneur ».
Déjà, spontanément, je n’ai jamais été très excité par les médailles. Pierre Desproges disait « les décorations, c’est la libido des vieux ». Je me plais à penser que je n’en suis pas encore là. Il y a cependant des distinctions plus réjouissantes que d’autres, et celle-ci a l’inconvénient, monsieur le ministre, d’être remise par un représentant politique.
Or, comment accepter la moindre distinction de la part d’un gouvernement qui, en tout point, me fait honte ?
Car oui, il s’agit bien de honte.

J’ai honte de ce que votre gouvernement fait des services publics, au nom du refus dogmatique de faire payer aux grandes entreprises et aux plus grosses fortunes les impôts dont elles devraient s’acquitter. « il n’y a pas d’argent magique » martèle votre leader. Il y a en revanche un argent légal que monsieur Macron refuse d’aller chercher pour ne pas déplaire à ceux qui ont financé sa campagne.
J’ai honte, lorsque j’entends monsieur Castaner s’indigner que l’on puisse « s’attaquer à un hôpital », comme il l’a fait récemment, alors que c’est bien votre gouvernement qui fait le plus de mal aux services de santé, et pas trois gilets jaunes qui cherchent à se mettre à l’abri au mauvais endroit.
J’ai honte de ce gouvernement qui en supprimant l’ISF, a divisé par deux les ressources des associations qui prennent à leur charge les plus faibles, les plus démunis, les laissés pour compte, à la place de l’état.

J’ai honte lorsque votre gouvernement refuse d’accueillir l’Aquarius et ses 160 réfugiés qui demandent de l’aide, et encore plus honte lorsque monsieur Castaner, encore lui, accuse les ONG qui tentent par tous les moyens de sauver des vies d’être « complices » des passeurs.
J’ai honte lorsque je vois la police « escorter » les militants de Génération Identitaire après leur coup de com’ au col de Briançon pour les « protéger » contre les militants favorables à l’accueil des réfugiés. Certains de ces derniers furent d’ailleurs interpelés, alors que tous les membres de Génération Identitaire sont rentrés chez eux fêter leur coup de publicité.
J’ai honte de votre politique indigne d’accueil des migrants, et en particulier des mineurs isolés. Le gouvernement auquel vous appartenez a accéléré le rythme des expulsions, voté l’allongement à 90 jours de la période de rétention pour les étrangers en situation irrégulière. De la prison, donc, pour des personnes n’ayant commis aucun crime, hommes, femmes, enfants, nouveaux-nés. Pendant ce temps, des préfets plusieurs fois condamnés pour non respect du droit d’asile sont maintenus en poste.
Pour de sordides calculs électoraux, le gouvernement auquel vous appartenez foule aux pieds tous les principes philosophiques et moraux qui sont à la base de la constitution et de l’histoire de ce pays, et passe à côté du sens de l’Histoire. Soyez certain que l’Histoire s’en souviendra.

J’ai honte de l’incapacité de ce gouvernement à prendre en compte l’urgence écologique, qui devrait pourtant être le seul sujet à vous préoccuper vraiment. En dehors d’effets d’annonce, rien dans les mesures prises depuis deux ans n’est à la hauteur des enjeux de notre époque. Ni sur la sortie des énergies fossiles, ni sur le développement du bio, des énergies renouvelables ou la condition animale. Votre gouvernement reste le loyal service après-vente des lobbies, de l’industrie agroalimentaire, des laboratoires, des marchands d’armes…

J’ai honte, monsieur le ministre, de ce gouvernement mal élu ( le plus mal de la l’histoire de la cinquième république) qui ne tient plus que par sa police ultra violente.
J’ai honte de voir, depuis des mois, partout en France, éclater des yeux, exploser des mains ou des visages sous les coups de la police, de Notre Dame des Landes aux Champs-Elysées, à Toulouse, Biarritz, Nantes. Le monde entier s’alarme de la dérive sécuritaire de votre gouvernement, de l’utilisation abusive d’armes de guerre dans le maintien de l’ordre, mais vous, vous trouvez que tout va bien.
Je pense à Maxime Peugeot, 21 ans, et à sa main arrachée par une grenade dans un champ de Notre Dame des Landes. Qu’est-ce qui pouvait bien menacer à ce point la sécurité de la France, dans ce champ à vache du bocage breton, pour qu’on en arrive à faire usage d’une telle violence ? 2500 gendarmes, une opération de guerre à plusieurs millions d’euros menée pour détruire une trentaine de cabanes en bois ( « il n’y a pas d’argent magique »…) et procéder à une dizaine d’expulsions… Je pense à Lola Villabriga, 19 ans, défigurée à Biarritz par un tir de LBD que rien ne justifiait et qui vit désormais avec des plaques d’acier dans la mâchoire, alors que c’était sa première manifestation. Je cite deux noms, mais vous le savez sûrement, ils sont aujourd’hui des centaines. Suivez le travail de David Dufresne si le sujet vous intéresse.

Comme vous le voyez, nous avons peu de points communs, politiquement. Et dans un monde où les distinctions culturelles seraient remises par le milieu culturel lui-même, sans intervention du politique, j’aurais accepté celle-ci avec honneur et plaisir. Mais il n’y a pas de geste politique qui ne soit aussi symbolique, et je sais déjà que si un jour j’atteins l’âge avancé où on prend son pied à exhiber ses breloques, j’aurais bien peu de plaisir à me rappeler que celle-ci me fut remise par le représentant d’un gouvernement dont j’aurais si ardemment souhaité la chute et la disgrâce.

Passons malgré tout une bonne journée,

Wilfrid Lupano

 

 

Lien permanent : https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=4058

 

Ce texte n’a pas été envoyé au Monde libertaire par son auteur. Lettre ouverte qui a toute sa place ici... (Bernard CRML)

 

 

 

 

 

 

La grève des ovalistes

 

Préface de Michelle Perrot

 

Cette grève des ovalistes, réputée première grande grève de femmes ouvrières en France, est exemplaire des enjeux qui traversent l’histoire des femmes et l’histoire de la classe ouvrière, deux histoires rarement menées sur la même ligne de front, et dont la confiscation de la parole des femmes est le symbole.

 

Juin 1869 : 1 800 femmes sortent de leurs ateliers lyonnais et se mettent spontanément en grève. Elles sortent aussi leurs malles puisque leur lieu de travail est aussi leur lieu de vie, et si c’est cette spectaculaire occupation de la rue qui est mise en avant par la presse, ce n’est pourtant pas ce que les militants ouvriers qui vont s’intéresser (enfin) à elles vont retenir.

 

Après plusieurs semaines de grève, possible grâce à la caisse de solidarité de l’AIT (Association internationale des travailleurs) leur adhésion, demandée en retour à cette AIT va être l’enjeu des rivalités toutes masculines en son sein entre courants marxiste et anarchiste. C’est le courant anarchiste bien implanté à Lyon autour de la figure de Bakounine qui va l’emporter : il va être le représentant au crucial Congrès de Bâle, en septembre 1869, des 8 000 ouvrières qui ont adhéré.

 


Claire Auzias a fait des études de sociologie et d’histoire à l’université Lyon 2. Elle a consacré ses travaux à l’histoire de l’anarchisme, des femmes et du féminisme, et des Roms. Chacune de ces thématiques a donné lieu à des publications. Elle a dirigé les éditions Egrégores et actuellement termine une histoire sociale de Mai 68 à Lyon à paraître en 2017.

 

Annik Houel a été professeure de psychologie sociale à Lyon 2. Elle est membre d’un centre d’enseignements et de recherches féministes, le CLEF, rebaptisé Centre Louise Labé, ainsi que du CA de l’ANEF, qui milite pour la reconnaissance des études féministes dans la recherche et à l’université. Elle a publié divers ouvrages dont le dernier, Rivalités féminines au travail, L’influence de la relation mère-fille, a été édité en 2014 chez Odile Jacob.

 

Première édition : Payot, Paris, 1982

 

Contacts CNT Amazon

 

Travailleurs & travailleuses d’Amazon, contacte la CNT près de chez toi :

 

  • LIL1 – Lauwin Planque (59) stis59@cnt-f.org

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VIVRE L'ANARCHIE » film documentaire de Michel Mathurin

 

Au tournant du XXe siècle, le mouvement anarchiste, en plein essor, influence maints aspects de la vie sociale : syndicalisme, mutuellisme, écologie, végétarisme... La société dominante, bourgeoise, le combat sans merci. Certains anarchistes, lassés d'attendre le « Grand Soir », décident de se lancer, de vivre selon leurs principes. Ils vont donc s'organiser en communautés, en milieux libres, tels qu'ils s'appellent alors, généralement en milieu rural, souvent ouvertes sur des activités « extérieures » en relation avec les populations locales : imprimerie de journaux, de publications, écoles nouvelles, propagande syndicale...

 

Michel Mathurin, cinéaste, réalisateur, auteur de plusieurs films docu-fiction comme "hors les lois et la servitude" sur Marius Jacob , ou  "Y'en a pas un sur cent" puis "et pourtant, ils existent" »,sur le syndicalisme d'action directe, nous fait revivre ici, avec l'aide d'historiens comme Michel Antony, cet épisode de passion, ce rêve de société nouvelle que l'on a cherché à concrétiser. Cet œuvre cinématographique devient un témoignage historique rare pour comprendre les voies, les analyses, qui parcouraient le mouvement ouvrier et ce jusqu'à aujourd'hui. Car le rêve communautaire, libertaire, ressurgissant après mai 1968, ne s'est pas éteint : cet idéal d'une vie collective laissant sa place à l'individu est trop ancré chez chacun de nous pour que ces tentatives ne ressucitent pas régulièrement.

 

Des séquences font revivre des moments de cette vie communautaire où sont débattus de grandes questions. Le réalisateur a fait appel à ses fidèles acteurs de toujours, ceux qui apparaissent déjà dans ses films pécédents. Nous ne pouvons les citer tous. Mentionnons Sophie Boureau, Micha Debronde et Michel Mathurin lui-même qui apparaît dans certaines scènes.

 

La durée de vie de la plupart de ces communautés du début du XXe siècle ne dépassa guère en moyenne quelques années.

 

Les grands penseurs de l'anarchisme d'alors, comme Elisée Reclus ou Pierre Kropotkine, avaient mis en garde les partisans des communautés, expliquant, contrairement à Proudhon que toute tentative « communiste » à l'intérieur de la société était vouée à l'échec, combattue, étouffée par celle-ci, condamnée à s'y intéger ou à disparaître. Ce n'était qu'à travers la destruction de la société capitaliste que l'on pouvait espérer construire un monde nouveau.

 

N'empêche. En attendant le Grand Soir, il faut bien vivre – ou plutôt survivre – le mieux possible. Certains se construisent ainsi des cabanes sur des ronds-points pour se retrouver en Gilets Jaunes dans une convivialité tant recherchée...

NEMO

 

 

 

« VIVRE L'ANARCHIE » de Michel Mathurin , en DVD (2 disques), 20 euros (frais de port compris) à commander à : Atelier du Soir, Le Milhon, 32140 Masseube.