Journal d'Infos et Culture Libertaire,

se veut dans la continuité des fanzines, de la scène alternative et du cinéma indépendant autogéré. Il est dans la mouvance anartiste et anarcho-surréaliste.

EDITO:

 

Les palaces n’aiment pas les sections syndicales. Surtout depuis la grève victorieuse des salarié-e-s de Park Hyatt Vendôme qui avait duré trois mois à la fin de l’année dernière. Aujourd’hui c’est la Direction de l’hôtel Concorde Montparnasse qui s’acharne contre un de ses employés : Mamadou SISSOKHO. Son tort : avoir fait adhérer plusieurs salariés de l’hôtel à la CGT-HPE (Hôtels de Prestige et Economiques), et vouloir présenter une liste CGT-HPE aux prochaines élections d’entreprise. Réaction de la Direction : Mamadou a été immédiatement convoqué à un entretien préalable à licenciement. Un rassemblement de soutien ayant été annoncé, la Direction a annulé par un premier courrier cette procédure. Mais un second courrier adressé à Mamadou confirmait finalement une convocation à entretien préalable à licenciement.
La mobilisation s’organise, et en cas de refus de la Direction d’annuler la procédure de licenciement, la CGT-HPE portera plainte au pénal pour discrimination syndicale. Mais le plus efficace sera d’y adjoindre la solidarité des travailleurs de la branche hôtelière (et pas que).
La liberté de créer une section syndicale et le droit d’y adhérer ne se négocient pas, il s’agit d’acquis obtenus par les combats de la classe ouvrière. Pas question de les laisser remettre en cause par une quelconque Direction affolée à l’idée de voir une section syndicale s’implanter dans ses murs, fussent-ils ceux d’un palace.
Affaire à suivre et soutien total à Mamadou SISSOKHO !

Ramón Pino
Groupe anarchiste Salvador-Seguí

 

Doc france culture

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Colonies libertaire doc FRANCE CULTURE

Marius Jacob france culture

Culture:

 

« VIVRE L'ANARCHIE » film documentaire de Michel Mathurin

 

Au tournant du XXe siècle, le mouvement anarchiste, en plein essor, influence maints aspects de la vie sociale : syndicalisme, mutuellisme, écologie, végétarisme... La société dominante, bourgeoise, le combat sans merci. Certains anarchistes, lassés d'attendre le « Grand Soir », décident de se lancer, de vivre selon leurs principes. Ils vont donc s'organiser en communautés, en milieux libres, tels qu'ils s'appellent alors, généralement en milieu rural, souvent ouvertes sur des activités « extérieures » en relation avec les populations locales : imprimerie de journaux, de publications, écoles nouvelles, propagande syndicale...

 

Michel Mathurin, cinéaste, réalisateur, auteur de plusieurs films docu-fiction comme "hors les lois et la servitude" sur Marius Jacob , ou  "Y'en a pas un sur cent" puis "et pourtant, ils existent" »,sur le syndicalisme d'action directe, nous fait revivre ici, avec l'aide d'historiens comme Michel Antony, cet épisode de passion, ce rêve de société nouvelle que l'on a cherché à concrétiser. Cet œuvre cinématographique devient un témoignage historique rare pour comprendre les voies, les analyses, qui parcouraient le mouvement ouvrier et ce jusqu'à aujourd'hui. Car le rêve communautaire, libertaire, ressurgissant après mai 1968, ne s'est pas éteint : cet idéal d'une vie collective laissant sa place à l'individu est trop ancré chez chacun de nous pour que ces tentatives ne ressucitent pas régulièrement.

 

Des séquences font revivre des moments de cette vie communautaire où sont débattus de grandes questions. Le réalisateur a fait appel à ses fidèles acteurs de toujours, ceux qui apparaissent déjà dans ses films pécédents. Nous ne pouvons les citer tous. Mentionnons Sophie Boureau, Micha Debronde et Michel Mathurin lui-même qui apparaît dans certaines scènes.

 

La durée de vie de la plupart de ces communautés du début du XXe siècle ne dépassa guère en moyenne quelques années.

 

Les grands penseurs de l'anarchisme d'alors, comme Elisée Reclus ou Pierre Kropotkine, avaient mis en garde les partisans des communautés, expliquant, contrairement à Proudhon que toute tentative « communiste » à l'intérieur de la société était vouée à l'échec, combattue, étouffée par celle-ci, condamnée à s'y intéger ou à disparaître. Ce n'était qu'à travers la destruction de la société capitaliste que l'on pouvait espérer construire un monde nouveau.

 

N'empêche. En attendant le Grand Soir, il faut bien vivre – ou plutôt survivre – le mieux possible. Certains se construisent ainsi des cabanes sur des ronds-points pour se retrouver en Gilets Jaunes dans une convivialité tant recherchée...

NEMO

 

 

 

« VIVRE L'ANARCHIE » de Michel Mathurin , en DVD (2 disques), 20 euros (frais de port compris) à commander à : Atelier du Soir, Le Milhon, 32140 Masseube.

 

Contacts CNT Amazon

 

Travailleurs & travailleuses d’Amazon, contacte la CNT près de chez toi :

 

  • LIL1 – Lauwin Planque (59) stis59@cnt-f.org

  • BVA1 – Boves (80) cnt-ste80@riseup.net

  • Siège social – Clichy (92) presse.rp@cnt-f.org

  • ORY1 – Saran (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • XFRG – Artenay (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • LYS1 – Chalon-sur-Saône (71) interco71@cnt-f.org

  • XFRE − Satolas et Bonce (69) ud69@cnt-f.org

  • MRS1 – Montélimar (26) stp26@cnt-f.org

Communiqué Fédération Anarchiste

 

Au lendemain du 1er mai, un compagnon anarchiste a été violemment attaqué à coups de couteau au siège du Monde Libertaire, de Radio Libertaire, et des Éditions du Monde Libertaire dans la librairie Publico (Paris XIème).
Une enquête pour tentative de meurtre est en cours.

Cette librairie est clairement identifiée comme un lieu culturel anarchiste. C’est un endroit où l’on peut trouver des ouvrages, des écrits, de la presse, des musiques, des films différents et engagés. Ce lieu permet aussi des rencontres, des expressions, des projets libres, alternatifs. En somme un espace militant au service des luttes sociales, un porte-voix autant national qu’international de l’expression du mouvement libertaire et au delà.

Ce lieu ouvert enrichit la pensée, l’expression, la diffusion, la communication des valeurs pour l’émancipation, pour la dignité humaine, l’information libre, réelle et partagée.

C’est dans un contexte de violences publiques contre la liberté d’expression, un contexte de lutte et de mise en lumière plus forte des idées libertaires et de résistance à toute forme de soumission et d’obscurantisme, que cet acte odieux s’est produit.

C’est en faisant face ensemble pour affirmer notre présence et nos valeurs que nous les ferons progresser, dans le respect de notre diversité mais dans l’unité face à ceux qui veulent nous faire taire.

« La liberté est toujours la liberté de penser autrement. »
Rosa Luxemburg

Plus que jamais conscients de cette absolue nécessité, nous manifestons notre
soutien et notre solidarité avec la librairie Publico et le compagnon agressé.

Le chemin vers la Liberté ne nous autorise pas à renoncer.
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Premières signataires (Organisations, Collectifs, Groupes, Individus) :

La Fédération Anarchiste
Alternative Libertaire
la CGA - Coordination des Groupes Anarchistes
Le Comité de Vigilance Antifasciste66
La Coopérative Politique Ecologie sociale
L’Association internationale de la Libre Pensée
La Fédération Nationale de la Libre Pensée
La Fédération des Comités Syndicalistes Révolutionnaires CSR
Malik Salemkour, Pt de la Ligue des Droits de l’Homme
La Confédération Nationale du Travail CNT
L’Union Départementale CGT de Paris
L’Union Syndicale Solidaires
Yves VEYRIER - SG de la Conf. CGT FORCE OUVRIERE
Les compas de l’Atelier libertaire de La Havane
Femmes libres - Radio libertaire
Circolo « Carlo Vanza » - Bibli. anarchiste Bellinzona, Suisse
Les Culottés du Bocal
Les Éditions Libertaires
Editions Libertalia
Émancipation
Genepi
Gr. libertaire Jules Durand,
Quilombo - la librairie
Respublica
Rue des Cascades – Maisons d’Editions
La Révolution prolétarienne - revue
Voce Libertaria - périodique anarchiste, Suisse Italienne
Philippe Aubert de Molay - scénariste
Didier Bonneton - syndicaliste bourg en bresse 01
Christophe Chiclet - historien, journaliste, membre du Comité de rédaction de Confluences Méditerranée
Eric B. Coulaud - Ephéméride Anarchiste et Cartoliste
Didier DAENINCKX - écrivain
Jesse S Cohn
Josiane et Didier DETTORI-CABOT - Pts enf. de Giovanni
Antioco DETTORI Anarchiste Sarde Mort à Teruel 1937 (Brigade DURRUTI)
Nicolas Eprendre - réalisateur documentariste
Monica Cerutti Giorgi - Bellinzona, Suisse Italienne
Ernest Pignon-Ernest - artiste
Jean-Jacques GANDINI - VP et coordonnateur Légal Team
section Montpellier
Philippe GUILLONNEAU - CNT SSCT RP
Pierre Lemaitre - écrivain
Gérard Mordillat - écrivain, cinéaste
Jacques Pater - acteur
Jérôme Prieur - Ecrivain, cinéaste
Tancrède Ramonet - réalisateur
Pierre-Yves Ruff - Écrivain, éditeur et conférencier Théolib,
François Vantrou - assistant réalisateur
Yannis YOULOUNTAS – réalisateur

 Michel Mathurin-réalisateur

Contact : administration-publico@sfr.fr

Contact : administration-publico@sfr.fr

 

 

 

Communiqué CNT-SO

 

Les femmes de chambre sous-traitées par ELIOR au NH Collection Marseille, hôtel 4 étoiles propriété du groupe NH Hotel, sont en grève depuis le 11 avril contre le système d’exploitation de la sous-traitance.

 

La direction d’ELIOR refuse toujours de négocier avec la CNT-Solidarité Ouvrière, l’organisation syndicale des grévistes. La seule réponse est la criminalisation ! Malgré le rejet par la justice de la demande du sous-traitant de faire expulser le piquet de grève, la Police agit arbitrairement au service des intérêts privés. Les grévistes et leurs soutiens sont harcelé-e-s quotidiennement (intimidations et menaces, contrôles d’identité, cordon policier devant l’hôtel, convocations au commissariat...), dans le seul but de faire cesser le piquet de grève. Par son silence, le groupe NH est complice de ces pratiques anti-syndicales.

 

Cette lutte est exemplaire pour le respect des droits des travailleuses et travailleurs et des salaires dignes, contre l’exploitation de ces des boites internationales. NH Hôtel c’est 1 623 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2018. ELIOR c’est 6 694 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2018 !

 

Ils peuvent satisfaire les revendications des grévistes : paiement de toutes les heures de travail non-payées ; versement des indemnités repas et transport ; remboursement des retenues sur salaires abusives ; versement d’une prime exceptionnelle en compensation du préjudice ; augmentation des qualifications dans la grille de salaire conventionnelle ; majoration du dimanche à 50% ; 13° mois ; organisation du travail respectueuse de la vie privée.

 

Le groupe NH doit cesser de se cacher derrière ses sous-traitants et prendre ses responsabilités sociales en menant des négociations directes avec les grévistes et leur syndicat. C’est le travail des femmes de chambre et équipiers-ères, cœur de métier de l’hôtellerie, qui remplit ses caisses, il est temps que le fruit de leur travail leur revienne !

 

Le système d’exploitation de la sous-traitance ça suffit !

 

CGA et AL

Dessin de la semaine

Les fleurs du mâle

Ni dieu ni maître,mieux d'être

                                            (Jacques Prevert)

Communiqué d'Alternative Libertaire

 

Alors que les idées d’extrême droite tendent à gagner de l’influence dans la société et sont de plus en plus reprises par la quasi-totalité des partis institutionnels, une analyse critique de la stratégie des « groupes antifa » semble aujourd’hui nécessaire.

 

Avec la décrue numérique et la perte d’influence des organisations traditionnelles du mouvement ouvrier lors des dernières décennies, on peut constater depuis plusieurs années un flou stratégique autour du combat antifasciste, exercé par de moins en moins de personnes et tendant à reproduire actions et évènements plus par habitude qu’en imaginant une construction pertinente de l’antifascisme auprès des masses.

 

S’il ne s’agit pas ici d’aller à l’encontre de ce qui se réalise auprès des groupes antifas spécifiques (concerts, bars militants, blogs de veille et d’informations), on peut estimer qu’existe une tendance à l’entre-soi  : certains groupes priorisent l’organisation d’évènements culturels autour de concerts et de looks «  antifa  » stéréotypés axés sur la démarche de «  ressusciter  » la tradition d’un ancien groupe communautaire (skinheads antifascistes) tendant à renforcer le côté affinitaire et minorisant du milieu, en ne permettant pas à celles et ceux qui sont éloignés de cette culture d’y avoir leur place.

 

Pour des campagnes unitaires du mouvement social

 

Par ailleurs, existe une tendance importante à déléguer aux groupes antifas spécifiques l’antifascisme de terrain, réservant au final à un petit nombre de personnes la veille sur l’extrême droite, les actions coups de poing contre les fascistes et l’information auprès de la population. Cette dernière est parfois très peu réalisée et on se retrouve dans des situations où les actions antifascistes sont très déconnectées des préoccupations de la population, qui reste malheureusement dubitative sur ces actions.

 

Le fait qu’une part non négligeable des militant.es antifa ne soit pas partie prenante d’autres structures de luttes (syndicats, écologie, antipatriarcat…) n’est pas pour arranger cette situation.

 

Si la diversité du mouvement social (syndicats de lutte, associations et collectifs de lutte) prenait beaucoup plus en charge le combat antifasciste, il serait possible d’envisager un renouveau de celui-ci  : dans un contexte de poussée réactionnaire partout en Europe, il est urgent que la résistance à celle-ci s’ancre dans les masses et surtout soit comprise par celles-ci. Un antifascisme populaire du XXIe siècle ne devrait-il pas notamment passer par la solidarité concrète auprès des réfugié.es ainsi que par la construction de luttes à grande échelle pour faire tomber les mesures gouvernementales racistes  ? Enfin, il est nécessaire de populariser massivement nos arguments de déconstruction des discours haineux à l’égard de boucs-émissaires, et cela peut passer par des campagnes unitaires du mouvement social et politique antilibéral, afin d’ancrer l’idée que résistances aux politiques libérales et antifascisme vont de pair. C’est ainsi que nous pourrons contrer l’idée générale, très médiatique mais ancrée dans une bonne partie de la population, que fascistes et «  antifas  » se vaudraient.

 

Ayla (AL Toulouse)

 

 

 

AL et CGA

À toutes celles et ceux qui veulent bâtir une autre société

 

En juin se tiendra le congrès fondateur d’une nouvelle organisation communiste libertaire. Elle sera ouverte à toutes celles et ceux qui en ont assez du capitalisme, des inégalités sociales, racistes et sexistes, et qui pensent qu’il faut rompre avec les institutions politiques actuelles.

 

Depuis le 17 novembre 2018, le mouvement des gilets jaunes est venu briser la vitrine du macronisme. En participant massivement aux manifestations, les travailleurs et les travailleuses sont venues rappeler que la lutte des classes était plus que jamais à l’ordre du jour.

 

La colère qui a commencé à s’exprimer et qui continue de bouillir est légitime. Elle est dirigée tout d’abord contre Macron et son gouvernement, qui appliquent sans complexe la loi des patrons et vont encore plus loin que les gouvernements précédents dans la destruction des droits sociaux.

 

 

Le « nouveau monde » qu’ils nous promettent est un monde taillé sur mesure pour celles et ceux qui possèdent les richesses.

 

L’extrême droite essaie de récupérer cette colère mais, ce que nous voulons, c’est une société plus juste, plus égalitaire, plus solidaire.

 

La société que l’extrême droite voudrait nous préparer, c’est une société cadenassée, verrouillée, militarisée.

 

Une société qui matraque les manifestant·es, donne carte blanche aux forces de répression pour faire régner la terreur, et qui n’hésite pas à laisser mourir les migrant·es cherchant à fuir les guerres et la misère.

 

La colère que nous voulons porter, c’est aussi celle des manifestant·es qui descendent dans la rue lors des marches pour le climat. Parce que nous ne pouvons pas supporter de voir des écosystèmes s’effondrer sous la pression de l’agriculture industrielle, parce que nous ne pouvons pas supporter de voir les capitalistes continuer leur course au profit alors que l’effondrement climatique se rapproche. La croissance infinie que le capitalisme impose au monde entier est une illusion, qui se perpétue au prix d’une dégradation de plus en plus rapide de l’environnement et de notre santé.

 

Si nous les laissons faire, la planète que les capitalistes nous laisseront, c’est une planète rendue invivable pour la majorité de la population mondiale.

 

Une planète dévastée par les catastrophes naturelles et souillée par les déchets du productivisme.

 

La moitié de l’humanité subit encore quotidiennement une violente domination en raison de son genre.

 

Quelques jours après le 8 mars, nous ne pouvons pas l’oublier. C’est pourquoi notre combat est aussi dirigé contre le patriarcat, contre les violences sexistes partout où nous vivons, à la maison, au travail, dans nos cercles sociaux, dans la rue.

 

Les luttes à mener sont nombreuses et, face à ces enjeux gigantesques, nous avons conscience que la dispersion des forces militantes est bien ridicule. C’est pourquoi les militants et militantes d’Alternative libertaire (AL) et de la Coordination des groupes anarchistes (CGA) ont fait le choix de s’unir pour donner plus de visibilité au courant communiste libertaire.

 

Si nous voulons nous rassembler aujourd’hui, c’est parce que nos luttes sont les mêmes.

 

Anticapitalistes, nous n’en pouvons plus de ce monde où certains profitent du travail des autres pour s’enrichir. Nous défendons un projet de société qui repose sur la mise en commun de tout ce qui sert à produire des richesses et sur le partage du travail entre toutes et tous, dans une société libérée de la loi des patrons. Nous voulons construire l’égalité politique, économique et sociale : de chacun·e selon ses moyens, à chacun·e selon ses besoins. Sur les lieux de travail et partout dans la société, nous pensons que le syndicalisme est encore aujourd’hui la meilleure arme pour résister à la loi des patrons et pour unir les travailleurs et les travailleuses dans des luttes communes.

 

Antiracistes, nous ne nous arrêtons pas à la dénonciation des préjugés : nous disons aussi que le racisme est inscrit dans des lois, des codes, des rapports de pouvoir qui renforcent les inégalités et permettent à certains de défendre leurs intérêts. Face aux enjeux sociaux et économiques, les idéologies racistes sont des écrans de fumée qui protègent les intérêts des possédants en « divisant pour mieux régner », en montant les oppriméEs les unEs contre les autres.

 

Féministes, nous voulons détruire le patriarcat, qui repose sur l’exploitation des femmes par les hommes. Notre combat sur ce terrain est global : il s’oppose aux positions réactionnaires sur les personnes LGBTI, il porte sur l’exploitation du travail des femmes, l’exploitation domestique et le système de violences machistes. Il dénonce la marchandisation et l’appropriation des corps. Il rejette les stigmatisations racistes.

 

Écologistes, nous dénonçons la course aveugle au profit du capitalisme et nous pensons que tout projet de société doit prendre en compte à la fois les besoins de la population et les ressources naturelles limitées.

 

Aujourd’hui, nous voulons construire une nouvelle organisation politique autour de ce projet de société, que nous appelons le communisme libertaire. Et pour construire une société réellement gérée par toutes et tous, nous pensons qu’il faut remettre en cause les organisations hiérarchiques, au premier plan desquelles l’État.

 

Nous ne cherchons donc pas à prendre le pouvoir d’État en participant aux élections.

 

Nous cherchons, par en bas, à construire une société fondée sur la démocratie directe, par l’autogestion et le fédéralisme, qui apporte une réponse aux problèmes de la représentation politique. Entretenir des réseaux qui ne durent pas, avec des personnes qui se connaissent déjà, ne suffit pas. C’est au quotidien, sur le long terme qu’on fera progresser nos idées.

 

L’organisation dont nous voulons poser les bases sera tournée vers les travailleuses, les travailleurs et la jeunesse.

 

Elle sera largement ouverte, permettant à chacun et à chacune de participer aux prises de décision et de s’impliquer à la hauteur de sa disponibilité. Elle s’efforcera, en son sein, de contrecarrer les rapports de domination, en fonctionnant autant que possible à l’image de la société future que nous voulons bâtir.

 

Nous appelons dès maintenant toutes celles et ceux que ce projet intéresse à rejoindre Alternative libertaire ou la CGA afin de construire ensemble cette nouvelle organisation communiste libertaire.

 

Alternative libertaire,
Coordination des groupes anarchistes,
25 mars 2019

 

 

PARLONS-EN ENSEMBLE

 

  • à LORIENT le jeudi 2 mai à partir de 20 heures à la cité Allende, 12 Rue Jean-Baptiste Colbert

  • à POITIERS mardi 7 mai, à 19 heures au local La Grotte, 43 rue de la Croix-Rouge, à Poitiers.

  • à MONTREUIL le vendredi 10 mai à 20 heures, à la librairie Libertalia, 12, rue Marcelin-Berthelot (métro Croix-de-Chavaux)

  • à ANGERS le jeudi 16 mai à 20 heures, à l’Étincelle, 56 boulevard du Doyenné.

  • à MONTPELLIER le jeudi 16 mai au Barricade, 14 rue Aristide-Ollivier à 19h30

  • à RENNES le vendredi 17 mai à 19 heures, au bar La Bascule, 2 rue de La Bascule

  • à MONTPELLIER le samedi 18 mai à 19h30, à la Mauvaise réputation, 20 rue Terral

  • à PARIS le mardi 21 mai à 20 heures, au Lieu-Dit,6, rue Sorbier (métro Gambetta)

  • à SAINT-DENIS le jeudi 23 mai à 20 heures, au Pavillon, 54, rue Gabriel-Péri (métro Porte-de-Paris)

 

 

 

 

 

 


La création d’une nouvelle organisation communiste libertaire, ce n’est pas rien. Surtout quand il s’agit à deux organisations politiques de fusionner pour créer une nouvelle entité capable de prendre le meilleur dans l’organisation et les pratiques militantes de chacun, sans renier son passé ni son histoire. Retour sur plusieurs mois intenses d’échanges et de création.

 

Alternative libertaire (AL) et la Coordination des groupes anarchistes (CGA) ont entamé depuis plus d’un an un processus qui doit aboutir en juin 2019 à la création d’une nouvelle organisation regroupant les communistes libertaires.

 

Premiers contacts

 

C’est en décembre 2017 qu’Alternative libertaire a reçu, un message de la CGA nous proposant une rencontre. Alternative libertaire a bien entendu répondu favorablement à cette proposition : nous sommes toujours favorables à des discussions avec les révolutionnaires et libertaires. Si les liens locaux entre AL et la CGA ont toujours existé dans les villes où les deux organisations sont présentes, à l’échelle fédérale nous n’avions plus pris le temps d’échanger « officiellement » depuis 2012. AL a donc préparé cette rencontre avec un soin particulier, d’autant plus que nous connaissions notre proximité sur de nombreux aspects avec nos camarades.

 

La CGA tirait alors un bilan négatif des derniers mouvements sociaux : on était peu de temps après l’échec des mobilisations contre les lois Travail 1 et 2. Mais elle pointait également de nombreuses faiblesses dans le mouvement libertaire.

 

Une chose était sûre : c’est par davantage d’échanges et un rapprochement concret que l’on renforcerait notre courant. Ces échanges ont montré rapidement une proximité à la fois idéologique, organisationnelle et dans les pratiques militantes. C’était particulièrement intéressant d’observer que des organisations avec des histoires bien différentes (AL est issue indirectement de l’Organisation révolutionnaire anarchiste, et la CGA de la Fédération anarchiste) sont arrivées, en 2018, à des pensées et pratiques si proches.

 

Il apparut alors naturel d’entamer un processus d’échanges plus soutenu, afin de décider si l’on pouvait ou non espérer à termes militer dans une même organisation.

 

Une « feuille de route »

 

AL et la CGA voulaient toutes les deux prendre le temps sans en perdre. Prendre le temps de la discussion, poser toutes les questions, même les plus inconfortables, car c’est la clef du confort ultérieur. Mais sans perdre de temps en allers-retours infernaux et stériles, qui empêchent de militer sur le terrain et dans les mouvements sociaux.

 

C’est la raison pour laquelle a été mise en place une feuille de route pour cadrer le processus. Ce document, approuvé par les militant.es d’AL et de la CGA, programmait une succession de réunions. Des réunions de fonctionnement, entre délégations, pour comprendre la culture de l’autre, sa politique, son fonctionnement interne, ses pratiques militantes. Des réunions locales aussi, dans les régions où les deux étaient présentes, pour apprendre à travailler ensemble. Des réunions thématiques enfin, sur l’antipatriarcat, sur le militantisme au travail, sur les lieux d’études, etc.

 

Cette feuille de route a été émaillée de moments de vérification où chaque organisation a pu dire « Stop ou encore ». Ceci a permis une grande efficacité dans les échanges, tout en respectant les temps démocratiques de discussion à l’intérieur des fédérations.

 

Le défi principal auquel nous avons été confronté.es, c’est bien sûr celui des cultures militantes distinctes. Il ne suffit pas d’avoir des analyses similaires, mais bien d’être capables de travailler ensemble au quotidien, et dans une même direction !

 

La première question, quand on veut réunir les membres d’un même courant, c’est de savoir de quel courant on parle. AL a pour habitude de se revendiquer du communisme libertaire. Les militant.es de la CGA optaient soit pour ce terme, soit pour celui d’anarchisme social. Mais les choses ne sont jamais si nettes. Le terme « anarchiste » par exemple, est revendiqué par certains à AL, alors qu’il est évité par d’autres. C’est une question sémantique qu’il ne nous a pas semblé fondamental de trancher.

 

Très vite au cours du processus, il est apparu une différence centrale : celle du fonctionnement fédéral. Si on veut caricaturer, AL a un fonctionnement souple qui essaye d’optimiser son efficacité et sa réactivité. La CGA peut parfois être plus « stricte », mettant en avant le respect de la démocratie et la culture du mandat. Passé ce constat, nous nous sommes vite aperçu.es que les camarades de la CGA recherchaient justement un fonctionnement fédéral plus consistant, et que des garde-fous démocratiques supplémentaires ne feraient pas de mal à AL. En bref, les deux systèmes étaient conciliables, et tout est question de l’endroit où l’on place le curseur !

 

Mais, une fois que l’on a discuté politique, une fois que l’on pense que l’on sera capable de trouver un fonctionnement commun, il reste une question centrale : celle des pratiques militantes. Vous pourrez toujours être d’accord théoriquement avec le ou la camarade en face, si vos pratiques sont divergentes, la mayonnaise risque de ne pas prendre. Un moment très important pour vérifier ce point a été les Journées d’été d’AL 2018. Lors de cet événement annuel dépourvu d’enjeux décisionnels, les militantes et militants d’AL et de la CGA ont pu se côtoyer dans un cadre convivial où l’on vit l’autogestion au quotidien. On y a constaté une belle alchimie, une belle camaraderie. Eh oui, laver les toilettes en discutant de la grève des cheminot.es rapproche…

 

Ne soyons pas angéliques : il reste bien entendu des questions en débat… et heureusement ! C’est ça la politique : organiser le débat démocratique, pour pouvoir prendre des décisions ensemble, qui seront mises en œuvre par un maximum de camarades, aller dans la même direction, avec efficacité. Nul doute que nous nous doterons d’outils pour faire vivre ces débats en interne.

 

Élargir le processus au maximum

 

Tout au long du processus, AL et la CGA ont gardé en tête une chose : nous ne fusionnons pas simplement deux organisations proches. Nous créons une nouvelle organisation, avec son fonctionnement propre, inspiré du meilleur des deux, mais aussi d’idées nouvelles. Nous voulons dépasser les deux entités. Car le but est de réunir largement les personnes qui veulent militer dans une organisation ancrée dans les mouvements sociaux, dans une organisation anticapitaliste, féministe et antiraciste, dans une organisation libertaire, qui se donnera les moyens pour faire progresser ses idées. Rendez-vous en juin prochain au congrès pour l’acte final !

 

Adèle (AL Montreuil)