Journal d'Infos et Culture Libertaire,

se veut dans la continuité des fanzines, de la scène alternative et du cinéma indépendant autogéré. Il est dans la mouvance anartiste et anarcho-surréaliste.

Colonies libertaire doc FRANCE CULTURE

Edito:

 

Sachez mesdames et messieurs les journalistes, que ci vous faisiez bien votre travail.

 

Que les anarchistes ne chantent pas la marseillaise et ne brandissent pas de drapeaux tricolores et ne font pas le salut facsiste.

 

 

 

« Samedi vers 17h30, entendant le brouhaha dans la rue, ma mère en refermant les volets de sa fenêtre pour éviter les fumées a croisé le regard d’un CRS positionné en face de son immeuble. Celui-ci l’a immédiatement mise en joue et a tiré une grenade avec son fusil, il l’a atteinte en plein visage. Ses voisins l’ont immédiatement évacuée à l’hôpital », raconte Sami Redouane au site algérien Maghreb Emergent. « Où elle est décédée d’un choc opératoire », précise le site Algérie Focus.

 

 

 

Plusieurs dizaines de lycées sont toujours perturbés mardi matin en France, dans la poursuite du mouvement débuté lundi et porté par la vague de contestation des « gilets jaunes », selon les données du ministère de l’Éducation nationale.
Les mots d’ordre des syndicats lycéens (UNL, SGL, Fidl etc.) évoquent les réformes du bac et du lycée, ainsi que la plateforme d’accès aux études supérieures Parcoursup, qu’ils contestent.
Le SGL évoque un « mouvement social de contestation (...) aux multiples revendications » et soutient dans un communiqué les « gilets jaunes » non-violents.
Sans oublier, pour certains le refus du futur service national universel.
Alors, « gilets jaunes », « gilets jeunes », même combat !

 

Mode

Communiqué de la Fédération Anarchiste

 

Depuis samedi dernier, c’est une vague de gilets jaunes qui semble donc s’être répandue sur l’Hexagone pour dénoncer, au départ, l’augmentation des taxes sur les carburants. Si l’on en croit les derniers décomptes, à l’heure où sont écrites ces lignes, ces rassemblements auraient regroupé près de 290000 personnes sur l’ensemble du territoire depuis samedi. Au programme, des blocages, des opérations escargots et de filtrage, et surtout pas mal de débordements racistes, homophobes et violents.

Mouvement aux origines assez floues, le large mot d’ordre de ras-le-bol fiscal a, dès ses débuts, fait sauter les oppositions de classe en rassemblant dans un même élan, prolétaire, petite bourgeoisie et patronat. Preuve en est, certains transporteurs voyant dans l’augmentation des taxes sur les carburants, une perte de leurs chers profits, ont rejoint le mouvement et participé aux blocages ce week-end. Parallèlement, l’extrême-droite s’est rapidement ralliée à ce mouvement de contestation (celle-ci, attachée à ses idées libérales, se retrouvant pleinement dans la fronde anti-impôt portée par les gilets jaunes), avant d’être rejointe par les courants politiques de tout poil, de droite comme de gauche, qui ne voulaient visiblement pas manquer d’exister dans le cadre d’un mouvement d’ampleur.

Par ailleurs, derrière l’appel premier contre la hausse des taxes sur les carburants semblent s’être rassemblées des colères et des revendications bien diverses. On retrouve ainsi chez ces gilets jaunes, aussi bien des personnes en situation de précarité, poussées à bout par les politiques de casse sociale des gouvernements successifs, que des manifestants aux revendications franchement douteuses voire clairement libérales, fustigeant fonctionnaires, cotisations et aides sociales. Grâce à eux, Macron a d’ores et déjà l’excuse parfaite pour légitimer ses futures attaques contre ce qu’il reste des services publics et des mécanismes de sécurité sociale, en faisant sauter leurs sources de financement.

En tout cas, les multiples agressions homophobes et racistes de ce week-end témoignent de l’idéologie nauséabonde qui plane chez un certain nombre de gilets jaunes. L’épisode de la jeune femme voilée, sommée de retirer son voile sous la pression d’apprentis miliciens, ou encore celui de l’agression raciste d’une jeune femme font vomir. Dernier exemple en date, un barrage de gilets jaunes qui, après avoir repéré des migrants cachés dans un camion, appelle les gendarmes pour qu’ils soient arrêtés. Ces épisodes nous montrent que certains, en prenant leur chasuble jaune, se rêvent en réalité en flic, administrant leur petite justice réactionnaire, raciste et expéditive aux abords d’un rond-point. Car disons-le aussi clairement : ces gilets jaunes, s’ils sont l’expression pour beaucoup d’une colère profondément légitime contre les dirigeants et le système politique en place, ont aussi quelque chose de bel et bien flippant, notamment quand ils se transforment en milices improvisées, sans principes ni règles clairs, jugeant et violentant parfois les individus à la tête du conducteur de la voiture.

Une chose est en tout cas certaine, ce mouvement des gilets jaunes, nous montre qu’il existe des colères bien réelles et légitimes chez nombre de personnes, fruits de la précarité qu’organisent patrons, politiciens et possédants. Cette colère est d’autant plus compréhensible dans les déserts ruraux, espaces où disparaissent années après années, hôpitaux, maternités, gares, bus, écoles. L’émergence d’un futur mouvement social n’est donc pas impossible face aux réformes que nous prépare le gouvernement Philippe. Malheureusement, en rassemblant travailleurs et patrons sur des mots d’ordre communs, les gilets jaunes sont aussi le signe de la disparition de la culture et des repères de classe. Aussi est-il plus que nécessaire aujourd’hui de diffuser massivement nos discours et nos idées, de rappeler nos oppositions de classe, et le fait que ce mouvement, dans la forme qui est la sienne aujourd’hui et les idées qu’il diffuse, ne fait que servir la soupe à l’extrême-droite et préparer le terrain aux futures politiques ultra-libérales du gouvernement, notamment celle de la réforme à venir du régime de retraite. Face aux problématiques de mobilité que posent cette hausse des taxes sur les carburants, il nous faut porter des mots d’ordre et des revendications claires en exigeant notamment la création de transports en commun dans les régions où ils sont inexistants, leur gratuité, la taxation du capital et non des travailleurs, l’augmentation des salaires, des pensions et des retraites. Mais nous ne devons pas oublier que ces revendications immédiates, absolument nécessaires, ne pourront répondre à long terme à la misère sociale que produit structurellement le système capitaliste. C’est pourquoi, nous, anarchistes, prônons une société fédéraliste débarrassée des exploitations de classes, organisée autour d’associations de consommateurs et de travailleurs, assurant la production, la sauvegarde des métiers, et le bien-être de chacun. La révolution que nous devons porter ne doit pas être un mouvement de violence tout azimut, sans principe ni repères de classe, prenant pour ennemi celui ou celle qui ne chante pas la Marseillaise ou qui porte un voile, mais un mouvement de fond de reconstruction de nos institutions sociales porté par les travailleuses et les travailleurs eux-mêmes et qui place notamment au cœur de leur fonctionnement les principes de solidarité et d’égalité.

Groupe anarchiste Salvador-Seguí

 

 

Communiqué de soutien à Radio libertaire

 

Deux émissions de Radio Libertaire, œuvre de la Fédération Anarchiste, ont été déprogrammées récemment pour non respect de ses principes de base, leurs animateurs ayant publié un dessin et un visuel à caractère antisémite.
Cette décision a été prise après plusieurs tentatives de concertation qui n’ont pu aboutir. Par bassesse, pour trouver des soutiens, certains essaient de faire croire que ces émissions ont été déprogrammées du fait qu’elles parlaient de la Palestine, or il n’en est rien.
Plus grave, des personnes en viennent à menacer certains mandatés de la radio ainsi que des animateurs membres ou non de la Fédération Anarchiste jusque dans leurs réseaux professionnels. Nous ne pouvons accepter cela, nous condamnons ces intimidations et ces menaces et nous apportons tout notre soutien à Radio Libertaire ainsi qu’à ces mandatés, qui ont pris une décision juste et aux animateurs qui sont à leurs côtés.
On ne peut tolérer qu’une idéologie antisémite soit propagée par le biais de notre radio, nous l’avons toujours combattue et cela continuera.

Fédération anarchiste

 

 

★ Communiqué en soutien à Yannis YOULOUNTAS et Jean Jacques RUE

 

DANGER POUR NOTRE AVENIR

 

 

Quand les juges s’immiscent dans les luttes politiques, les militants et les personnes qui luttent sont en danger et par delà ceux-ci les hommes et les femmes qui sont ou seront les cibles des partis ou organisations totalitaires.

 

Affirmer qu’une organisation politique est totalitaire en précisant qu’elle est nazie, fasciste ou stalinienne, est-ce une insulte, une diffamation que des juges peuvent sanctionner ou bien un moyen d’attirer l’attention sur les dangers dont cette organisation est porteuse et donc amener à lutter contre ses nuisances futures ?

 

Affirmer que les membres de ces organisations sont de par leurs propos, leurs attitudes (salut fasciste ou nazi, voire apparenté), leur tenue vestimentaire, portant des brassards de sinistre mémoire, leur actes, des nazis, des fascistes ou des staliniens, est-ce une insulte, une diffamation ou bien encore alerter des nuisances dont ils sont porteurs ?

 

De quel droit des juges peuvent-ils s’opposer à la lutte contre des totalitaires ?

 

Est-ce à eux de s’arroger le droit de décider ce que des militants contre les totalitarismes peuvent dire ou non ?

 

Leur laisser le terrain libre parce qu’ils sont les représentants de la justice c’est accepter que demain les partis fascistes et nazis qui se parent de l’attribut d’extrême droite pour tromper leur monde puissent un jour accéder au pouvoir en donnant l’impression qu’ils sont légitimes jouant le jeu de la démocratie qui par sa tolérance de l’intolérable joue contre nous.

 

Laisser les juges dire le droit dans ce domaine c’est accepter que demain l’Histoire se répète et que des dictateurs sanguinaires se donnent à nouveau les moyens d’exclure, voire d’exterminer d’autre êtres humains au nom de leur idéologie mortifère, nommant à nouveau des juges spéciaux comme ceux de la sinistre Section Spéciale qui sous couvert de la justice condamneront à mort les opposants à ces régimes, ou les relègueront dans des camps.

 

Penser que les atrocités que nous avons connues en 33-45 ne se répèteront pas c’est faire preuve d’un optimisme béat qui ne veut pas voir que le pire est toujours possible quand on laisse libre les dictateurs.

 

 

 

Fédération Anarchiste

 

 

 

Contacts CNT Amazon

 

Travailleurs & travailleuses d’Amazon, contacte la CNT près de chez toi :

 

  • LIL1 – Lauwin Planque (59) stis59@cnt-f.org

  • BVA1 – Boves (80) cnt-ste80@riseup.net

  • Siège social – Clichy (92) presse.rp@cnt-f.org

  • ORY1 – Saran (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • XFRG – Artenay (45) ptt-centre@cnt-f.org

  • LYS1 – Chalon-sur-Saône (71) interco71@cnt-f.org

  • XFRE − Satolas et Bonce (69) ud69@cnt-f.org

  • MRS1 – Montélimar (26) stp26@cnt-f.org

Communiqué CNT

 

Il était une fois un tout petit syndicat, qui s’appelait CNT Interpro Normandie... Et qui a constitué une liste pour se présenter aux élections professionnelles de la Fonction publique du 6 décembre 2018. Un parcours et des embûches à lire ci-après.

 

Nota pour la compréhension de l’histoire qui suit : les élections professionnelles pour l’ensemble de la fonction publique ont lieu le 6 décembre prochain. 5,2 millions d’agent·es public·ques sont appelé·es à voter pour choisir leurs représentant·es du personnel siégeant dans les organismes consultatifs de la fonction publique (comité technique, commission consultative paritaire, commission administrative paritaire) pour un mandat d’une durée de 4 ans. Dans le cadre du renouvellement général des instances, seront également renouvelés les mandats des représentants des CHSCT ainsi que des conseils supérieurs (fonction publique d’État, hospitalière, territoriale et Conseil Commun de la Fonction Publique). Cette histoire a été rédigée par nos camarades de Normandie et est reprise ici sur le site du SUB RP.

 

Il était une fois un tout petit syndicat, qui s’appelait "CNT Interpro Normandie"...

 

Il naquit un jour de mars 2018, et fut accueilli à la Direction Départementale des Territoires (DDT) de l’Orne [1] quelques mois plus tard...

 

Comme les vilains petits canards de ce syndicat étaient très gentils (malgré la mauvaise réputation qu’essayaient de leur coller certains coqs de basse-cour), iels décidèrent de se présenter aux élections du comité technique, cela dans le seul but de mieux informer les agent·es de ce qui s’y trame.

 

Voici un résumé des "événements" qui suivirent :

 

  • jeudi 25 octobre 2018 : la CNT dépose sa candidature. La liste déposée comporte 8 noms : 3 syndiqué·es CNT et 5 agent·es qui soutiennent le syndicat dans cette démarche. Pour cette élection, ce sont donc 3 syndicats qui présentent leur candidature : la CFDT, la CNT et l’UNSA.

  • vendredi 26 octobre : après avoir plusieurs échanges avec les services du Premier Ministre et de la Direction de la Fonction Publique, le secrétariat général nous notifie la non recevabilité de la candidature CNT par un courriel envoyé à 19h.

 

Les délais de recours ne sont pas précisés dans la décision (ce qui est illégal), mais les textes réglementaires nous apprennent que nous avons "3 jours francs" pour contester cette décision au Tribunal Administratif. Comme nous sommes tout petit, sans moyens et donc sans avocat, nous passons le week-end à rédiger un recours du mieux que nous le pouvons.

 

Le motif du refus de notre candidature ? Nous ne sommes pas un "syndicat de fonctionnaires"... Et plus exactement, nous n’avons pas pour but de défendre "exclusivement" les fonctionnaires.

 

C’est un motif bien curieux, puisque de nombreux syndicats aux statuts semblables aux nôtres ont pu se présenter par le passé (et encore actuellement) aux élections professionnelles [2] Il s’agit donc manifestement d’une décision politique, qui constitue à notre connaissance une première : il fallait empêcher la candidature – ô combien dangereuse ! – d’un tout petit syndicat dans une petite direction interministérielle de province... Pourquoi un tel traitement particulier ? En quoi notre démarche peut-elle bien déranger, alors qu’elle est passée comme une lettre à la poste pour nos camarades d’Île-de-France ? Mystère...

 

Soyons honnêtes : localement, la direction et le secrétariat général ne nous ont jamais montré d’hostilité, bien au contraire. Dès que nous l’avons demandé, nous avons obtenu les moyens syndicaux (adresse de messagerie, rubrique intranet, affichage, participation aux réunions...) et concernant la participation aux élections, nous avons toujours été tenus au courant de l’évolution de la situation... C’est donc "en haut lieu" que certaines personnes ont jugé utile de créer un précédent pour nous barrer la route. Et cela est particulièrement ridicule, lorsque l’on sait que notre intention est bien modeste : obtenir un petit siège pour être présent en comité technique, sans vouloir faire d’ombre à qui que ce soit...

 

Revenons à ce dernier week-end d’octobre. Sur le fond, nous sommes donc certains d’avoir raison : l’administration centrale a bien galéré pour nous sortir un prétexte fallacieux au dernier moment, en comptant sans doute sur le fait que nous ne ferions pas de recours. Notre défense tient en plusieurs points [3] : > sur la forme : délais de recours non notifiés dans la décision, décision notifiée trop tardivement, décision non motivée (le motif invoqué est une simple citation de jurisprudence concernant un cas très différent du nôtre) ; > sur le fond : l’atteinte au principe d’égalité (d’autres syndicats se trouvant dans notre situation ont pu se présenter), l’interprétation erronée de la loi par l’administration (il est absurde de n’accepter que les syndicats défendant exclusivement les fonctionnaires pour l’élection d’un comité technique qui concerne tout autant les agents non titulaires), le manquement à l’obligation de loyauté de l’administration (le motif invoqué a évolué entre les échanges informels et la décision finalement notifiée), l’atteinte au principe de libre organisation des syndicats (la CNT a décidé de défendre les travailleur·ses de tous statuts, donc y compris les fonctionnaires, cela ne doit pas permettre à l’administration de nous dénier le droit de défendre les fonctionnaires).

 

Ce dernier point est pour nous le plus important : un syndicat est une organisation de travailleur·ses, ceux/celles-ci s’organisent comme iels le souhaitent. Dès lors que nos statuts indiquent explicitement que la CNT défend et syndique les salarié•es quel que soit leur statut – et donc les fonctionnaires – il est incompréhensible de nous refuser le droit de nous présenter aux élections professionnelles. C’est d’autant plus absurde que nous sommes déjà reconnus par l’administration localement, et que 100% de nos adhérents sont fonctionnaires...

 

  • lundi 29 octobre, en milieu de journée : nous déposons un recours “en référé” contre cette décision au Tribunal Administratif de Caen (en courrier recommandé et par courriel)

  • lundi 29 octobre, dans l’après-midi : le greffe du Tribunal nous contacte pour nous informer que ce n’est pas une requête “en référé” qu’il fallait faire, mais une “requête en annulation de la décision”... • lundi 29 octobre, fin d’après-midi : envoi par courriel et par courrier de la requête corrigée.

 

Suite à notre recours, l’administration a produit un mémoire en défense, qui ne nous a pas semblé convainquant, en ce qu’il ne répondait pas à nos objections principales.

 

  • mardi 13 novembre, 11h : audience du Tribunal administratif de Caen.

 

Nous savions avant l’audience que nos chances de succès étaient très faibles (le rapporteur public s’étant prononcé pour le rejet de notre requête). Cependant, les deux responsables de la liste CNT ont tenu à assister à cette audience, et ont pris une demi-journée de congé pour cela. En revanche, personne ne s’est déplacé pour représenter l’administration. En séance, le rapporteur public n’a pas du tout suivi les arguments produits par l’administration pour sa défense. Ainsi, il a précisé que pour être reconnu comme "syndicat de fonctionnaires", il ne fallait pas avoir "exclusivement" pour but de défendre les fonctionnaires. En revanche, nous apprenons en séance qu’il a demandé au tribunal de se prononcer non sur la validité de la décision de refus, mais sur la validité de la candidature elle-même. Ainsi, tous nos arguments de forme tombaient... Ce qui signifie que même si le secrétaire général avait inscrit dans la notification : "Je refuse votre candidature parce que votre chat noir est un symbole du diable", cela n’aurait pas invalidé sa décision. C’est d’ailleurs un argument de cet ordre qu’a repris le rapporteur public pour nous débouter : nous ne respecterions pas les « valeurs républicaines »... C’est une objection qui a souvent été faite à la CNT, et à chaque fois la jurisprudence nous a été favorable [4]. Mais il semble que le Tribunal Administratif ne soit pas au courant de la jurisprudence...

 

  • mardi 13 novembre, fin d’après-midi : nous apprenons que le Tribunal administratif a rejeté notre requête.

 

Voici à présent où nous en sommes : nous attendons la notification officielle de la décision pour décider de la suite à donner à notre action. Le suspense reste entier : aurez-vous le droit de voter pour le "chat noir" à la Saint-Nicolas le 6 décembre prochain ?

 

Nous tenons à remercier les agent·es qui nous ont soutenu•es, en particulier celles et ceux qui ont souhaité se présenter sur la liste CNT-IN à nos côtés. Et si vous souhaitez vous-même nous adresser un soutien amical : n’hésitez pas à glisser un bulletin CNT dans l’urne !

 

Bien sûr, l’essentiel ne se joue pas au moment des élections, mais au quotidien, et dans les luttes. Lorsque le cirque électoral aura quitté la ville, que chacun·e aura obtenu sa petite place dans les divers comités, nous pourrons en discuter ensemble, et décider ensemble des actions à mener.

 

À très bientôt !

 

Informations et contacts : http://intra.ddt-61.i2/la-cnt-in-r1364.html Contact par messagerie électronique : cnt-in.syndicats.oh.ddt-61@i-carre.net

 

La section CNT EAL

 

Transmis par nos camarades de la CNT-IN-EAL le 21 novembre 2018

 

[1] La direction départementale des Territoires (DDT) est un service déconcentré de l’État français créé en 2010 - ayant succédé aux services de l’équipement (DDE) et à ceux de l’agriculture (DDAF) -, et prenant la forme d’une direction départementale interministérielle placée sous l’autorité du préfet de département. Chaque département métropolitain comprend une direction départementale des territoires (DDT), ou une direction des territoires et de la mer (DDTM) s’il possède une façade maritime, soit 66 DDT et 26 DDTM en France métropolitaine. Son rôle est notamment de "promouvoir le développement durable, prévenir des risques naturels, mettre en œuvre des politiques d’aménagements du territoire, mettre en œuvre les politiques de la mer (pour les DDTM) ou délivrer des permis de construire".

 

[2] Ainsi, la candidature du syndicat CNT-SUB à la DRIHL (équivalent de la DREAL en Ile-de-France) a été validée en 2014 et en 2018. Autre exemple : SUD Education dans les académies, et il en existe bien d’autres.

 

[3] Ces détails peuvent paraître un peu fastidieux, mais il nous semble intéressant de raconter comment se déroule une telle procédure : chacun peut être amené un jour à saisir le tribunal administratif... Nous tenons à votre disposition tous les documents (requête, mémoires...).

 

 

 

 

 

 

Communiqué de la Libre Pensée

Service National Universel ou les nouveaux Chantiers de Jeunesse :

 

Macron nous voilà !

 

 

 

Le 31 juillet 1940, un décret du Régime de Vichy crée les Chantiers de jeunesse : « Article 1 : Les jeunes gens incorporés les 8 et 9 juin 1940 sont relevés à compter du présent décret de leurs obligations militaires d’activité. Article 2 : A partir de la même date, ils sont versés, pour une durée de six mois, dans les groupements de jeunesse constitués sous l’autorité du Ministre de la Jeunesse et de la Famille ». La nouvelle structure est confiée au général de la Porte du Theil, un ancien chef scout.

 

 

 

En lisant cette brochure numérique, vous verrez que les similitudes sont grandes avec le projet du Service national universel d’Emmanuel Macron. Il s’agit toujours d’enrôler la jeunesse, pour lui apprendre à obéir, et à lui faire aimer la couleur et le goût du Kaki. Les guerres d’hier préparent toujours les guerres de demain.

 

 

 

Rappelons aussi, et il n’y a là nul hasard, qu’Emmanuel Mounier fondateur de la revue Esprit, dont Emmanuel Macron fut membre du Comité de rédaction, fut un fervent maréchaliste et soutint l’Ecole d’Uriage qui forma les cadres de la Collaboration avec l’Allemagne nazie. Le Personnalisme avait alors un goût de Croix gammée indiscutable. Mais la « personne humaine », elle était dans les camps et gémissait sous la botte.

 

 

 

La Libre Pensée a dit NON en 1940, elle continuera toujours à dire NON aux projets totalitaires d’aujourd’hui.

 

 

LU DANS bastamag.net

 

Ces combats pour plus de justice sociale, et sans gilets jaunes, dont les chaînes d’infos ne parlent pas

 



 

Les « gilets jaunes » et leurs revendications disparates, où se mêlent prix du carburant, colères sociales, sentiment d’abandon et défiance vis-à-vis des « élites », ont été particulièrement relayés par les chaînes infos. En parallèle, des mouvements peu médiatisés se multiplient depuis quelques semaines. Les enseignants ont manifesté le 12 novembre pour défendre l’école face aux suppressions de postes. De la Dordogne à Rouen, des postiers mènent des grèves pour le maintien du service public postal. Les infirmiers se mobilisent ce 20 novembre pour l’hôpital. Panorama de ces luttes dont on parle peu, qui tentent de résister aussi à l’abandon des territoires périphériques.

 

Ce sont des mouvements qui retiennent peu l’attention des médias. Pourtant, ils se mobilisent à leur manière pour maintenir des services publics – de l’accès aux soins à la formation professionnelle, en passant par l’assurance-maladie, une justice de proximité, le secours aux personnes ou l’Éducation – sur tous les territoires, et améliorer le « pouvoir d’achat » de salariés. Souvent trop atomisées pour construire de véritables rapports de force, ces mobilisations sont parfois très longues – plusieurs semaines voire plusieurs mois ! –, souvent inventives, et quelquefois victorieuses.

 

Ces deux dernières semaines, aux quatre coins du pays, des postiers, des infirmiers hôpitaux, des enseignants, des pompiers, mais également des femmes de ménage, des vendeurs de grands magasins, des ouvriers de l’industrie se mobilisent pour leurs conditions de travail, leurs salaires et, dans le cas des services publics, pour que les services rendus à leurs concitoyens et financés par l’impôt ne soient pas bradés. Petit tour - non exhaustif - d’une France de travailleurs en lutte, et sans forcément revêtue de « gilets jaunes ».

 

Grèves de postiers en Dordogne, à Rouen et dans les Hauts-de-Seine

 

Le 6 novembre, après 12 jours de lutte, les agents des bureaux de Poste de Sarlat et Siorac-en-Périgord (Dordogne) ont obtenu que trois cadres de leurs bureaux soient « éloignés ». Ils estimaient ces cadres responsables d’un management agressif à l’origine, selon eux, du suicide d’une de leurs collègues le 24 octobre dernier. Le lundi 5 novembre, 300 personnes se sont réunies en fin d’après-midi à l’appel de l’intersyndicale, en soutien aux postiers qui avaient presque tous cessé le travail. Des facteurs sont également en grève à Rouen pour dénoncer les réorganisations qui menacent leurs bureaux et la qualité de leur travail (un mouvement similaire a eu lieu à Rennes au printemps). Dans les Hauts-de-Seine, les facteurs s’apprêtent à entamer leur 8ème mois de grève, débutée le 26 mars dernier ! Des bureaux de Seine-saint-Denis les ont rejoints ces derniers jours.

 

 

 

Dessin de la semaine

GILETS JAUNES

Washington Dead Cats

Ludwig von 88

THE EX

Dieval et the propulsions

Les fleurs du mâle

Yvettes not dead

Graines de sel

Ni vu ni connu

Ni dieu ni maître,mieux d'être

                                            (Jacques Prevert)

Communiqué CNT-SO

 

Quelques semaines après leurs collègues du Mariott Vélodrome, c’est au tour des salarié-e-s sous-traité-e-s des hôtels Adagio Vieux-port et Holiday Inn Saint-Charles de conclure victorieusement un mouvement de grève  !

 

Jusqu’au bout le camp patronal aura voulu séparer le cas des deux établissements mais c’est en restant soudé que la victoire a été possible ! Après de longues négociations, un accord de fin de conflit conjoint aux deux sites, a été acté avec le sous-traitant PLD.

 

Ce protocole permet de revenir sur la tentative de licenciement de notre camarade Claudia et garanti la hausse des rémunérations ainsi que de nouvelles avancées contractuelles. Il acte :

 

  • L’annulation de la procédure disciplinaire contre Mme FERNANDES MARQUES et sa réintégration avec rappel de salaires

  • Adagio : augmentation de mensualisations contractuelles, respect des repos contractuels, rémunération de la pause déjeuné

  • Holiday Inn : prime de panier doublée et mise en place progressive du 13ème mois, prime d’expérience, mise en place d’un système de pointage pour rémunérer effectivement toutes les heures travaillées et comptabiliser les heures complémentaires

  • Paiement de la moitié des jours de grève

 

Ces avancées sont particulièrement importantes à l’Holiday Inn qui n’avait pas encore connu de conflit et se remet ainsi au niveau des avancées déjà obtenues ailleurs notamment à l’Adagio. Un « baptême du feu » particulièrement efficace pour notre toute nouvelle équipe syndicale qui démontre l’importance de l’organisation collective !

 

Alors qu’un mouvement de colère généralisé s’exprime en France contre les galères de la vie chère et les inégalités, les grèves seront aussi le moyen d’aller chercher les richesses confisquées par les entreprises et leurs actionnaires. Il est temps que les richesses générées par les travailleurs-euses leur reviennent !

 

Lutter contre les galères de la vie chère et les salaires de misère c’est aussi dans la grève que ça se passe !

 

 

 

Communiqué d'Alternative Libertaire

 

Un peu partout en France, la même colère, la même détermination et la même volonté de ne pas se laisser faire. Partout, des cortèges sauvages qui défient l’encadrement policier. Partout, des manifestantes et manifestants qui expriment leur rage face à la répression.

 

Au Puy-en-Velay (43), la violence policière a surchauffé une foule de plusieurs milliers de personnes qui a fini par s’en prendre à la préfecture.

 

À Paris, le verrouillage des Champs-Élysées par la police a provoqué une dispersion des gilets jaunes dans l’ensemble des quartiers bourgeois de la capitale qui ont été littéralement pris d’assaut.

 

Les forces de répression ont eu beau utiliser les grands moyens (rideaux de gaz lacrymogènes, canon à eau, grenades), les travailleurs et travailleuses en colère ont bien montré que la rue leur appartenait : boulevard Haussmann, aux Tuileries, rue de Rivoli, place Vendôme, des gilets jaunes parcouraient la chaussée, narguaient la police et s’attaquaient parfois aux symboles du pouvoir et de la richesse. C’est ainsi que des vitrines de grands magasins de luxe ont été brisées tandis que des groupes essayaient de s’en prendre à la Bourse.

 

Face à un gouvernement qui reste sourd, face à des patrons qui profitent toujours plus des salarié.es, nous devons continuer à mettre la pression et cela passe par un blocage complet de la production.

 

Le gouvernement et les patrons ne comprennent que la loi de l’argent ? Et bien tapons-les au portefeuille : bloquons les transports, bloquons les entreprises, bloquons les services publics. C’est nous qui faisons tourner l’économie, ils ne sont rien sans nous.

 

Reprendre ce que les capitalistes nous ont volé

 

La colère est là. Il faut maintenant qu’on s’organise pour lui permettre de durer et pour construire un rapport de force qui permette de gagner. Mais de gagner quoi ? Le principal slogan qui était repris de Paris à Marseille et Rennes à Toulouse, c’est « Macron démission ». Parce que Macron symbolise tout le mépris de la bourgeoisie envers les travailleurs et les travailleuses, parce que c’est lui qui pilote les attaques contre les salarié.es. Mais ce n’est pas en faisant sauter Macron ou en faisant sauter le gouvernement qu’on fera réellement changer les choses.

 

Ce qu’il faut mettre en avant, ce sont des revendications concrètes, qui permettent de sortir de la spirale infernale pour reprendre tout ce que les capitalistes nous ont volé et pour conquérir de nouveaux droits.

 

Pour cela, nous devons nous organiser à la base, construire des assemblées qui permettent de discuter de nos revendications sans laisser d’autres les proposer à notre place. Nos solutions, nous ne les trouverons pas dans les promesses des politiciens et des politiciennes qui veulent déjà récupérer la mobilisation. Nos solutions, nous les trouverons en échangeant, en débattant et en nous coordonnant pour être plus forts toutes et tous ensemble.

 

Macron a peur et il a raison d’avoir peur. Cinquante ans après Mai 68, le fond de l’air est rouge.

 

Alternative libertaire, le 3 décembre 2018

 

 

Sous le vernis solennel, le Premier ministre a tenu aujourd’hui un discours de panique. Sa seule hâte est de lâcher du lest pour dissuader un acte 4 du mouvement des gilets jaunes, cette révolte populaire contre la vie chère. Mais ses annonces ne vont nullement dans le bon sens. « Il faudrait être sourd », dit-il. Oui, il faut être sourd pour ne pas entendre que la colère qui s’exprime aujourd’hui est une colère contre les inégalités sociales et territoriales.

 

Rien sur les services publics

 

La suspension pour six mois des augmentations de prix sur l’essence, le gaz et l’électricité ne suffisent pas, ne font que différer la hausse. Quant à l’annonce d’une possible « prime à la mobilité » pour les salarié.es habitant loin de leur travail, en zone péri-urbaine, c’est une tragique escroquerie, car elle ne ferait que prolonger et encourager un modèle de société sans avenir.

 

La production pétrolière mondiale est condamnée au déclin, et avec lui la centralité de la voiture individuelle et des longues distances domicile-travail. Plutôt que des mesures démagogiques et intenables, il faut accompagner ce déclin en réinstallant les transports publics et les services publics de proximité méthodiquement démantelés depuis des décennies. Il faut rendre à la population l’accès aux ressources et aux services de base, sans qu’elle ait à les payer de perpétuels trajets fastidieux et ruineux.

 

Rien sur la justice fiscale

 

Eh bien non ! Ce gouvernement prévient : « Si les impôts baissent, il faudra que les dépenses baissent. » Autrement dit : les gilets jaunes veulent moins de taxe ? Il faudra donc qu’ils et elles acceptent encore moins de services publics. Pas un mot sur les privilèges des classes possédantes.

 

Mais dans quel pays vit ce gouvernement ?

 

Sans doute pas dans le même que nous : un pays où les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont encore progressé de 24% en 2017, reversant 44 milliards d’euros à leurs actionnaires ; un pays où les 10% les plus riches accaparent 27% de la richesse produite [1] ; un pays qui multiplie les privilèges fiscaux pour les grandes entreprises – 27 milliards leur ont été restitués par l’État au titre du CICE et du CIR en 2018 – ; un pays qui veut supprimer l’impôt sur la fortune...

 

La situation est mûre : frappons tous ensemble

 

Le gouvernement a peur, il craint que la révolte des gilets jaunes soit le prélude à un embrasement général. La jeunesse pourrait par exemple en profiter pour descendre dans la rue et obtenir la suppression de Parcoursup et de la sélection à l’université. Les salarié.es pourraient se mettre en grève pour leurs salaires, pour leurs conditions de vie, et prendre leur revanche contre les détestables lois Travail.

 

Si des grèves, voire une grève générale s’ajoutaient aux blocages économiques des gilets jaunes et aux blocages territoriaux comme ceux de Bure (Meuse), assemblées populaires et assemblées de grévistes auraient la puissance requise pour faire reculer l’État, le patronat, et obtenir une véritable redistribution des richesses. Voire davantage. Car nous pensons qu’un changement radical de système est nécessaire : une rupture avec le capitalisme ; l’autogestion ; la mutation de la société vers un modèle socialiste et écologique.

 

Alternative libertaire, le 4 décembre 2018

 

 

NEMO

LE BISOUNOURS QUI

NE FAIT PLUS REVER

 

 

Rarement un homme d'état aura personnalisé en si peu temps l'impopularité et provoqué de telles violences. Certes les derniers présidents élus de la Ve République ont rapidement perdu l'assentiment de l'électorat qui venait des les élire peu auparavant. Mais aucun n'avait donné prétexte à des manifestations d'une telle ampleur, d'une telle radicalité. Manifestations de plusieurs jours provoquant des centaines de blessés et même des morts. Le sentiment d'une société injuste en ressort aujourd'hui majoritaire et indéniable. Au passage, sans accorder trop d'importance à l'ancien employé de banque, il semble néanmoins intéressant de s'attarder sur le personnage...

 

DECLIN DES INSTITUTIONS

 

Ces manifestations ont surgi comme l'explosion d'une cocotte-minute, dont le couvercle saute brusquement sans que le Pouvoir ne s'y attende. Cependant, depuis des années, nombre d'observateurs avaient remarqué des signes, montrant qu'une partie de la population, pour le moins, était dans le désarroi, la misère et même pire, dans le rejet des institutions représentatives du système.

C'est la particularité de ces derniers temps : la radicale remise en cause, dans la pratique, de la « représentation nationale » par un électorat devenant de plus en plus abstentionniste. Une indifférence pour le moins, à l'égard des « corps intermédiaires », partis, syndicats, institutions, d'un régime « libéral » basé sur la « démocratie parlementaire ». Et cette vision « populiste » n'est-elle pas aussi finalement celle du Président !

Deux réponses se font face : un populisme héritier des valeurs de l'extrème-droite et un populisme de gauche tentant de surfer sur de vraies aspirations à la Démocratie Directe

Au capitalisme clairement en crise, répond aujourd'hui en écho une crise institutionnelle, une faillite d'un libéralisme qui ne fait plus rêver personne. Cette usure des institutions est donc en même temps une crise du système liberal pourtant indispensable aux échanges Elle est visible dans nombre de pays . Mais la France représente un cas particulier en Europe.

 

UN ETRANGE PERSONNAGE

 

Le président français se veut en effet le champion du libre échange dans une Union Européenne politiquement unie. Il est le clair produit de la TINA (1) et aussi brillant et instruit soit-il, son intelligence ne peut concevoir qu'un autre système social soit possible. Sans originalité il fait partie d'une élite incapable de conjurer ou de remédier à une crise, une rude secousse comme celle de 2008. Ce genre de désastre imprévisible dans notre « meilleur des mondes » jette une stupeur où l'on ne peut s'en remettre qu'au Destin « fabuleux » du capitalisme retrouvant ineluctablement, quelque soit les vicissitudes et les guerres, son équilibre.

Comme les derniers Romains le Président ne peut concevoir la Chute de Rome, c'est à dire la fin du capitalisme.

Même si l'absence de solution pérenne reste récurrente, on aurait tort de croire cependant que les obstacles mortifères qui infectent le système n'aient pas été repérées.

Cet homme jeune ayant débuté une vie professionnelle dans les affaires faite de succès, non sans égocentrisme, s'est vite cru investi d'une mission. Certes, évoquant « l'inéluctable mondialisation » - entendez l'hégémonie capitaliste - il ne veut ni ne peut changer radicalement la société. Mais il se sent à la hauteur d'une mission, d'un défi à relever pour la France : la transition énergétique. N'est-il pas prédestiné à la réussite ?

Quant aux institutions, comme les populistes à qui il ressemble par bien des points, il avait bien sûr compris leur obsolescence, intégrant des caractères indépassables de la société capitaliste : l'inégalité et l'injustice. Réformer le système de la représentation nationale, en élagant, en supprimant des sièges de députés ou d'élus puisque de toutes façons – cela tout le monde l'a aussi compris – c'est lui qui décide, n'est-il pas moderne et même raisonnable ? Dans la droite ligne de la Ve République, le modèle ne peut donc être qu'un système présidentiel fort, où le personnage rêvé ressemble certes plus à Obama qu'à Trump. L'exercice du pouvoir ne passe t-il par cette verticalité ? Et la majorité parlementaire, élue pour cinq ans, en même temps que le Président, siège, comme les autres parlementaires, pour la forme, simples employés du brain-trust aux ordres du patron. Publiquement ils n'ont bien sûr d'autres opinions que celles qui découlent de la bouche dudit boss.

Fragiles... L'édifice présidentiel, le discours vieillot où l'on évoque en châtelain, les « classes moyennes et les classes laborieuses », et pourquoi pas, mots d'un vieux Maréchal, « le vent mauvais »... Et l'homme lui-même, que l'on sent parfois tendu comme un arc, quoiqu'il veuille paraître. Voulant décider seul, il recueille seul l'impopularité.

La figure du magicien d'hier se transforme alors de plus en plus en prestidigitateur raté.

 

SOLITUDE ET MEDIOCRITE

 

Un tel personnage jupitérien ne pouvait faire équipe avec des « têtes » politiques trop expérimentées qui auraient pu manifester leurs désaccords ou tout du moins leurs critiques. Tour à tour, le leader du Modem, le naïf ministre de l'écologie et l'ancien maire de Lyon firent logiquement défection. Le Président n'avait-il pas voulu s'entourer de « nouveaux », de personnes issues de la « société civile » ? Vieille marotte... Il se retrouvait entouré d'individus falots suspendus au discours du patron, s'entrainant au rôle parfois ingrat de ventriloques.

Face à la révolte menaçante, certains d'entre eux, sans honte, n'hésitaient pas à brandir la menace de « la peste brune », ou à accuser, pour les discréditer, les « gilets jaunes » de former un « mouvement anarchiste »...

Les billevesées déversées sur les chaînes d'informations, évoquant des « mesures-brioches » comme un fantasque équipement des populations en automobiles électriques n'ont duré qu'un temps et ne peuvent même plus être évoquées sérieusement. L'objectif à court terme n'est pas de satisfaire les besoins des populations mais de calmer « la grogne ». De la pédagogie bien sûr... Et la médiocrité des perroquets n'est apparue que plus flagrante, encore plus révoltante.

Le programme des « réformes », lié à une drastique politique de transition écologique, consiste essentiellement à tenter de renflouer le budget par une augmentation de nombre de taxes que doivent payer les plus modestes sans que l'on se soucie vraiment d'un contexte social, ressenti comme insupportable.

On avait bien réussi à faire passer la « réforme » de la SNCF alors....

Le peuple, immature, ne doit-il pas être dirigé, pour son bien, avec la fermeté nécessaire ? Il ne comprend pas où est son bonheur. Et si l'on pouvait s'en débarrasser !...

Mais surtout ne pas casser la machine économique en taxant les plus riches. Car foin alors du chimérique ruissellement attendu … Mais qui croit encore à de telles balivernes ? La vision messianique de notre monarque apparaît mais elle n'est pas rassurante. L'irrespect est resté de l'autre côté du Rhin, dans « Die Welt » par exemple, qui écrivait que le président français prenait ses compatriotes pour des imbéciles...

 

« UNE REVOLTE ? NON, SIRE UNE REVOLUTION ! »

 

Face à cet homme providentiel, qui a compris tant de choses, que valent cette grogne et ces revendications incongrues qui se développent néanmoins, qui courent nos rues, nos routes et même « nos » Champs Elysées ? Au point que même des ministres, comme Madame Girardin en viennent à énoncer, sans agressivité, les mots de « Démocratie Directe »....(2)

En filigramme, en riposte à la misère sociale, se développe les esquisses de ce qui pourrait être une nouvelle société. Les Gilets Jaunes, réalisent concrètement dans l'organisation de leurs lutte, l'affinement de leurs revendications, ce qui n'avait été que discussions intellectuelles lors des assemblées impuissantes des « Nuits Debout » de 2016. Ils ouvrent la voie à une nouvelle pratique de démocratie, directe, celle-là, où les partis et les syndicats sont mis sur la touche au profit d'une auto organisation conviviale, où obligatoirement les représentants ne peuvent être que révocables.

La crainte des populistes, distillée par le pouvoir, semble surfaite, tant les pratiques de nouvelle démocratie sans leader semblent ancrées. Exposant tout et son contraire, le Premier Ministre, avait donc évoqué, pour semer l'effroi et le rejet, voici quelques jours, un « mouvement anarchiste ». Pas de chefs, des porte voix se référant constamment à la base, une auto organisation basée sur la Démocratie Directe. … Même si, sans trop savoir, nombre de Gilets Jaunes rejetèrent le qualificatif d'Edouard Philippe, brayant « La Marseillaise » brandissant le drapeau tricolore, on ne peut sur ce point qu'être en accord avec lui. Et n'est-ce pas en ce sens, débarassée de l'oligarchie, que la démocratie se trouverait renouvelée ?

 

(1) TINA = There Is No Alternative, selon l'expression de l'ancienne Première Ministre de Grande-Bretagne, Margareth Thatcher.

(2) Interview le jour de son départ pour la Réunion ce 27/11/2018 sur la radio de France Info

APPEL DES GILETS JAUNES DE COMMERCY

 

APPEL DES GILETS JAUNES DE COMMERCY À DES ASSEMBLÉES POPULAIRES PARTOUT

 

REFUSONS LA RÉCUPÉRATION ! VIVE LA DÉMOCRATIE DIRECTE ! PAS BESOIN DE "REPRÉSENTANTS" RÉGIONAUX !

 

Depuis près de deux semaines le mouvement des gilets jaunes a mis des centaines de milliers de personnes dans les rues partout en France, souvent pour la première fois. Le prix du carburant a été la goutte de gasoil qui a mis le feu à la plaine. La souffrance, le ras-le-bol, et l’injustice n’ont jamais été aussi répandus. Maintenant, partout dans le pays, des centaines de groupes locaux s’organisent entre eux, avec des manières de faire différentes à chaque fois.

 

Ici à Commercy, en Meuse, nous fonctionnons depuis le début avec des assemblées populaires quotidiennes, où chaque personne participe à égalité. Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations services, et des barrages filtrants. Dans la foulée nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours pour nous organiser, décider des prochaines actions, dialoguer avec les gens, et accueillir celles et ceux qui rejoignent le mouvement. Nous organisons aussi des « soupes solidaires » pour vivre des beaux moments ensemble et apprendre à nous connaître. En toute égalité.

 

Mais voilà que le gouvernement, et certaines franges du mouvement, nous proposent de nommer des représentants par région ! C’est à dire quelques personnes qui deviendraient les seuls « interlocuteurs » des pouvoirs publics et résumeraient notre diversité.

 

Mais nous ne voulons pas de « représentants » qui finiraient forcément par parler à notre place !

 

À quoi bon ? À Commercy une délégation ponctuelle a rencontré le sous-préfet, dans les grandes villes d’autres ont rencontré directement le Préfet : ceux ci-font DÉJÀ remonter notre colère et nos revendications. Ils savent DÉJÀ qu’on est déterminés à en finir avec ce président haï, ce gouvernement détestable, et le système pourri qu’ils incarnent !

 

Et c’est bien ça qui fait peur au gouvernement ! Car il sait que si il commence à céder sur les taxes et sur les carburants, il devra aussi reculer sur les retraites, les chômeurs, le statut des fonctionnaires, et tout le reste ! Il sait aussi TRÈS BIEN qu’il risque d’intensifier UN MOUVEMENT GÉNÉRALISÉ CONTRE LE SYSTÈME !

 

Ce n’est pas pour mieux comprendre notre colère et nos revendications que le gouvernement veut des « représentants » : c’est pour nous encadrer et nous enterrer ! Comme avec les directions syndicales, il cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. Des gens qu’il pourra ensuite récupérer et pousser à diviser le mouvement pour l’enterrer.

 

Mais c’est sans compter sur la force et l’intelligence de notre mouvement. C’est sans compter qu’on est bien en train de réfléchir, de s’organiser, de faire évoluer nos actions qui leur foutent tellement la trouille et d’amplifier le mouvement !

 

Et puis surtout, c’est sans compter qu’il y a une chose très importante, que partout le mouvement des gilets jaunes réclame sous diverses formes, bien au-delà du pouvoir d’achat ! Cette chose, c’est le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un système nouveau où « ceux qui ne sont rien » comme ils disent avec mépris, reprennent le pouvoir sur tous ceux qui se gavent, sur les dirigeants et sur les puissances de l’argent. C’est l’égalité. C’est la justice. C’est la liberté. Voilà ce que nous voulons ! Et ça part de la base !

 

Si on nomme des « représentants » et des « porte-paroles », ça finira par nous rendre passifs. Pire : on aura vite fait de reproduire le système et fonctionner de haut en bas comme les crapules qui nous dirigent. Ces soi-disant « représentants du peuple » qui s’en mettent plein des poches, qui font des lois qui nous pourrissent la vie et qui servent les intérêts des ultra-riches !

 

Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation et de la récupération. Ce n’est pas le moment de confier notre parole à une petite poignée, même s’ils semblent honnêtes. Qu’ils nous écoutent tous ou qu’ils n’écoutent personne !

 

Depuis Commercy, nous appelons donc à créer partout en France des comités populaires, qui fonctionnent en assemblées générales régulières. Des endroits où la parole se libère, où on ose s’exprimer, s’entraîner, s’entraider. Si délégués il doit y avoir, c’est au niveau de chaque comité populaire local de gilets jaunes, au plus près de la parole du peuple. Avec des mandats impératifs, révocables, et tournants. Avec de la transparence. Avec de la confiance.

 

Nous appelons aussi à ce que les centaines de groupes de gilets jaunes se dotent d’une cabane comme à Commercy, ou d’une « maison du peuple » comme à Saint-Nazaire, bref, d’un lieu de ralliement et d’organisation ! Et qu’ils se coordonnent entre eux, au niveau local et départemental, en toute égalité !

 

C’est comme ça qu’on va gagner, parce que ça, là haut, ils n’ont pas l’habitude de le gérer ! Et ça leur fait très peur.

 

Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer.

 

Non aux représentants et aux porte-paroles autoproclamés ! Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité !

 

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !

 

Si vous vous retrouvez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contactez-nous sur giletsjaunescommercy@gmail.com et coordonnons-nous sur la base d’assemblées populaires et égalitaires !

 


 

L’heure de la commune des communes a sonné !

 

En soutien à l’appel de Commercy

 

Pierre Bance

 

La spontanéité du mouvement des gilets jaunes, son hétérogénéité désarçonnent, peut faire craindre des dérives sans que personne ne sache lesquelles. Est-ce une raison pour que ceux qui en appellent au peuple à tout bout de champ, militants de gauche, libertaires, syndicalistes se tiennent sur le trottoir quand ce peuple prend ses affaires en main ? Qui, en 1789, disait que les révoltes des paysans aboutiraient à la République ?

 

Partis socialistes et syndicats ouvriers, apparus pour résister au capitalisme du 19eet du 20esiècle, industriel et bourgeois, pétrifiés par trop de fréquentations institutionnelles, ne sont plus en mesure de répondre à la puissance du néo-libéralisme du 21e siècle, numérique et financier. Sur la défensive, accumulant les échecs, sans imagination, ils tuent leur promesse de vie meilleure. Cet espoir, encore confus, de justice, de liberté, d’égalité etde solidarité n’est-il pas porté aujourd’hui par ceux qui ne veulent pas du nouveau monde de Macron.

 

Les Sans-culottes de 2018 ne supportent plus la morgue d’un pouvoir vantant la réussite individuelle pour justifier l’inégalité, méprisant ceux qui ne s’en sortent pas tous seuls, protégeant les riches et pressurant lesautres. Voilà un président de la République qui se croit majesté qui, pour alimentersa folle politique d’ajustements structurels aux besoins de la banque et aux impératifs marchands de l’Union européenne, recourt à l’impôt comme au bon vieux temps de la gabelle. Mais devant des rassemblements de citoyens pacifiques demandantseulement – un changement de politique, le pouvoir arrogant prend peur, s’enferme dans ses châteaux-forts. Pour toute réponse, il cherche la division, les gentils contre les casseurs ; tient un discours complotiste, plus que les black blocks, l’ultra-droite fera l’affaire pour justifier l’envoi des hallebardiers chargés de ramener l’ordre jupitérien.

 

S’étonne-t-il que les gilets jaunes rhabillent le Roi Soleil en Louis XVI et demandent sa démission, pas encore sa tête ? Ouf ! L’ordre est rétabli, la marchandisation et la pollution ont repris les Champs-Élysées. Demain y défileront les militaires pour célébrer l’Austerlitz macronien ! Les petits marquis du Parlement, encore dégou-linants de trouille, jubilent. Les bureaucrates se rendorment. Vaincus, les gilets jaunes devront-ils rentrer dans le rang, se taire et continuer de gérer comme ils

 

peuvent les fins de mois ? Leur mouvement est-il condamné à s’éteindre par lassi-tude et sous la force du droit ? Non, s’ils déciden

 

t de s’organiser. De s’organiser autrement. De renouer avec la démocratie directe etle fédéralisme des communes autonomes.

 

2

 

D’opinions différentes, d’origines sociales diverses, de statuts professionnels parfois opposés, ils se sont retrouvés pour défendre leur dignité. La précarité des uns fait écho à l’épuisement des autres. Ils ont compris que, malgré leurs diffé-rences, ils pouvaient s’entendre, étaient capables d’agir collectivement et de mettre le pouvoir aux abois. Ils ont compris que, laissantde côté ce qui les séparent, ils

 

s’accordaient sur leurs intérêts communs, que leurssoucis quotidiens étaient les mêmes, leur cause aussi. Il faut maintenant pérenniser cette impromptue rencontre des inquiétudes venues des campagnes hallucinées etdes villes tentaculaires. Trouver l’équilibration des contraires. Constituer des comités locaux qui s’organisent selon les principes de la démocratie directe : assemblée générale souveraine, mandat impératif et révocable à tout moment, rotation des responsabilités. Ces communes autonomes, conseils municipaux parallèles,porteront la revendication populaire, égalitaire, sociale et écologique. Si elle n’est pas satisfaite, ils tenteront de la mettre en œuvre sans se préoccuper de la représentation légale, quitte à s’affronter au maire et au préfet, à renvoyer le député dans son bocal. Jour après jour, se pensera, pacifiquement, la société émancipée, la société libérée de la domi-nation, de toutes les dominations. Autant que nécessaire, les communes libres se fédèreront pour partager leur expérience, leur réflexion, prendre en main la gestion des biens communs (écoles, transports, santé, environnement...). Ainsi, l'État,progressivement, sera marginalisé, ses pouvoirs rognés au point de le rendre inutile, jusqu’au jour où il suffira de pousser une dernièrefois la pyramide de l’ordre autoritaire pour qu’elle s’écroule. Ce sera long et difficile, mais possible.

 

J’entends les récriminations. Discours utopistes rétorquent les intellectuels organiques de la droite, rodomontades gauchistes en chaîneront leurs compères de la gauche. Au diable la folie municipaliste, disentles Versaillais. Gare au désordre crient ceux qui pensent, souvent à tort, avoir toutà perdre du changement. Ce n’est pas réalisable, penseront les plus bienveillants, qui aimeraient mais n’y croient pas.

 

Tous ceux-là n’arrivent pas encore à se détacher ducadre de pensée étatique.

 

Attendre, toujours attendre, jusqu’à la fin des temps que les élus, les chefs, les sachants trouvent la solution de ce qu’ils ne cherchent surtout pas : l’émancipation du peuple. Les programmes des politiciens ne sont plus acceptables, les discours de Macron, Castaner et compagnie sur une grande concertation dans les catacombes encore moins, les citoyens doivent prendre leurs affaires en main. Ils sont les seuls à pouvoir imaginer et bâtir la commune des communes sans césar, ni tribun. Qu’ils suivent l’appel de Commercy ! Qu’ils le fassent nom de Dieu !

 

Pierre Bance

 

 

 

 

Une compil’ punk contre la répression à Bure

 

Pour commencer est-ce que vous pouvez nous présenter votre collectif ?
Notre collectif est avant tout une bande de potes qui se cotoient depuis plus d’une dizaine d’année avec de nouvelles arrivées des départs...au gré de la vie quoi. Blast c’est la résurgence d’une asso qui s’appelle alhm (action libertaire haut marnaise) mais avec de nouvelles personnes qui sont arrivées depuis et qui ont permis de relancer une dynamique, un nouveau souffle. On organise des concerts/projections sur les villes de Chaumont et Langres. On essaye aussi de porter une présence antifasciste dans le maillage local en étant présent au sein d’évènements locaux qui s’accordent avec nos valeurs.

 

Comment vous est venue l’idée de faire cette compil’ ?
On traine tous autour des milieux politiques et musicaux à différents degrés. L’idée de la compil est venue de l’un d’entre nous lorsque une sale nouvelle nous est tombée dessus. Un pote s’est fait arrêter lors de la manifestation contre Cigeo à Bar-le-Duc en juin dernier. On s’est retrouvés devant la question de l’antirep et de comment on maintient une solidarité financière et humaine avec les potes qui peuvent partir en prison, la compile vient de ça...

 

C’est important pour vous de soutenir Bure ? C’est quoi votre lien à cette lutte ?
Oui pour nous c’est important de lutter contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, cette lutte nous tient particulièrement à coeur car on se retrouve sur une lutte de territoire, Bure c’est à moins d’une heure de la maison pour certains... le nord de la Haute-Marne c’est notre territoire aussi, on l’habite on y a vecu grandi aimé pleuré. On y est attaché. Certains sont impliqués dans cette lutte depuis plus de dix ans...Après on est bien conscient que le problème des déchets nucléaires est un problème bien plus global, sur la gestion des ressources, notre rapport à la nature à notre consommation (énergétique et autres...) lutter contre l’enfouissement des déchets nucléaires c’est aussi lutter contre un système qui nous opprime bien plus globalement... ce n’est qu’une seule tête de l’hydre...

 

Vous avez d’autres projets du même genre ?
Blast n’a pas vocation à devenir un label ou une distro, c’était pour l’instant un one shot, peut être qu’il y en aura un autre mais pour l’instant ce n’est pas d’actualité. On se concentre essentiellement sur
l’organisation de nos prochains évènements concerts/proj’...

 

Comment vous l’avez conçue ? Comment vous avez choisi les morceaux ?
Tout s’est fait assez rapidement et de manière plutôt spontanée. L’idée c’était de contacter des groupes ayant une « renommée » pour que la compil puisse toucher un maximum de monde tout en respectant bien entendu nos goûts musicaux ! Il y a des groupes locaux bien évidemment. Certains groupes ont eu vent du projet et nous nous eux-mêmes contactés pour être dessus (Les Partisans ou Attentat Sonore) Pour le choix des morceaux c’est très variable car cela dépendait du choix des groupes, mais la majorité nous ont dit quelque chose comme : « prenez ce que vous voulez » ! Ça en dit long sur la proximité de la majorité des groupes « punks » avec leur public.

 

Ils en ont pensé quoi les groupes de la compil ?
Difficile de s’auto-congratuler, mais nous n’avons pas eu de retour négatif de la part des groupes. Certains en ont même acheté pour la diffuser sur leurs tables de presse pendant leurs concerts. Et avant, juste sur le projet, ils ont tous été super impliqués et très réactifs ! La majorité des morceaux sont arrivés très rapidement. La manifestation a eu lieu le 26 juin et la compilation est sortie courant août.

 

C’est courant ce genre d’initiatives dans le milieu punk ?
Les milieux punks et politiques sont deux milieux assez poreux, je pourrais dire que l’un ne va pas sans l’autre, ou tout du moins que le punk ne peut se passer de la politique, même le dernier des punks nihiliste à forcément quelque chose en rapport à la politique, ça serait quand même un non sens de chanter l’anarchie dans chaque morceaux et d’en avoir rien à foutre de la politique. Donc

 



 

Compilation de soutien au zadistes et inculpés de BURE.

 

avec

 

1 –Heyoka Etat Des Lieux
2 –Bérurier Noir E.S.B (remix dérives mongoles)
3 –ZSK Antifacista
4 –Los Tres Puntos Eldorado
5 –Guerilla Poubelle En Marche
6 –The BLACK PEPPERS No Vote No State
7 –RadioCrimen Mundo Basura
8 –8°6 Crew Confusion
9 –22 LONGS RIFFS Petit Soldat
10 –Banane Metalik Funeral March
11 –Accidente Yo Misma
12 –Les Ramoneurs De Menhirs Oy! Oy! Oy!
13 –Zone Infinie L'éternel Retour
14 –The Berbiseyans Comrade
15 –Edouard Nenez/Princes de Bretagne Quechua On A ?
16 –Les Clebards Pas Envie De Me Taire
17 –Ludwig Von 88 Fire
18 –Recidive Drown
19 –The Decline! Joyful Thrill
20 –Psycho Squatt Déforester
21 –Justin(e) Brûle Raison Brûle
22 –Attentat Sonore His Name Is Joe
23 –Les Partisans Indomptable
24 –Diego Pallavas T'inquiète
25 –Black Birds 924