Journal d'Infos et Culture Libertaire,

se veut dans la continuité des fanzines, de la scène alternative et du cinéma indépendant autogéré. Il est dans la mouvance anartiste et anarcho-surréaliste.

Colonies libertaire doc FRANCE CULTURE

Edito:

 

Beaucoup de bruit pour pas grand chose au gouvernement. Faisons confiance à qui arrive pour poursuivre le sale boulot de qui part. Perso, bien content du départ de Françoise Nyssen ne serait-ce que pour emmerder les anthroposophes et autres Pierre Rabhi.

 

Tempête à FO suite à la révélation par le Canard enchaîné d’un fichier controversé sur les dirigeants du syndicat. Une bonne occasion pour les "réformistes" de reprendre la main en s’alliant avec les "trotskistes" pour déboulonner le secrétaire général Pascal Pavageau soutenu par notamment des "anarchistes".
Le fichier et son importance ? Tentant lorsqu’un fil dépasse de tirer dessus pour tout détricoter, récupérer la laine, et refaire autre chose...

 

PétardAprès quasiment un siècle de prohibition, le Canada est devenu mercredi le premier pays du G20 à légaliser le cannabis récréatif, une réforme historique attendue à travers le pays tant par les consommateurs de cette drogue douce que par les marchés boursiers, euphoriques.
A quand le droit de fumer autre chose que du tabac en France ?
Choisis bien ton addiction ou c’est la zonzon...

 

Belgique : Le groupe Ici et maintenant (Belgique) invite toutes celles et ceux qui en ont la possibilité à se joindre à lui pour participer à la manifestation du 17 octobre, Journée Mondiale de Lutte Contre la Pauvreté, à Namur. Cette manifestation est organisée par le réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) avec la mobilisation et collaboration d’un grand nombre d’associations, de collectifs citoyens, de services... et des militantes et militants, ainsi que des représentants et représentantes du monde syndical (CSC et FGTB). Programme : 13h : Manifestation pour dénoncer la violence faite aux personnes appauvries au départ de la Place de la Wallonie à Jambes (arrivée place d’Armes, à Namur) et à 14h30 à 17h30 : Foire de l’Agir sur la place d’Armes.

 

Hidalgo ;La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, annonce dans un entretien au Journal du Dimanche qu’elle va ouvrir des mairies de la capitale aux SDF cet hiver, dont l’Hôtel de Ville, spécialement dédié aux femmes sans-abri.
Une cinquantaine de femmes SDF -- jusqu’à une centaine en situation de grand froid -- pourront être accueillies dans cette halte qui sera "pérenne".
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Je veux que ce nouveau lieu soit chaleureux (...) Elles seront prises en charge par des femmes, car certaines sont traumatisées et fuient toute présence masculine"dixit la maire.
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Plusieurs mairies d’arrondissement - de gauche comme de droite - ont accepté d’ouvrir des places d’hébergement dans leurs locaux."
Charité par ci, solidarité par là, sûr que certain.e.s vont apprécier d’avoir un abri pour ne pas geler dans la rue. Pour la lutte contre la misère et l’exclusion, ce n’est qu’un combat, continuons le début !

 

Communiqué de la Fédération Anarchiste

 

Compte rendu de la manifestation du 9 octobre 2018 à Metz

 

Afin d’offrir une visibilité à la Fédération Anarchiste et à son projet de société, le fédéralisme libertaire, et par conséquent, afin d’être en mesure de peser dans le débat, nous, le Groupe de Metz de la FA, avons décidé de participer à la manifestation interprofessionnelle et intersyndicale du 9 octobre dernier dans notre ville, malgré les divergences criantes qui nous opposent à la plupart des différentes entités du cortège.

Environ trois mille manifestant.es (Espérons au moins pour moitié, des grévistes) de tendances diverses (On reste à gauche tout de même hein !?) se sont donc retrouvé.es pour crier ensemble leur colère à travers les rues messines. Bien que, comme l’exprime si bien la motion de notre dernier congrès, la colère monte et ça gronde, la manifestation se déroula toutefois une ambiance sympathique et plutôt détendue. La présence policière ne fut pas excessive, malgré le petit troupeau d’argousins en civil marchant (discrètement !?) en marge du défilé, des « Men in black » vite repérés et sitôt fait, gentiment chambrés par les mégaphones syndicalistes. Les slogans distillés par les mêmes mégaphones, extrêmement virulents pour certains, grossiers et injurieux pour quelques autres, ont fusé tout au long de la manifestation qui dura, en tout et pour tout et à peu de chose près... trois heures.
FO, CGT, Solidaires et FSU réunissaient bien sûr le plus gros des manifestant.es. Que dire de ces partisan.es mélanchonistes de La France Insoumise, agitant joyeusement le drapeau bleu-blanc-rouge, même flanqué du logo (rigolo) de leur parti républicain et autoritaire ? Je crois que l’on voit rarement d’authentiques insoumis.es brandir les couleurs de leurs bourreaux ! Bref, passons. Le Front Social, fort de son large rassemblement hétérogène, s’est bien montré et s’est bien fait entendre. Bien que moins nombreu.ses.x, il en a été de même pour les lycéen.nes, pour la plupart sous la bannière de l’UNL et semblant encadré.es par des cégétistes !? D’ailleurs, certains d’entre ces derniers nous regardaient, nous les drapeaux noirs, d’un mauvais œil. D’autres partis et organisations encore, plus modestes, des anonymes aussi, certain.es arborant des pancartes faites maison, ont battu ensemble la pavé messin, tous unis CONTRE les mêmes maux mais, pas forcément POUR les mêmes remèdes.
Pour notre part, nous étions quatre (sur cinq ; tu nous a manqué Pierre) de notre groupe, et nous avons marché, comme c’est notre habitude maintenant, au côté de nos camarades de la CNT. C’est, nos drapeaux flottant au vent, que nous avons distribué nos tracts (Les derniers tracts fédéraux, Vive la grève et Ça gronde notamment) ainsi que les petits livrets, Défaites-vous de vos idées reçues sur l’anarchisme, tout en placardant, tout au long du parcours, nos autocollants fédéraux divers et variés. Des personnes sont venues vers nous, nous sommes allés vers d’autres, et avons ainsi noué quelques contacts.
Une bonne moitié de la population rencontrée et ne prenant pas part à la manifestation a réagi plutôt positivement, tandis que l’autre moitié se montra indifférente, refusant pour certain.es nos tracts, et poursuivant leur chemin ou leur activité comme si rien ne se passait autour d’eux. Faire semblant de rien, tourner la tête, fermer les yeux, ne pas voir, ne rien entendre, ne pas chercher à comprendre, se résigner ou condamner bêtement sans savoir sont encore des réactions que l’on voit trop couramment, surtout venant des classes non favorisées, malheureusement souvent abruties et aliénées par le cirque télévisuel et, plus généralement, par la masse des médias capitalistes et étatiques. Personnellement, j’ai été attristé par cet ouvrier, l’épaule contre son échafaudage, les vêtements, le visage et les cheveux copieusement encrassés par le travail pénible du bâtiment, regardant incrédule et d’un œil méfiant le cortège qui défilait devant lui, et qui refusa sèchement le tract que je lui tendais, ainsi que tout dialogue. Moi qui pensait, un peu naïvement peut-être, trouver là un allié !

L’éducation populaire que nous, anarchistes et libertaires, prônons, à encore un bon bout de chemin à parcourir avant de parvenir à tous.

 

 

 

Contacts CNT Amazon

 

Travailleurs & travailleuses d’Amazon, contacte la CNT près de chez toi :

 

  • LIL1 – Lauwin Planque (59) stis59@cnt-f.org

  • BVA1 – Boves (80) cnt-ste80@riseup.net

  • Siège social – Clichy (92) presse.rp@cnt-f.org

  • ORY1 – Saran (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • XFRG – Artenay (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • LYS1 – Chalon-sur-Saône (71) interco71@cnt-f.org

  • XFRE − Satolas et Bonce (69) ud69@cnt-f.org

  • MRS1 – Montélimar (26) stp26@cnt-f.org

Communiqué CNT

Face aux mesures antisociales et au cynisme du gouvernement : ne nous démobilisons pas !

 

 

La Confédération nationale du travail (CNT) appelle l’ensemble des salarié.es du public comme du privé et plus largement l’ensemble de la population à participer à la journée de grève et de manifestation interprofessionnelle le mardi 09 octobre prochain.

 

Nous sommes conscient.es qu’une seule journée de mobilisation, ne permettra pas de faire reculer le gouvernement, mais nous considérons toujours nécessaire de fédérer les différentes revendications (sociales et économiques) du monde du travail, pour la construction d’un réel mouvement unitaire à la base, pour s’opposer et imposer collectivement nos revendications contre les politiques libérales du gouvernement.

 

Les attaques patronales soutenues par le « président des riches » se multiplient : Casse des services publics (éducation, hospitaliers, ferroviaire etc.), casse de l’assurance chômage, plan de licenciements dans le privé, dérèglementation du temps de travail en imposant toujours plus de flexibilité, temps partiel imposé précarisant encore un peu plus les travailleuses et les travailleurs, fusion des instances représentatives du personnel avec le CSE, référendum d’entreprise permettant d’isoler les salarié.es, la coupe est pleine !

 

Dans la Fonction Publique

 

Ce sont l’ensemble des ministères qui sont dans le collimateur du gouvernement. Dans sa violence sociale et toxique pour l’ensemble de la population, le gouvernement projette de supprimer plus de 120 000 postes de fonctionnaires en 5 ans. Ce choix politique du gouvernement s’inscrit dans la continuité d’une logique libérale depuis les années 80, notamment sous Rocard. Alors que l’éducation et la santé constituent une priorité pour notre société, ce seront les classes populaires qui paieront le prix de ces réformes.

 

  • Dans l’éducation  : Réduction des effectifs toutes catégories confondues, soit 3600 postes qui seront supprimés dans les collèges et lycées, alors que le ministère de l’éducation estime à 40.000 les élèves supplémentaires attendu.es tous les ans. La bourgeoisie pourra toujours scolariser ses enfants dans les établissements privés, dans des écoles prestigieuses et d’élites, tandis que les familles prolétaires, inscriront leurs enfants dans des écoles surchargées, qui auront du mal à fonctionner par manque de personnel.
    Les lycées professionnels, eux, devront de plus en plus se plier à la logique conjoncturelle de l’employabilité de certains secteurs pour fournir de la chair à travail à des entreprises qui pourront financer certaines filières et donc s’imposer sur le contenu des programmes, comme cela se fait déjà dans certaines universités. L’enseignement sous le règne libéral sera de répondre aux exigences du marché du travail et non plus la possibilité pour les lycéens-lycéennes et étudiant.es de suivre des études de leur choix.

  • Dans la santé  : Les personnels des hôpitaux, des EHPAD, subissent des conditions de travail catastrophiques, ne permettant plus d’assurer un véritable service public de soin pour les patient.es et/ou résident.es. Le Lean management s’instaure dans les établissements, poussant le personnel à bout. Les dernières mobilisations des personnels de la santé, qui dénonçaient le manque de moyen (matériel, humain etc.) révèlent une fois de plus l’arrogance du gouvernement Macron face à ces problèmes, puisque le président déclarait : « notre système ne souffre pas d’un manque de moyens ». La volonté des différents gouvernements successifs est de faire de la santé un marché « juteux », cela en réduisant considérablement les budgets, pour mieux engraisser les groupes privés. Dans cette logique marchande de la santé à deux vitesses (appelée par la technocratie « l’offre de soin ») mieux vaut sortir sa carte bancaire pour se faire soigner, plutôt que sa carte vitale.

 

Un choix idéologique assumé par la classe capitaliste

 

Plus globalement, la volonté des réformateurs est de « transférer » les postes de la fonction publique au privé (comme ce fut le cas, à la poste, à France télécom et maintenant à la SNCF). La raison essentielle motivant les réformateurs et la classe capitaliste à casser le statut des fonctionnaires est qu’il ne rentre pas dans la logique financière et donc marchande :

 

  • Les fonctionnaires perçoivent un salaire à la qualification personnelle (qui peut évoluer selon les grades qui ne peut être diminué), qui le suivra tout le long de sa vie professionnelle et lors de la « retraite ». Ce salaire à la qualification personnelle est par conséquent déconnecté du marché du travail, et donc du chantage à l’employabilité comme c’est le cas dans le privé.

  • Les salarié.es du privé, perçoivent un salaire qui est rattaché à un poste de travail. De ce fait, ce salaire diffère selon les emplois occupés, le rendant de fait dépendant du marché du travail (logique capitaliste et donc marchande), au chantage à l’emploi etc.

 

Chômeur.euses, retraité.es : la chasse est ouverte

 

Les dernières lois en matière d’assurance chômage sont une fois de plus une escroquerie, en instaurant entre autre les offres d’emplois dites « raisonnables » et en multipliant les contrôles. « Il faut accepter une offre d’emploi même si ce n’est pas exactement ce qu’on veut », déclarait Macron. Alors que c’est le quotidien de millions de personnes qui actuellement n’ont pas d’autre choix pour survivre que d’accepter des emplois précaires, qui pour certains sont à temps partiels imposés.

 

Sur les retraites, une fois de plus nous aurons le droit à une énième réforme notamment sur son financement. Voir le tract que nous avons publié à ce sujet : http://www.cnt-f.org/IMG/pdf/tract_conf_unedic_2018.pdf

 

Ce scenario n’est pas une fatalité, il ne tient qu’à nous de le faire échouer.

 

La lutte collective est plus que jamais importante : le gouvernement veut aller vite ? à nous de nous mobiliser sans attendre !

 

La CNT

 

Lettre de Claire Auzias

Au sieur Yves Bichet,
auteur de
Trois enfants du tumulte,
Mercure de France, 2018.


Vous pillez nos livres, vous vous appropriez nos luttes, nos pratiques, nos extravagances, mais surtout nos rêves, des rêves dont vous n’avez pas la moindre idée. Et comment l’auriez-vous, pauvre littérateur sans estomac, quand vous pataugez dans l’obscène d’un temps où les « enfants du tumulte » sont devenus matière à vendre du papier gras et à toucher des royalties. Le Mercure rapporte, surtout quand il s’agit, en principe, de faire la charité en rendant hommage « aux bousillés, aux petites mains ». Ma main, je vous la foutrais bien sur la tronche. Il fut un temps où le duel lavait l’offense. À défaut, je m’en tiendrais aux mots. Pour être « enragée » – oui, toujours enragée ! –, on n’en a pas moins l’usage ; on sait aussi les manier. Pour le coup, ils seront sans retour. Aucun dialogue, sachez-le, n’est possible entre nous.

Par vos soins de prédateur littéraire, me voici donc contrainte de figurer, entre « Théo l’insoumis » et « Mila la rebelle », dans votre fiction-« témoignage » où, me concernant, moi et mes amis, tout fait poids de bassesse. Alors témoin, comme ça ? Mais témoin de quoi et connu de qui ? Personne ne vous a jamais vu nulle part, fantôme. Ni « au milieu du pont », là où vous situez « l’erreur », ni sur la berge, ni dans la grande dérive. Nulle part, j’insiste. Nous ne vous connaissons pas, nous ne vous avons jamais vu. Ce que vous savez de nous, vous le tenez de seconde main et
post festum. Je suis bien placée pour le savoir. De deux choses l’une, alors : où vous fictionnez tout, y compris votre néant, ou vous mentez comme un arracheur de dents. Dans les deux cas, le résultat est le même : vous n’êtes qu’un faux témoin. Rien de plus, rien de moins, et sur toute la ligne. Quand j’apparais, sous mon nom et en toutes lettres, dans l’épisode des « Tables Claudiennes » et que vous vous délectez de mes hauts faits, vous êtes quoi : romancier ou témoin ? Quand, pour faire bon poids, vous citez, sous son nom et en toutes lettres, Didier Gelineau, mon époux, vous êtes quoi : romancier ou témoin ? Quand, à votre « roman », vous rajoutez une bibliographie de huit livres, où deux de mes titres sont référencés – le cinquième attestant de votre inclinaison objective –, vous êtes quoi : romancier ou témoin ? D’un côté, « c’est un roman », dites-vous ; de l’autre, « j’ai des révélations à faire », susurrez-vous. Quelles révélations ? Où sont-elles, ces révélations ? « Je les ai connus, ces faits sont contrôlables. » Contrôlables… Langage de flic et de faux témoin.

Il fut un temps où l’on « maspérisait », voici venu celui où l’on « bichettise ». La falsification, comme l’ignorance, est sans limite. Ici, vous avez recours au pseudonyme ; là, vous faites dans « le réel », un réel de commissariat. Michel Raton, Marcel Munch, Didier Gelineau, Claire Auzias et quelques autres : des noms jetés en pâture. Votre méthode est non seulement détestable, elle est infâmante. Pas pour nous, pour vous. Vingt occurrences me concernant, cinq pour Didier, trois pour ma « petite » sœur », une kyrielle d’allégations mensongères, voire diffamatoires. Il y a du risible aussi : j’aurais volé des fringues dans les magasins de la Croix-Rousse alors qu’il n’y avait, à l’époque, aucun magasin de ce type à la Croix-Rousse et que, de surcroît, j’ai toujours été incapable de voler quoi que ce fût. Il y a du factuellement faux, encore : nos potes trimards n’ont jamais dealé de drogue. Il y a de l’ignoble, enfin, dont je tairais le détail par respect pour les morts, ces morts que, vivants, vous n’avez jamais fréquentés et que vous salissez sans honte : Michel Marsella, Jacky Orsel, Marcel Munch, Moumoutte, Bibi… Ils ne vous demanderont pas réparation. Pas plus que Marie Laffranque, Danton, Sonia. Pas plus que les enfants de ces parents que vous entachez de vos petites salissures.

Reste la question du pourquoi. Pourquoi, financé par la région Rhône-Alpes, adoubé par le Mercure de France, vous vous êtes livré, Bichet, à cet « hommage » de pervers polymorphe ? Pervers parce que vous vous faites passer en contrebande pour étant des nôtres, jusqu’à vous dire notre porte-parole. Pervers parce que, au-delà de votre sale méthode, vos intentions sont celles d’un vicelard et vos sous-entendus plus encore. Pervers parce que votre supposée défense des enfants perdus, des trimards, des paumés de l’après, ne vise qu’à les faire passer pour d’insipides crétins, parce qu’il n’est qu’une charge contre ces « gens modestes, peu cultivés pour la plupart, qui ont glissé vers la radicalisation », voire « le terrorisme ». En clair, c’est le coup de la guillotine à deux lames que vous nous faites, maniée par un humaniste de l’exécution. En cela votre pauvre prose est sûrement singulière par son vice, mais elle ne détonne pas, sur le fond, dans la lourde production anti-soixante-huitarde de ces temps conformistes.

Fils de bonne famille, vous avez beau avoir lâché vos études en médecine en quatrième année pour devenir ouvrier saisonnier, puis maçon, ça ne fait de vous qu’un déclassé recyclé dans la littérature, pas un Georges Navel. Quoi que vous insinuiez, nous ne sommes pas du même monde, et nous ne le serons jamais. Vous avez beau avoir pillé, en les détournant de leur sens, des éléments autobiographiques que j’ai moi-même livrés dans
Claire l’enragée, mon histoire vous sera toujours étrangère. Vous n’avez aucune chance de percer les mystères et les secrets de notre cour des miracles. Aucune. Trop dur pour vous. Alors vous salopez, à votre manière certes très salopeuse, mais similaire sur bien des points à celle de vos confrères en veulerie. Ce sont toujours nos ennemis qui nous dérobent nos vies pour les estropier. Comme si, fugaces anonymes, nous n’avions d’autre choix que de nous laisser martyriser jusque dans nos intimités.

Déjà nous fûmes, il y a dix ans, objets d’un jeu vidéo. Pathétique incongruité. Votre opus
Trois enfants du tumulte atteste, à sa petite place, de l’état de confusion et d’étourdissement où nous nous trouvons. Votre succès est notre mise à mort symbolique, comme si survivre était encore de trop.

Cette putain de société toute acquise à ses fureurs libérales et morbides, ce monde d’où monte le chœur des thuriféraires ahanant ses gloires abrutissantes, je les déteste. Et contrairement à ce que vous semblez croire, pauvre type, des milliers de créateurs, partout, s’inspirent de l’élan de Mai 68, un élan qui n’en finit pas de s’enrichir de nouvelles contributions, de nouvelles critiques, de nouveaux apports, de nouvelles analyses, de nouvelles interprétations sensibles. Le défi est le même : saper ce vieux monde qui, sous ses habits neufs, nous prive de tout, mais surtout de nous-mêmes.

À travers moi, Bichet, les « petites mains » – ma famille d’ombres – vous crachent à la gueule.

Claire AUZIAS-GELINEAU

Dessin de la semaine

Washington Dead Cats

Ludwig von 88

THE EX

Dieval et the propulsions

Les fleurs du mâle

Yvettes not dead

Graines de sel

Ni vu ni connu

Ni dieu ni maître,mieux d'être

                                            (Jacques Prevert)

Communiqué CNT-SO

 

Mac Do, c’est une longue histoire d’exploitation.

 

En 2017, une grève à Villefranche de Rouergue a duré six mois suite au licenciement d’un salarié. Là aussi un franchisé est à la manœuvre. Mais la patte managériale Mac Do est dans l’ombre.
Aujourd’hui aux États-Unis, de nombreux cadres de Mac Do sont accusés de pratiquer le harcèlement sexuel comme méthode de management.
À Marseille, le conflit a démarré avec la vente de six enseignes de la région à un repreneur, Mohammed Abassi, qui en possède déjà huit. Ses méthodes : intimidation et vigiles avec pour objectif la liquidation du Mac Do de St Barthélémy, considéré comme un véritable bastion.

 

Un patron ça licencie énormément ! Ça cogne aussi !

 

Grèves, occupations et manifestations sont le quotidien des salarié.e.s de Mac Do depuis cinq mois. Leur combat tenace a permis de gagner aussi au tribunal. La cession du Mac Do de St Barthélémy a été annulée en septembre.
Cependant, jamais à Marseille chez Mac Do le niveau de violence n’a été aussi haut. _ Au Mac Do Chave une représentante syndicale est harcelée par sa hiérarchie qui enchaine les mesures vexatoires à son encontre, elle a même été victime d’une agression ayant entrainée une ITT de 3 jours ! Et ce n’est pas un cas isolé ! du Mac Do de Félix Barret à celui de Grand Littoral, les représentants syndicaux sont harcelés, intimidés et poussés vers la porte. Placardisation, agressions verbales, agressions physiques, arme braquée sur la tête sont les méthodes utilisées contre les salarié.e.s
Face à l’escroquerie patronale et à sa violence, l’action solidaire s’est exprimée le 9 octobre, lors de la manif intersyndicale, par l’intervention devant (et dans) 3 Mac Do, salarié(e)s Mac Do et manifestant(e)s solidaires de leur lutte côte à côte. Cette action solidaire doit se poursuivre, s’amplifier et devenir notre arme.

 

- Rendez vous 16 octobre au Mac do Chave à 18 heures 30

 

- Rendez-vous jeudi 18 octobre devant le TGI de Marseille à 10h rassemblement de soutien pour gagner l’annulation de la vente des 5 autres restaurants

 

Pour suivre la lutte des Mac Do, une page Facebook : « Christian Buisson ».

 

Caisse de grève en ligne : https://www.leetchi.com/c/tous-ensemble-du13014

 

Premiers signataires : ATTAC Marseille, CNT-SO, CNT-STICS, LDH Marseille, NPA, Mouvement de la paix, PG, UNEF Aix-Marseille, UNL, Union syndicale Solidaires 13

 

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Lutte des MacDo Marseille : un peu d’historique

 

Cinq mois de lutte :

 

Les salarié.e.s de 6 restaurants Mac Donald de Marseille et environ (Sainte Marthe/ St Barthélémy, Plan de Campagne, Blancarde/Jarret, Grand Littoral, Vitrolles, Saint Victoret) sont en lutte depuis plus de cinq mois.
Ces Mac Do sont franchisés, comme beaucoup d’autres. Ils refusent la vente de leurs franchises à un nouveau repreneur, vente qui va entre autres remettre en cause leurs acquis sociaux (si tant est que l’on puisse parler d’acquis sociaux importants en ce qui concerne les conditions de travail chez Mac Do), leur emploi (avec des suppressions d’emploi à la clé) et leurs droits syndicaux (les représentants syndicaux étant les premiers dans le collimateur).

 

Le soutien :

 

Les organisations syndicales ayant des représentants chez les salarié.e.s concerné.e.s les ont soutenus, ainsi que plusieurs élu.e.s ou associations des quartiers voisins. Des militants nationaux sont à plusieurs reprises venus à Ste Marthe pour rencontrer les Mac Do, participer aux rassemblements et audiences en justice. Un comité de soutien à été crée, il mène des actions avec les salariés comme lors de la journée de grève et de manifestation du 9 octobre dernier. Ils ont également reçus des soutiens de Mac Do à l’étranger (USA, Grande Bretagne, ...) qui leur ont fait chaud au cœur.

 

La justice :

 

Le Mac Do du rond point de Sainte Marthe (Saint Barthélémy) est un cas particulier, puisqu’il était question, dans les plans de la direction et du repreneur, de le transformer en resto rapide « asiatique ». Or ce Mac Do joue, peut-être plus qu’ailleurs, un rôle de pôle de rencontre important dans ce quartier, dit « défavorisé ». En plus de la défense des salarié.e.s, son maintien a un rôle social.
C’est la raison qui fait qu’un référé en justice a été déposé concernant la vente spécifiquement de St Barth/Ste Marthe, par l’avocat des salarié.e.s.

 

La lutte continue :

 

Si, début septembre, la décision du Tribunal de Grande Instance de Marseille a été de déclarer illégale la vente de St Barthélémy, ce n’est qu’ une première victoire : les 5 autres restaurants sont toujours sous la menace d’une vente sauvage, qui aboutirait à un plan social et à une régression des droits des salarié.e.s restant.e.s.

 

La lutte continue donc pour l’ensemble des salarié.e.s des 6 restaurants. La solidarité avec elles et eux doit s’étendre, elle est de plus en plus nécessaire quand on voit le mépris des décideurs Mac Do, et les méthodes excessivement violentes utilisées par le potentiel repreneur contre les salarié.e.s.
Plus que jamais renforçons la solidarité autour des Mac Do en lutte !

 



 

NEMO partie 1

 

CAPITALISME ET DESTRUCTION

 

Bien des auteurs ont déjà disserté sur l'histoire de l'homme est son combat contre la nature (1). L'être humain, fragile mais intelligent se serait prémuni contre un environnement qui lui était a priori hostile. Cette opposition s'est radicalisée avec le développement du capitalisme.

 



 

Certes aucun projet préconçue d'anéantissement n'a existé. Et l'idée s'imposait que la destruction de la nature serait toujours rééquilibrée grâce à de nouvelles découvertes elles-mêmes suscitées par le moteur que représentait la recherche d'un profit indispensable.

 

Renouvelables ou non renouvelables ?

 

On attribue, dès la préhistoire, la disparition de certaines espèces animales, à la main de l'homme. Cependant on a aussi constaté, dans les sociétés dites « primitives » (2) une volonté de préservation du milieu qui, liée à des croyances religieuses, s'est traduit par un respect de la nature.

 

La conception du capitalisme qui s'affirme au XIXe siècle, est doublée d'une vision de progrès inéluctable compensant la destruction du milieu et les génocides. Ainsi très rapidement, la végétation et la faune endogènes d'Amérique du nord disparurent avec l'arrivée des colons européens. Quant à la tragédie des peuples amérindiens elle est aujourd'hui assez connue et indéniable.

 

Peu importait que le bison disparaisse puisqu'il fallait de l'espace pour la culture industrielle des céréales et l'élevage du bétail.

 

Dès les années 1930, on constatait néanmoins l'épuisement des terres nord-américaines ainsi exploitées. Ce qui engendra non pas une remise en question mais tout au contraire le développement d'une industrie chimique destinée à « améliorer » les rendements. Ainsi s'affirmait encore mieux cette tendance mortifère à la destruction. En prétendant conjurer le mal on l'aggravait.

 

 

 

Le marché de l'écologie

 

Et « l'écologie », nouveau champ politique émergeant dès la fin des années 1970 , apparut pour beaucoup un marché juteux qui faisait dire à certains industriels allemands que lorsque « les Français évoquent l'écologie, ils plantent un arbre alors que les Allemands créent une industrie », comme Ecosia, par exemple. Même si, depuis, les capacités d'investissement ont faibli, les pays de l'ancien bloc soviétique, ont représenté effectivement fin 1980, par le caractère vétuste de leurs infrastructures industrielles, un marché de recyclage alléchant.

 

Une nouvelle antienne sema ensuite l'inquiétude : l'épuisement des ressources pétrolières. On n'en avait plus que pour quelques années et ensuite c'était plié !... La bicyclette, fantasme maoïste, n'allait-elle pas redevenir la petite reine ?... Pour le coup le progrès technique vint effectivement au secours du système en désarroi : exploitation des gaz de schistes, perfectionnement des capacités d'exploitation, nouveaux champs désormais exploitables.

 

On n'en parle plus.

 

Et Nono peut continuer de faire le plein même s'il doit payer plein pot, même s'il sait qu'il est assis sur le tonneau d'explosifs que représente la catastrophe climatique annoncée. Pour le coup c'est la consommation de carburant, d'énergie, les pêts des vaches destinées à la consommation de viande, qui accentuent l'irrémédiable destruction de la planète.

 

Pourtant la réunion de la COP 21 avait semblé prometteuse, suscitée même l'enthousiasme.

 

Mais face à l'opposition des Etats-Unis à ces accords, où en sont, par exemple, les investissements promis dans l'exploitation de « nouvelles énergies»?

 

 

 

L'organisation de la destruction.

 

Le capitalisme ne peut vivre sans gaspillage. Que deviendraient les compagnies d'électricité si, soudainement, les consommateurs trouvaient le moyen de s'en passer, ou plus simplement, consommaient moins ? Et quid des éleveurs de bovins si l'on consommait moins de lait et plus de viande du tout. Ne faut-il donc pas soutenir les marchés quitte à produire de l'inutile ou du néfaste condamné à la poubelle à plus ou moins long terme ? C'est même encore mieux pour le système, assuré par la destruction promise, d'une continuité de la production.

 

Régulièrement on découvre, mis en vente, des produits, notamment carnés, qui sont contaminés ou jugés impropre à la consommation, provoquant avec toujours plus d'acuité des remises en question. Le capitalisme par la prééminence de la recherche du profit, promet des monceaux de déchets et la mort.

 

Mais comment organiser cette destruction indispensable ?

 

 

 

L'obsolescence programmée.

 

Depuis longtemps on sait que les industriels gardent à l'idée que ce qu'ils produisent se doit d'avoir une durée de vie limitée. Cependant cela reste un calcul risqué car la concurrence peut toujours faire valoir une fiabilité plus grande. Ainsi l'industrie allemande vit sur cette réputation de savoir-faire, de qualité et de durabilité. Ce qui permet de garder et d'étendre le marché, tout en vendant plus cher que ce que l'on trouve ailleurs.

 

Comme dans un jeu de bonneteau auquel peut être comparé aujourd'hui le jeu financier, il convient de trouver ce qui, compte tenu du rapport qualité prix, est le plus rentable. La durée d'un produit, d'une valeur en Bourse, si elle peut être évaluée (3) corrige dans la durée, même limitée, sa moindre qualité, sa fiabilité douteuse.

 

Les marchés issus des progrès technologiques doivent désormais compter dans leurs rangs la Chine, qui ne se contente  pas de rester simplement « l'atelier du monde ». Par cette montée en puissance, en qualité et en efficience, la Chine devient un redoutable concurrent pour une production qui était jusqu'ici l'apanage de pays occidentaux.

 

A l'obsolescence programmée, les écologistes opposent une idéologie de durabilité et de recyclage raisonné....

 

 

 

Contradictions de « l'écologie durable »

 

La vision des écologistes parait raisonnable. Il faut produire moins, autrement, tout en parvenant à satisfaire les besoins. Moins de gaspillage, du recyclage, de l'énergie moins cher et moins polluante...

 

Mais c'est justement là où le bât blesse dans le système tel qu'il est. La recherche du moindre coût, du recyclage, contrecarre radicalement l'idéologie capitaliste basée sur l'expansion permanente de la production, la destruction et le gaspillage. Que deviendraient tous ces marchands de gadgets si ces derniers devenaient vraiment utiles et durables ? Le fabricants de portables sophistiqués craint en effet la réaction du consommateur, blasé, gardant son vieil appareil qu'il peut donner à réparer... Certains fabriquent à la maison leurs détergents prétendumment « écologiques », d'autres encore plus nombreux, achètent leurs fruits et légumes dans des amaps... On parle de plus en plus de covoiturage, de voitures électriques... Mais que vont devenir nos émirs dont le principal revenu est le pétrole (4) ?

 

On perçoit vite que les conceptions écologistes entrainent sans rémission, dans une l'économie capitaliste, une baisse radicale des profits. Hormis quelques naïfs bien utiles, servant de paillasson, que l'on expose sous les feux de la rampe et des médias, comme Nicolas Hulot, la plupart de ceux qui veulent vraiment s'informer, savent cela.

 

Mais qu'importe nous disent les écologistes les plus radicaux. Que ce système s'effondre sous les coups de la Raison et tout le monde ne s'en sentirait-il pas mieux ? Sauf que, bien évidemment, ledit système, les intérêts qu'il soutend, reste prédateur, bien décidé, lui, à ne pas se laisser détruire quitte à renverser la table...à bouleverser la planète.

 

Notes

 

1. On peut citer « Capital contre nature » de Michael Löwy et Jean-Marie Harribey (2003).

 

Et, bien qu'adeptes du développement à tout crin des forces productives, citons aussi Marx, et son camarade Engels :

 

[…] tout progrès de l’agriculture capitaliste est non seulement un progrès dans l’art de piller le travailleur, mais aussi dans l’art de piller le sol; tout progrès dans l’accroissement de sa fertilité pour un laps de temps donné est en même temps un progrès de la ruine des sources durables de cette fertilité. […] Si bien que la production capitaliste ne développe la technique et la combinaison du procès de production social qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse : la terre et le travailleur.

 

Le Capital,livre I, Éditions sociales, 1982, p. 565-567. Edition et traduction de Jean-Pierre Lefebvre.

 

[…] ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature. Elle se venge sur nous de chacune d’elles. […] Les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger comme quelqu’un qui est en dehors de la nature, mais que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que nous sommes dans son sein et toute notre domination sur elle réside dans l'avantage que nous avons sur l’ensemble des autres créatures de connaître ses lois et à pouvoir nous en servir judicieusement. […] depuis les énormes progrès de la science de la nature au cours de ce siècle, nous sommes de plus en plus à même de connaître aussi les conséquences naturelles lointaines, tout au moins de nos actions les plus courantes dans le domaine de la production, et, par suite, d’apprendre à les maîtriser. Mais plus il en sera ainsi, plus les hommes non seulement sentiront, mais sauront à nouveau qu’ils ne font qu’un avec la nature, et plus deviendra impossible cette idée absurde et contre nature d’une opposition entre l’esprit et la matière, l’homme et la nature, l’âme et le corps, idée qui s’est répandue en Europe depuis le déclin de l’antiquité classique et qui a connu avec le christianisme son développement le plus élevé.

 

Engels, La dialectique de la nature, Éditions Sociales, Paris, 1977, p. 180-181. Traduction d’Émile Bottigelli.

 

2. Les sociétés que l'on a qualifiées de « primitives » sont en fait des sociétés qui n'ont pas connu le capitalisme.

 

3. L'usage d'alogaritmes tel qu'il a pu être mis en usage par des gens comme Robert Mercer, conseiller de Trump, permet aujourd'hui, dans le temps, des évaluations apparemment de plus en plus fiables.... et des manipulations sophistiquées !

 

4. Le recyclage de l'économie des pays pétroliers s'effectue tout en restant néanmoins tributaires de la manne pétrolières